« Le temps devient palpable dans la solitude. Et la culture moderne nous apprend à craindre l’un et l’autre. »

Retour dans les ténèbres
Presque vingt ans après ma première lecture, me replonger dans In Tenebris avait quelque chose de particulier. La Trilogie du Mal m’avait marquée à l’époque, et retrouver Joshua Brolin aujourd’hui, avec mon regard de lectrice d’adulte, a été une expérience complètement différente. Moins dans le choc, davantage dans l’analyse… mais toujours avec cette même fascination.
On quitte l’ambiance de Portland pour une New York glaciale, nocturne, oppressante, où les disparitions s’accumulent dans l’indifférence générale. Et très vite, on comprend que ce tome va encore plus loin que le précédent dans la noirceur.
Ce que j’ai particulièrement aimé dans cette relecture, c’est la dynamique entre Joshua Brolin, désormais détective privé, et Annabel O’Donnell, jeune inspectrice confrontée à une enquête qui dépasse tout ce qu’elle a connu.
Brolin est marqué, abîmé, hanté par son passé. Il avance, mais avec le poids de ce qu’il a déjà vu. Annabel, elle, apporte un regard différent, plus instinctif, mais tout aussi déterminé. Leur complémentarité fonctionne très bien, et donne une vraie tension humaine à l’intrigue.
Une enquête glaçante, au sens propre comme au figuré
L’histoire ne prend pas de détour :
des victimes, des sévices insoutenables, une violence qui met mal à l’aise… mais qui sert le propos. Chattam ne cherche pas à choquer gratuitement. Il explore jusqu’au bout les mécanismes du mal, l’obsession, la dérive humaine. On avance vite, trop vite parfois, avec ce besoin constant de comprendre, même quand ce qu’on découvre donne envie de refermer le livre quelques secondes.
Ce qui m’a frappée cette fois, ce sont les réflexions de fond.
Derrière l’horreur, Chattam questionne notre société : la solitude, la consommation, l’anonymat des grandes villes, l’indifférence face à ceux qui disparaissent. Ce n’est pas juste un roman de serial killer, c’est aussi un regard sombre sur notre monde.
Bonnes raisons de lire (ou relire) In Tenebris :
- Pour retrouver Joshua Brolin, personnage complexe et profondément humain
- Pour une intrigue prenante qui ne laisse aucun répit
- Pour l’ambiance new-yorkaise, froide et oppressante
- Pour le travail sur la psychologie des criminels
- Pour un thriller qui pose aussi de vraies questions de société
À savoir avant de se lancer :
- Des scènes très dures, des descriptions explicites
- Une noirceur constante, sans vraie respiration
- Un style volontairement direct, parfois un peu sec (moi, j’adore !)

En bref :
Cette relecture a confirmé mon souvenir : In Tenebris est un thriller puissant, dérangeant, efficace. Moins dans l’effet de surprise qu’à ma première lecture, mais plus dans la compréhension de la mécanique du mal mise en place par l’auteur.
Un tome encore plus sombre que le premier, qui prouve une chose : avec Chattam, on ne flirte jamais avec l’ombre… on y plonge tout entier.
4ème de couverture :
Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges.
La plupart d’entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, entre autres sévices, et prétend s’être enfuie de l’Enfer.
On pourrait croire à un acte isolé s’il n’y avait ces photos, toutes ces photos… Jeune détective à Brooklyn, Annabel O’Donnel prend l’enquête en main, aidée par Joshua Brolin, spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville ?
Et si Julia avait raison, si c’était le diable lui-même ? Ce mystère, ce rituel… Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage… dans les ténèbres.
Ce suspense qu’on ne peut lâcher va changer votre perception de la nuit …