« Je déteste être obligée de penser à l’expression de mon visage, surtout parce que je ne suis jamais certaine qu’elle traduit ce que je ressens. »

Quand les clichés deviennent une déclaration d’amour aux romances
Vous le savez, il y a des livres qu’on attend plus que d’autres. Book Lovers faisait clairement partie de ceux-là. Depuis ma découverte d’Emily Henry l’an dernier, j’ai enchaîné ses romans avec un plaisir constant, presque réconfortant. J’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans les romances feel-good : des dialogues qui claquent, de l’humour, des personnages adultes auxquels on peut réellement s’identifier, et surtout des émotions sincères, jamais forcées.
Alors forcément, le jour de la sortie de Book Lovers, je suis allée le chercher en librairie sans hésiter. Un titre pareil, une autrice qui ne m’a jamais déçue… je savais que j’avais besoin de cette lecture-là, à ce moment précis de ma vie de lectrice.
Ce qui rend cette comédie romantique si particulière, c’est ce pari un peu fou : Emily Henry y convoque presque tous les tropes emblématiques de la romance contemporaine. Enemies to lovers, small town, slow burn, chick lit, sauvetage d’un commerce en difficulté… tout y passe. Et pourtant, loin d’être indigeste ou caricatural, ce choix est parfaitement assumé. L’autrice joue avec les clichés, les détourne parfois, les embrasse souvent, et en fait un véritable terrain de jeu. On sait très vite où l’on met les pieds. Et soit on adhère… soit on passe son chemin. Pour ma part, c’est un immense oui.
Des personnages stéréotypés… mais profondément humains
Oui, les personnages sont stéréotypés. Oui, on devine rapidement leurs rôles, leurs trajectoires, leurs failles. Mais là encore, c’est assumé et surtout, c’est bien écrit.
Nora m’a particulièrement touchée. Derrière sa carapace de femme froide, ambitieuse, redoutable agente littéraire, se cache une sensibilité immense, une loyauté sans faille et une peur très humaine d’être celle qu’on ne choisit jamais. Charlie, de son côté, se dévoile peu à peu, avec une douceur inattendue et ce petit quelque chose qui, personnellement, fonctionne très bien sur moi.
Même les personnages secondaires, notamment Libby, apportent une vraie profondeur au récit. Le mystère qui l’entoure entretient le rythme et donne au roman une respiration supplémentaire.
Comme toujours chez Emily Henry, les dialogues sont un vrai régal. Les joutes verbales entre Nora et Charlie sont délicieuses, pleines de piques, de sous-entendus, de silences éloquents. Je me suis surprise à sourire franchement à plusieurs reprises, ce genre de sourire spontané qui trahit une lecture totalement immersive.
L’humour est omniprésent, mais jamais au détriment des émotions. Il vient alléger, nuancer, humaniser les personnages, sans masquer ce qui se joue réellement sous la surface. Étant donné que c’est un peu mon mode de fonctionnement, je m’y suis bien retrouvée.
Prévisible… et alors ?
Oui, Book Lovers est plus que prévisible. Et honnêtement ? Je m’en fiche. Parfois, une lecture n’a pas besoin de surprendre pour toucher juste. Parfois, on a simplement besoin d’une histoire qui réconforte, qui fait du bien, qui tombe pile au bon moment.
Emily Henry ne cherche pas à révolutionner le genre ici. Elle lui rend hommage, avec intelligence, tendresse et beaucoup de lucidité.
En résumé, les bonnes raisons de lire Book Lovers
- Parce qu’Emily Henry maîtrise l’art de la romance feel-good : humour, émotions sincères et dialogues percutants sont toujours au rendez-vous.
- Pour ses joutes verbales délicieuses, pleines d’esprit et de répartie, qui rendent la lecture vivante et addictive.
- Parce que les personnages sont trentenaires, imparfaits, ancrés dans une réalité crédible, et donc bien plus faciles à aimer et à comprendre.
- Pour Nora, héroïne faussement froide, profondément touchante, et terriblement humaine sous son armure professionnelle.
- Pour Charlie, l’éditeur grincheux en apparence, qui se révèle peu à peu et gagne en nuances au fil des pages.
- Parce que le roman assume tous les tropes de la romance contemporaine (enemies to lovers, small town, slow burn…) et en fait une véritable déclaration d’amour au genre.
- Parce que même si l’intrigue est prévisible, elle réconforte, fait sourire et arrive exactement au bon moment.
- Parce que c’est une lecture doudou intelligente, drôle et sensible, qui fait un bien fou sans jamais être creuse.

Conclusion :
Book Lovers est une romance intelligente, drôle, chaleureuse, qui assume pleinement ses codes et ses clichés pour mieux parler d’amour, de choix, de solitude et de liens familiaux. Une lecture qui m’a fait du bien, tout simplement.
Après Happy Place, c’est sans doute mon roman préféré d’Emily Henry… ou peut-être ex æquo. Impossible de trancher. Ce que je sais, en revanche, c’est que cette autrice confirme, livre après livre, qu’elle a parfaitement compris ce que j’attends d’une romance feel-good.
4ème de couverture :
La réalité est définitivement bien plus surprenante que la fiction…
Redoutable agente littéraire new-yorkaise, Nora Stephens ne vit que pour les livres. Après une énième rupture, sa sœur l’embarque pour un mois à Sunshine Falls. Elle connaît le cliché : la citadine accro au boulot métamorphosée par un séjour dans une jolie petite ville. C’est même devenu un running gag, vu que tous ses ex l’ont larguée en trouvant « la bonne » dans un décor de comédie romantique. Mais au lieu d’un bûcheron sexy, celui qu’elle croise sans arrêt, dans une série de coïncidences digne d’un roman à l’eau de rose, c’est Charlie Lastra, un éditeur taciturne et l’antagoniste de sa vie professionnelle. Elle n’a rien d’une héroïne. Il n’est pas le prince charmant. Pourront-ils écrire leur propre histoire ?