« Je sentis une peur primale m’envahir, une angoisse qui me prit aux tripes, comme un sentiment intime, organique, qui vous bouffe de l’intérieur. »

Des retrouvailles que j’attendais
Je savais que j’allais passer un bon moment… mais je ne pensais pas le dévorer si vite.
Quel plaisir de retrouver Mathieu Lecerf. Sa trilogie m’avait marquée, alors forcément, j’y suis allée avec une petite attente en plus. Et dès les premières pages, j’ai retrouvé ce que j’aime chez lui : cette écriture très visuelle, presque cinématographique, avec ce côté un peu brut, un peu direct. Ça ne cherche pas à en faire trop, ça ne tourne pas autour des choses… et du coup, ça fonctionne.
Mention spéciale pour la manière dont on traverse l’histoire avec Jimmy. On le suit un peu adulte pour lancer l’intrigue, puis surtout enfant, puis adolescent, puis de nouveau adulte. Et ce n’est pas juste une succession de périodes, il y a vraiment une continuité. On sent le poids de ce qu’il a vécu, la manière dont ça s’est construit en lui. Et surtout, la plume s’adapte. Le regard change, la façon de raconter aussi. C’est subtil, mais ça donne de la crédibilité, et ça rend le personnage plus proche.
On comprend mieux ses réactions, ses doutes, ses obsessions aussi. Et forcément, on s’y attache.
Une lecture qu’on ne voit pas passer
Je ne savais pas du tout où l’auteur voulait m’emmener. Et pour une fois, je n’ai même pas essayé de deviner. Je me suis laissée porter, vraiment. Sans chercher à anticiper, sans vouloir aller plus vite que l’histoire. Et c’est typiquement le genre de roman où tu te dis “allez, encore un chapitre”… puis un autre… et encore un.
Je l’ai lu en deux jours, en grappillant du temps dès que je pouvais. Dans les transports, entre deux moments de la journée… avec toujours cette envie d’y retourner. C’est fluide, ça avance bien, et surtout, ça accroche. C’est du Mathieu Lecerf en somme !
Au départ, on est clairement sur une enquête. Un passé à comprendre, une vérité à aller chercher. Mais petit à petit, ça devient autre chose. Parce que derrière, il y a des thèmes qui viennent s’installer : l’amitié, la loyauté, la relation père-fils… et surtout cette idée que l’enfance laisse des traces, parfois bien plus profondes qu’on ne le pense.
J’ai bien aimé le fait que ce n’est jamais appuyé. Ça reste en arrière-plan, mais ça donne une vraie épaisseur à l’histoire. On n’est pas seulement dans “ce qui s’est passé”, mais aussi dans “ce que ça a fait”. L’auteur gratte la surface pour aller progressivement en profondeur et aujourd’hui, c’est typiquement ce que je recherche dans un thriller.
Bon, je ne vais pas mentir concernant la fin : j’ai vu venir deux ou trois éléments. Pas tout, mais suffisamment pour ne pas être totalement surprise. Et pourtant… ça ne m’a pas dérangée.
Parce que ce qui m’a tenue, ce n’était pas uniquement le twist final. C’était le chemin. L’ambiance, le rythme, les personnages. Et au final, j’ai refermé le livre avec cette sensation d’avoir passé un vrai bon moment de lecture. Sans frustration.
Les bonnes raisons de lire ce livre :
- Une plume fluide, immersive
- Une narration qui accompagne vraiment l’évolution du personnage
- Un roman qu’on dévore, un vrai page-turner
- Des thèmes humains qui apportent de la profondeur
- Un bon équilibre entre intrigue et émotion

En bref :
Ce n’est pas le thriller qui va tout révolutionner… mais c’est clairement celui que j’ai pris plaisir à lire et surtout celui dont j’avais besoin.
Efficace, prenant, sans temps mort. Le genre de lecture qu’on glisse facilement dans son quotidien et qu’on retrouve avec envie.
Et surtout, ça m’a rappelé pourquoi j’avais aimé Mathieu Lecerf dès le départ.
4ème de couverture :
Pendant trente-quatre ans, Jimmy a cru que son père était un meurtrier. Mais une lettre écrite par un homme mourant change tout : « Je ne l’ai pas tuée », lui griffonne-t-il depuis la prison. Poussé par cette dernière confession, Jimmy, devenu romancier, quitte Paris, son chat sous le bras, et retourne dans le village normand qui l’a vu grandir. Là-bas, amis, souvenirs mais aussi vieilles rancunes resurgissent. Jimmy le sent, fouiller dans le passé peut s’avérer un jeu dangereux. Réussira-t-il à élucider le drame qui a fait voler son enfance en éclats ?
Dans Sales gosses, le prix de la vérité pourrait être plus élevé que n’importe quel mensonge…