La Planète des chats – Bernard Werber : chronique et avis sur le 3ème tome

« L’homme ordinaire est exigeant envers les autres, l’homme d’exception est exigeant avec lui même. »

La planète des chats - Bernard Werber
En librairie depuis le 30 septembre 2020 chez Albin Michel – 432 pages, 21.90€

La Planète des chats – Bernard Werber : chronique d’une suite entre réflexion et aventure

Après Demain les chats et Sa Majesté des chats, Bernard Werber continue d’explorer son univers entre fable, réflexion et récit postapocalyptique.

Si je repense à mon ressenti sur le premier tome… je suis quand même assez surprise d’être arrivée jusqu’ici. J’étais mitigée, pas totalement convaincue, parfois un peu à distance… et pourtant, me voilà au troisième tome. Et finalement, c’est assez révélateur de cette trilogie : elle ne m’a jamais totalement embarquée, mais elle m’a toujours donné envie de continuer.

Dans ce troisième volet, on sent que tout s’accélère. Les enjeux prennent une autre dimension, l’histoire devient plus ample, plus “spectaculaire” aussi. Il y a davantage d’action, de tension, de rebondissements… et clairement, on ne s’ennuie pas. On quitte peu à peu le côté un peu contemplatif des débuts pour entrer dans quelque chose de plus mouvementé, presque épique par moments. Et ça fonctionne plutôt bien.

Ce que j’ai trouvé intéressant, encore une fois, c’est ce regard porté sur l’humanité. À travers les chats, les rats, les humains, Werber dresse un portrait assez lucide, parfois un peu caricatural. On parle de pouvoir, de communication, de domination, de nos difficultés à coopérer… et surtout de cette incapacité à apprendre réellement de nos erreurs. Ce n’est jamais très subtil, mais ce n’est pas non plus totalement gratuit. C’est une réflexion qui traverse toute la trilogie, et qui prend ici encore plus de place.

J’ai trouvé Bastet un peu différente dans ce tome. Toujours fidèle à elle-même, avec son côté sûr d’elle, parfois un peu excessive, mais légèrement plus nuancée.

On sent une évolution, une ouverture, même si elle reste profondément elle. Et c’est assez agréable, parce que dans les tomes précédents, elle pouvait parfois me tenir un peu à distance. Là, je l’ai trouvée un peu plus intéressante à suivre.

Il faut quand même le dire : cet univers reste très singulier. Par moments, c’est un peu improbable, parfois même un peu absurde. Certains passages peuvent faire sourire, d’autres lever un sourcil. Mais une fois qu’on accepte ce parti pris, on se laisse prendre au jeu. Et il y a même quelque chose d’assez plaisant dans cette liberté totale que prend l’auteur.

Ce que je retiens surtout, c’est cet équilibre entre lecture divertissante et réflexion plus large. On est sur un roman qui se lit vite, qui enchaîne les scènes, qui ne laisse pas vraiment de place à l’ennui. Et en parallèle, il y a cette envie de faire passer des idées, de questionner, de pousser à regarder autrement. Avec, en plus, ces petits passages “encyclopédiques” qui viennent ponctuer le récit et apporter une dimension un peu différente, parfois intéressante, parfois un peu anecdotique.

  • Un tome plus rythmé et plus dense que les précédents
  • Une intrigue qui prend de l’ampleur
  • Une lecture fluide, rapide et divertissante
  • Une réflexion intéressante sur l’humanité et ses contradictions
  • Une évolution des personnages, notamment Bastet
  • Un univers parfois très improbable
  • Des messages parfois un peu appuyés
  • Quelques répétitions ou facilités
  • Une trilogie qui ne convaincra pas tout le monde

Je ne dirais toujours pas que cette trilogie est un coup de cœur.

Mais je peux dire que je suis contente d’être allée jusqu’au bout.

Parce qu’au fil des tomes, il y a quelque chose qui s’installe. Une curiosité, une réflexion, un attachement discret.

Ce n’est pas parfait, ce n’est pas toujours crédible… mais ça se lit, ça questionne, et surtout, ça donne matière à réfléchir.

Et finalement, ce n’est déjà pas si mal.


Affronter des hordes de rats impitoyables
Faire alliance avec de stupides humains
Circuler sur un fil entre les buildings de New York
Désamorcer une bombe atomique…
Franchement, si j’avais su, parole de CHAT, je n’aurais pas traversé l’océan.
Après l’effondrement de la civilisation humaine, Bastet, reine autoproclamée des chats, et sa
petite communauté hétéroclite composée notamment de Champollion, le perroquet traducteur,
de Nathalie, sa servante humaine et de Pythagore, le chat encyclopédique, ont dû se résoudre
à fuir direction New-York pour échapper aux rats qui ont envahi l’Europe.
Mais l’arrivée sur la terre promise est un cataclysme : la statue de la Liberté est recouverte de
rongeurs et les hommes ont disparu de tout horizon terrestre. Heureusement, Bastet et ses
compagnons sont recueillis par les derniers américains repliés dans les buildings. Un refuge
hors sol, précieux, mais au sein duquel Bastet, bien que connectée par le biais de son port
USB, va devoir refaire toute sa place. Car dans cette étrange démocratie reconstituée en 102
tribus, les chats n’ont pas vocation à régner… Dehors pourtant le danger est grand, les rats
grouillent, plus forts et organisés que jamais. Et les hommes ont beaucoup de mal à se mettre
d’accord pour combattre ensemble.
Bastet va-t-elle parvenir à les rallier derrière elle ?

Laisser un commentaire