La nuit des fous – Anouk Shutterberg

« Le gris, toujours le gris. Omniprésent.
Une couleur hésitante entre le blanc et le noir, qui oscille entre deux rives. Cette frontière entre le vivant et le mort résiste comme un sparadrap qui refuse de décoller. »

La nuit des fous - Anouk Shutterberg
En librairie depuis le 20 mars 2025 chez Pocket – 384 pages, 9.30€

Une intrigue solide… mais une immersion freinée

Après avoir lu In extremis, que j’avais beaucoup apprécié, j’ai commencé La nuit des fous avec une certaine exigence. La barre était placée haut, et je pense que cela a clairement influencé ma lecture. Non pas que le roman soit mauvais, loin de là, mais je n’y ai pas retrouvé l’impact émotionnel que j’espérais.

Il faut aussi être honnête : La nuit des fous est le tome 3 d’une série, et je me suis lancée dedans sans avoir lu les deux précédents. Si cela ne pose aucun problème pour comprendre l’enquête en elle-même, j’ai en revanche ressenti un vrai manque du côté des personnages. Leurs relations, leurs failles, leur histoire commune m’ont échappé, et cela a créé une certaine distance.

Côté intrigue pure, en revanche, le roman fonctionne très bien. L’autrice propose une enquête sombre, dérangeante, avec une mise en scène macabre qui interpelle immédiatement. Les découvertes faites lors du chantier donnent le ton : on est sur un thriller noir, méthodique, où la folie n’est jamais bien loin.

J’ai également beaucoup aimé le décor, cette ambiance jurassienne qui apporte une vraie identité au récit. Anouk Shutterberg sait installer un cadre, une atmosphère pesante, presque malsaine par moments, qui sert efficacement son propos. Le fond de l’histoire est intéressant, bien construit, et l’on sent une réelle maîtrise dans la façon de distiller les informations et de faire monter la tension.

Là où le roman m’a moins convaincue, c’est dans mon rapport aux personnages. Ne pas avoir lu les tomes précédents m’a clairement empêchée de m’y attacher. Je les ai suivis sans véritablement m’y investir, sans cette empathie qui, pour moi, fait souvent la différence entre une bonne lecture et une lecture marquante.

Résultat : même si j’ai apprécié l’intrigue, je n’ai jamais ressenti cette envie irrépressible d’y retourner dès que possible. La lecture est restée plaisante, fluide, mais un peu en retrait émotionnellement.

  • Une intrigue sombre et originale
  • Une ambiance maîtrisée, parfois dérangeante
  • Un décor jurassien bien exploité
  • Une enquête solide, compréhensible même hors série
  • Une plume efficace dans le thriller noir
  • Une difficulté à s’attacher aux personnages
  • Le sentiment de manquer des clés émotionnelles sans les tomes précédents
  • Moins d’impact que In extremis pour moi

La nuit des fous reste un thriller intéressant, bien construit, avec une vraie noirceur et un fond d’intrigue prenant. Mais lu après In extremis et sans connaître les deux premiers tomes de la série, il m’a manqué ce supplément d’âme qui transforme une bonne lecture en vraie claque.

Un roman que je conseillerais davantage à ceux qui suivent déjà la série du commandant Jourdain ou à lire dans l’ordre pour en apprécier toute la richesse.


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