La mélancolie du Kangourou – Laure Manel

« La solitude, quand elle est pleine et vivante, est aussi un cadeau… »

La mélancolie du Kangourou - Laure Manel
En librairie depuis le 24 avril 2019 chez Le livre de Poche – 384 pages, 9.20€

Une lecture attendue

Cela faisait plusieurs années que La mélancolie du kangourou de Laure Manel figurait dans ma liste de lectures. On me l’avait recommandé à de nombreuses reprises, souvent avec beaucoup d’émotion, et j’attendais le bon moment pour découvrir ce roman contemporain français. C’est finalement dans le cadre de notre book club que je me suis lancée. J’étais à la fois curieuse, touchée par la thématique, et surtout pleine d’attentes. Alors pourquoi ne pas embarquer les copines avec moi !

Je savais que ce livre était réputé pour être bouleversant, profondément humain, et j’avais envie de me laisser traverser par cette histoire. À travers l’histoire de Rose, Antoine et Lou, Laure Manel aborde le deuil maternel, un sujet encore trop peu évoqué, souvent entouré de silence et d’incompréhension. Le roman explore la maternité, la perte, le traumatisme, mais aussi la reconstruction et la manière dont chacun vit ce type d’épreuve différemment.

Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est la pudeur avec laquelle l’autrice traite ce thème. Rien n’est dans l’excès. L’émotion est présente, mais toujours retenue. L’histoire est jolie, pleine de douleur, d’humanité et aussi d’espoir. On ressent la volonté de normaliser la parole autour de ces drames, de mettre des mots sur ce qui est souvent tu.

C’est un roman important, nécessaire, et je comprends totalement pourquoi il est autant recommandé, notamment pour des groupes de lecture ou des book clubs.

La plume de Laure Manel est volontairement (?) simple. Les chapitres sont courts, tout comme les phrases, ce qui rend la lecture fluide, rapide et très accessible. On tourne les pages sans difficulté, presque naturellement, je l’ai lu en moins de 48h.

Cette simplicité permet à un large public de s’approprier cette histoire. Elle rend le roman facile à lire, même lorsque le sujet est lourd. C’est aussi ce qui en fait un très bon roman contemporain pour celles et ceux qui souhaitent découvrir des lectures émouvantes sans être confrontés à une écriture trop dense. Les personnages sont plutôt attachants. On suit leur évolution avec intérêt, on comprend leurs réactions, leurs silences, leurs maladresses.

Cependant, malgré toutes ces qualités, cette lecture ne m’a pas autant bouleversée que je l’imaginais. Et je crois que cela vient principalement de la structure du roman. Les chapitres s’enchaînent bien, mais j’ai parfois ressenti qu’il se passait trop de temps entre chacun d’eux. Ces bonds dans le temps m’ont empêchée de vivre pleinement ce que traversent les personnages. J’aurais aimé être davantage plongée dans certaines étapes du deuil, ressentir plus intensément les émotions, les hésitations, les fragilités.

Cette distance m’a empêchée de m’immerger totalement. J’étais touchée, mais pas submergée. Je n’ai pas non plus été totalement sensible à la plume de l’autrice. Je l’ai peut-être trouvée un peu trop simple et linéaire. Il m’a manqué de la profondeur dans l’ensemble : dans les personnages, dans l’écriture, mais aussi dans le développement de l’histoire. J’aurais aimé plus d’introspection, plus de nuances, plus de moments suspendus.

Malgré ce ressenti personnel, je trouve que ce roman reste un excellent choix pour un book club. Il ouvre à la discussion, permet d’échanger sur des sujets profonds, sur la monoparentalité, le deuil, la résilience et les émotions. C’est aussi une lecture qui peut toucher différemment selon le vécu de chacun. Je comprends que certaines personnes soient profondément bouleversées par cette histoire. Elle peut résonner très fort, et c’est aussi la richesse de ce type de roman.

  • Un roman fort et nécessaire sur le deuil périnatal.
  • Une écriture fluide, accessible et rapide à lire.
  • Des personnages attachants et crédibles.
  • Une histoire pleine d’humanité et d’espoir malgré la douleur.
  • Une lecture idéale pour échanger en book club.
  • Un livre émouvant qui peut toucher profondément selon la sensibilité de chacun.
  • Des bonds dans le temps qui peuvent créer une distance émotionnelle.
  • Une plume volontairement simple, qui peut manquer de profondeur pour certains lecteurs.
  • Un manque d’immersion et d’intensité émotionnelle pour ceux qui recherchent un roman très bouleversant.
  • Des personnages et une histoire qui auraient pu être davantage développés.

La mélancolie du kangourou reste une belle lecture, touchante et importante par les thèmes qu’elle aborde. Même si ce roman de Laure Manel n’a pas été aussi marquant ou bouleversant que je l’espérais, il n’en reste pas moins une histoire humaine et sensible. Une lecture sympathique, loin d’être une déception, et que je comprends que beaucoup puissent aimer profondément.

C’est aussi un roman qui mérite d’être découvert, notamment pour les discussions qu’il peut susciter et pour la lumière qu’il apporte sur un sujet difficile.

Et vous, avez-vous lu La mélancolie du kangourou ? Ce livre vous a-t-il bouleversé ? N’hésitez pas à partager votre avis en commentaire


Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement. Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrésistible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson.
Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?
IL N’EST JAMAIS TROP TARD
POUR (RÉ)APPRENDRE A AIMER

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