« Les vrais obsédés sont comme des cafards, impossible de s’en débarrasser. »

Quand le message est fort… mais que l’adhésion ne suit pas
Je ne suis pas une lectrice inconditionnelle de Stephen King. Entre nous, c’est un peu comme être sur des montagnes russes.
Avec lui, c’est souvent tout ou rien. Certains de ses romans m’ont profondément marquée, d’autres m’ont laissé totalement indifférente… et Ne jamais trembler fait malheureusement partie de cette seconde catégorie.
Et pourtant, objectivement, tout est là.
Un thriller engagé, lucide, profondément actuel
Dans Ne jamais trembler, Stephen King livre un roman qui ressemble presque à une satyre sombre de notre société contemporaine, et plus précisément de l’Amérique actuelle.
Le tueur n’est pas un monstre délirant ni une figure surnaturelle : c’est un homme seul, rationnel, convaincu d’agir au nom d’une justice supérieure. Méthodique, patient, idéologiquement structuré… ce qui le rend d’autant plus glaçant.
L’alternance des points de vue, notamment entre le tueur et Holly Gibney, fonctionne très bien sur le plan narratif.
Le lecteur sait. Les personnages, eux, avancent à l’aveugle. Stephen King joue avec cette avance inconfortable : l’attente, l’impuissance, la frustration de voir les signaux ignorés.
Le message est limpide et puissant : la violence idéologique est déjà là, les monstres ne sont plus surnaturels, le courage moderne est discret, fragile, parfois invisible.
Ne jamais trembler, ce n’est pas ne pas avoir peur. C’est agir malgré elle.
Là où, personnellement, ça coince…
Et pourtant… je n’ai pas réussi à entrer dans cette histoire. La raison est simple, et totalement personnelle : les personnages. Impossible de m’y attacher. Pire : ils m’ont, pour la plupart, agacée.
Holly Gibney est un personnage que Stephen King affectionne particulièrement, et qui revient régulièrement dans son œuvre. Je l’avais déjà croisée dans Holly, un roman avec lequel je n’avais pas accroché, notamment à cause de l’omniprésence du Covid, mais aussi… d’elle.
J’ai voulu retenter. Vraiment. Mais non, ça ne passe toujours pas.
Objectivement, Holly n’a rien de problématique. Subjectivement, je l’ai prise en grippe sans parvenir à m’en défaire. Et quand ça arrive, c’est rédhibitoire.
C’est rare chez moi, ce qui rend la frustration encore plus grande.
Je reconnais sans difficulté les qualités indéniables de ce roman : les thèmes sont forts, engagés, actuels ; la construction est solide ; la réflexion sur la justice, la colère et la responsabilité collective est pertinente.
Mais lire un roman en étant constamment à distance émotionnelle, c’est compliqué.
Je n’ai jamais ressenti cette connexion qui me fait tourner les pages avec envie. Il me tardait même, parfois (souvent), de le terminer. Il m’est même difficile d’écrire cette chronique car ne souhaitant rien vous divulgâcher, je ne sais pas quoi vous dire d’autre. Habituellement, je parle principalement des émotions ressenties durant ma lecture mais là, je pense que je vous ai déjà tout dit.

Et après ?
Je ne suis pas fâchée avec Stephen King pour autant.
La preuve : j’ai déjà prévu d’en lire un autre très bientôt, mais cette fois, je me tournerai vers du fantastique Young Adult, un terrain où il me touche souvent davantage.
Ne jamais trembler trouvera sans aucun doute son public.
Simplement, cette fois-ci… ce n’était pas moi.
4ème de couverture :
« Je vais tuer 13 innocents et 1 coupable. Ainsi, ceux qui ont causé la mort de l’innocent souffriront. Il s’agit d’un acte d’EXPIATION. »
Quatorze citoyens dans le viseur d’un prétendu justicier. Signée d’un certain Bill Wilson, la lettre, parvenue à la police de Buckeye City, sème la panique. Surtout lorsqu’il apparaît que le meurtrier choisit ses victimes au hasard.
Militante des droits de la femme, Kate McKay vient de se lancer dans une tournée de conférences sulfureuses aux États-Unis. Sans prendre au sérieux les menaces d’un individu qui semble déterminé à la faire taire à tout prix.
Au coeur de ces deux affaires, Holly Gibney, le personnage préféré de Stephen King.
Palpitant, caustique et scandaleusement captivant, ce roman explore les zones d’ombre de la justice, la colère comme idéologie et la capacité à résister. Il confirme, une fois encore, la maestria d’un écrivain qui n’a jamais cessé d’explorer ce qui nous rend humains et ce qui fait de nous des monstres.