Les gentils – Michaël Mention

« Le vide n’est qu’illusion. Celui qui croit le constater l’occupe par sa présence. »

Les gentils - Michaël Mention
En librairie depuis le 2 février 2023 chez Belfond – 352 pages, 20.50€

Une attente forcément élevée

Je crois que c’est toujours un peu risqué de commencer un livre d’un auteur qu’on a déjà adoré. On y va avec des attentes, parfois même sans s’en rendre compte.
Après Qu’un sang impur, j’attendais beaucoup de ce roman. Peut-être trop.
Et dès les premières pages, j’ai compris que je n’allais pas retrouver ce que j’avais aimé auparavant. Pas la même émotion. Pas la même connexion.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la plume de Michaël Mention. Elle est singulière, brutale, parfois crue. Elle ne cherche pas à adoucir les choses. Elle heurte, elle dérange, elle met mal à l’aise.
Et je sais que c’est totalement assumé.
On suit la descente aux enfers de Franck, un père endeuillé dont la vie bascule dans la violence et la vengeance. Une chasse à l’homme qui l’entraîne toujours plus loin, dans une spirale de folie dont on pressent rapidement qu’elle ne pourra pas bien se terminer. C’est sombre. Très sombre.

Je n’ai ressenti aucune empathie pour Franck. Je ne pense d’ailleurs pas que ce soit l’objectif de l’auteur. Mais cette distance émotionnelle m’a empêchée de m’immerger complètement dans l’histoire.
Je suis restée spectatrice. Comme si je regardais quelqu’un sombrer, sans jamais vraiment ressentir ce qu’il traversait. Cela rend la lecture intéressante d’un point de vue psychologique, mais plus difficile émotionnellement.

Le roman se déroule dans les années 70, et cet aspect m’a davantage séduite. On retrouve l’actualité politique de l’époque, les tensions, le climat social.
Cela donne une vraie épaisseur au récit et renforce l’impression de chaos qui entoure le personnage.
On sent que le contexte n’est pas là par hasard. Il nourrit la violence, la radicalité, la perte de repères.

Le roman se déroule dans les années 70, et cet aspect m’a davantage séduite. On retrouve l’actualité politique de l’époque, les tensions, le climat social.
Ça donne une vraie épaisseur au récit et renforce l’impression de chaos qui entoure le personnage.
On sent que le contexte n’est pas là par hasard. Il nourrit la violence, la radicalité, la perte de repères.

Le schéma narratif, en revanche, m’a parfois déroutée.
Les chapitres sont courts, hachés, presque fragmentés. Certains passages m’ont semblé étranges, déstabilisants. Les propos crus, parfois très frontaux, m’ont tenue à distance au lieu de m’immerger.
J’ai aussi ressenti un léger manque de crédibilité à certains moments, ce qui a encore renforcé cette sensation de décalage.
Et c’est dommage, parce que le final, lui, est intéressant. Il apporte une dimension supplémentaire et une réflexion qui m’a davantage marquée.

– Une plume singulière et percutante
– Un roman noir intense et dérangeant
– Une immersion dans les années 70 et le contexte politique
– Une réflexion sur la violence, la perte et la vengeance
– Un final intéressant et marquant

– Une absence d’empathie pour le personnage principal
– Une narration fragmentée qui peut déstabiliser
– Des propos crus qui peuvent créer de la distance
– Un attachement émotionnel difficile
– Un léger manque de crédibilité par moments

Les Gentils est un roman noir, dérangeant, radical, qui ne cherche jamais à plaire.
Une lecture qui peut marquer par sa brutalité et sa singularité, mais qui n’a malheureusement pas réussi à m’emporter.
Peut-être parce que je n’étais pas la bonne lectrice pour cette histoire.
Ou peut-être parce que j’en attendais trop.


Franck, disquaire à Pigalle, avait tout : une femme formidable, une petite fille espiègle.
Et puis un jour de juin 1977, tout s’effondre lorsqu’un type braque une boulangerie de Belleville, dévalise la caisse et blesse mortellement la gamine.
Six mois plus tard, Franck, devenu l’ombre de lui-même, attend toujours des flics cette réponse qui ne vient pas : l’identité du salaud qui a tué sa fille. Alors il se lance, se mue en enquêteur aux méthodes violentes, sadiques.
Une piste vers le Sud, à la recherche d’un toxicomane tatoué d’un symbole Anarchie sur l’épaule. Yannick. Pour le retrouver, Franck a chargé tout ce qui lui reste dans sa R5. Le fantôme de sa môme, à l’arrière, sur la banquette.
Mais sa course vengeresse ne va pas s’arrêter là. Les eaux bleues de la Méditerranée ne seront pas le théâtre de représailles salvatrices. Car Yannick est parti. Loin, en Guyane, là où vivent des hippies qui l’aideront à racheter sa conscience…
La voix la plus singulière du polar français fait son grand retour. Un roman noir ciselé, émouvant et terrible pour conter le plus odieux des deuils, la plus insatiable des vengeances et peindre le portrait d’un
homme et d’un monde qui vacillent.

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