« On sent, quand on adore les gens et les bêtes, ce qui se passe en l’autre. Mais parfois, on choisit de ne pas ouvrir les yeux parce que ça fait trop mal. On préfère croire qu’on pourra vivre indéfiniment au côté de ceux qu’on aime, qu’ils seront toujours là. »
En librairie depuis le 9 octobre 2025 chez Pocket – 336 pages, 9€
Un sentiment étrange de déjà-vu
Avec Claire Norton, je pars rarement sereine. Pas parce que j’ai peur d’être déçue, mais parce que je sais que je ne vais pas en ressortir indemne. Chaque roman que j’ai lu d’elle m’a bousculée d’une manière ou d’une autre. Alors j’ai ouvert Et que Dieu me pardonne sans la moindre appréhension. J’étais presque certaine d’aimer. D’être touchée. De me faire emporter.
Et cette fois… ça a été un peu différent.
Dès le début, j’ai retrouvé sa plume. Toujours aussi fine, toujours capable de mettre des mots là où ça fait mal. Les personnages sont solides, crédibles, on sent le travail derrière. Le rythme est là aussi, rien à redire. Mais j’ai mis du temps à m’immerger. Il y avait ce sentiment diffus de déjà-vu, déjà-lu, qui me suivait. Pas assez fort pour me faire décrocher, mais suffisamment présent pour que je ne sois pas totalement happée comme je l’ai été avec d’autres romans de l’autrice.
Heureusement, ce flottement finit par s’effacer. Claire Norton a cette capacité à reprendre son lecteur, à le rattraper presque par surprise. On est ici dans quelque chose de très resserré, très intérieur. C’est un roman qui parle de douleur, de perte, de rage contenue. Et surtout de pardon. Ou plutôt : de l’impossibilité du pardon.
Les réflexions psychologiques prennent énormément de place. C’est logique, c’est le cœur du livre. Mais parfois, j’ai trouvé que ces passages devenaient très métaphoriques, presque trop. Ils ralentissent un peu le récit, l’alourdissent. On sent que l’autrice veut nous faire réfléchir, nous pousser à creuser… mais par moments, j’aurais aimé que l’histoire respire davantage.
Cela dit, cette densité fait aussi partie de l’identité du roman. On n’est pas là pour lire quelque chose de léger. On est là pour plonger.
Une lecture imparfaite, mais qui marque
Même si je ne peux pas dire que ce soit mon Claire Norton préféré, je ne peux pas non plus dire que cette lecture m’ait laissée indifférente. Loin de là. Elle dérange, elle questionne, elle remue.
Et surtout… il y a la fin.
Je ne dirai rien, évidemment. Mais c’est là que j’ai retrouvé ce que j’attendais. Ce moment où tout bascule, où l’émotion remonte, où on se dit : “ok, elle m’a eue”. Ce final m’a réconciliée avec le roman. Il m’a redonné ce frisson que je cherchais depuis le début.
Les bonnes raisons de lire Et que Dieu me pardonne :
Pour la plume toujours aussi humaine et sensible de Claire Norton
Pour la profondeur psychologique du sujet
Pour l’atmosphère de huis clos oppressante
Pour les questions autour du pardon, de la justice et des limites humaines
Pour un final qui vient tout remettre en place
Mes quelques réserves :
Un début où l’immersion peut prendre du temps
Un sentiment de déjà-vu sur une partie du récit
Des réflexions très métaphoriques qui alourdissent parfois la lecture
Un rythme qui ralentit par moments à cause de l’introspection très présente
En bref :
Et que Dieu me pardonne n’est pas mon favori de Claire Norton, mais c’est un roman qui laisse une trace. Pas forcément confortable, pas toujours fluide, mais sincère, intense, et porté par une vraie réflexion sur la douleur et les limites de l’âme humaine.
Et même quand je suis un peu moins convaincue, je dois le reconnaître : Claire Norton sait toujours trouver le moyen de me toucher, à un moment ou à un autre.
4ème de couverture :
Nous avons tous une limite. Connaissez-vous la vôtre ? Élodie mène une existence épanouie, entourée de son mari et de leurs deux petites filles, Maëlle et Zoé. Mère exemplaire et citoyenne modèle, elle s’est toujours conformée aux règles de la société, voyant en la justice un rempart contre toute menace. Mais cette conviction vole en éclats le jour où sa fille aînée disparaît tragiquement. Consumée de chagrin, Élodie ne vit désormais plus que dans un but : venger son enfant. Mais la vengeance est-elle véritablement sa seule issue ?
[…] Note : 4 sur 5. Les sept sœurs, T6 : La sœur du soleil – Lucinda Riley Les sept sœurs, T7 : La sœur disparue – Lucinda Riley Le garçon éternel – Jérôme Loubry Et que Dieu me pardonne – Claire Norton […]
Il est dans ma pal.
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