« Les êtres avec lesquels nous avons une affinité naturelle nous donnent envie de nous surpasser, et puis il y a d’autres êtres qui nous ralentissent, nous pompent notre énergie en nous faisant croire qu’ils sont importants pour nous. »

Une relation en dents de scie avec Bernard Werber
Je n’ai jamais été une fidèle de Bernard Werber. J’ai lu plusieurs de ses romans : j’en ai aimé certains, tandis que d’autres m’ont plutôt laissée de marbre. Pourtant, ces dernières années, je m’y suis intéressée de plus en plus.
Je me souviens avoir abandonné Les Fourmis il y a quelques années : j’y étais complètement hermétique. J’ai apprécié La valse des âmes, un peu moins La Voix de l’arbre. Adolescente, j’avais adoré Le Livre du voyage et, même si je pense ne pas l’apprécier autant aujourd’hui, j’en garde un souvenir précieux.
Tout ça pour vous dire que, quand j’ouvre un Werber, je ne sais jamais à l’avance si ce sera oui, non… ou bof.
J’ai eu envie de me lancer, 100 ans après tout le monde, dans cette trilogie plutôt mythique de l’auteur. J’en attendais beaucoup cette fois, en grande amoureuse des félins.
Ai-je été déçue ?
Pas à proprement parler, puisque j’ai apprécié l’histoire. En revanche, j’espérais de tout mon cœur l’aimer davantage. Premier point : je n’ai ressenti aucune empathie pour Bastet, ni même pour Pythagore. Vous imaginez, vous, une Marie qui ne ressent pas d’empathie pour un chat ? On peut effectivement parler de postapocalyptique personnel dans un cas comme ça !
Plus globalement, dans l’univers que Werber nous propose, on traverse le terrorisme, la guerre civile et une grande épidémie. De quoi éradiquer une bonne partie des humains sur Terre.
Qui reste-t-il alors ?
Une poignée de survivants, des chats, des rats, des porcs… Bref, un nouveau monde qui tente de se réinventer.
Le bémol ?
Personne ne semble apprendre des erreurs du passé. Recherche de gloire, de pouvoir, de supériorité… Ce premier tome annonce assez clairement la couleur. Le début reste néanmoins assez lent. Avant que l’intrigue ne s’installe vraiment, on passe par de nombreux passages presque contemplatifs, à travers les yeux d’un chat, rien de bien anormal vu le contexte, vous en conviendrez.
J’ai également relevé quelques incohérences, ainsi que certaines répétitions qui ont parfois entaché ma lecture. Et pourtant… je suis allée au bout. Et même mieux : j’ai eu envie de connaître la suite.
Avec le recul, et alors que j’écris cette chronique en ayant quasiment terminé le tome 2, mon regard a légèrement évolué. Je ne suis pas emballée comme je l’aurais souhaité, mais je reste contente de découvrir cette trilogie dont j’entends parler depuis des années.
L’anthropomorphisme tient une place importante dans ce roman. Une fois qu’on accepte les codes et qu’on s’y habitue, on passe au-dessus de certaines bizarreries… et finalement, on passe un plutôt bon moment. Une chose est sûre : je ne poursuis pas ma lecture à reculons.
Et au fond, c’est déjà assez bon signe.
Les bonnes raisons de lire ce livre :
- Un concept original autour des chats et d’un monde postapocalyptique
- Une réflexion intéressante sur les comportements humains… même après la chute
- Une lecture accessible, avec un univers facile à suivre
- Une trilogie culte qui mérite d’être découverte pour se faire son propre avis
Les raisons plus nuancées :
- Des personnages auxquels il peut être difficile de s’attacher
- Un début assez lent et contemplatif
- Des répétitions et quelques incohérences
- Une lecture qui peut manquer d’émotion selon les attentes

En bref :
Je ressors donc de cette lecture avec un ressenti un peu partagé. J’ai passé un bon moment, j’ai été suffisamment accrochée pour avoir envie de continuer la trilogie… mais il m’a manqué ce petit quelque chose qui fait toute la différence.
Ce n’est pas un coup de cœur, ni une déception. Plutôt une lecture en demi-teinte, avec des qualités indéniables mais aussi quelques limites qui m’ont empêchée d’être totalement embarquée.
Et pourtant, je continue.
Parce qu’au fond, cet univers m’intrigue suffisamment pour avoir envie d’y retourner.
4ème de couverture :
A Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui a au sommet de son crâne une prise USB qui lui permet de se brancher sur Internet. Les deux chats vont se rencontrer, se comprendre s’aimer alors qu’autour d’eux le monde des humains ne cesse de se compliquer. A la violence des hommes Bastet veut opposer la spiritualité des chats. Mais pour Pythagore il est peut être déjà trop tard et les chats doivent se préparer à prendre la releve de la civilisation humaine.