« Le bonheur, tu sais, peut n’être rien d’autre que la banalité d’un quotidien dépourvu de drames. »

Nous qui avons connu Solange – Marie Vareille : un roman bouleversant sur les femmes, la mémoire et ce qui se transmet en silence, un coup de cœur et un coup au cœur
Pour qui ?
• Pour celles et ceux qui aiment les histoires de transmission familiale
• Pour les lecteurs en quête de romans qui font ressentir
• Pour celles et ceux qui veulent être touchés… et un peu bousculés
Je crois que je ne m’attendais pas à être touchée comme ça. Pas à ce point-là.
J’ai ouvert Nous qui avons connu Solange en me disant que j’allais retrouver la plume de Marie Vareille que j’aime tant… mais je n’étais pas prête à ce que ce roman vienne me chercher aussi profondément.
Parce que ce n’est pas seulement une histoire.
C’est quelque chose qui s’installe doucement, qui remue, qui fait écho à des choses qu’on ne sait pas toujours nommer. Une lecture qui serre le cœur autant qu’elle le remplit.
Et qui, une fois refermée, ne vous quitte pas vraiment.
Ce roman, c’est une histoire de femmes. Mais dire ça comme ça, c’est presque trop simple.
Ce sont des vies qui s’enchaînent, qui se répondent, qui se portent aussi. Des femmes qui avancent comme elles peuvent, avec ce qu’on leur laisse, avec ce qu’on leur impose, avec ce qu’elles arrivent malgré tout à préserver. Et très vite, on comprend que ce qui les entrave ne vient pas seulement des hommes, mais de tout un système.
Un système profondément ancré, presque invisible tant il semble “normal”. Le poids des traditions, du regard des autres, de ce qu’on attend d’elles sans jamais leur demander leur avis.
Le patriarcat n’est jamais nommé de manière frontale… et pourtant, il est partout. Dans les silences, dans les décisions imposées, dans les rêves qu’on étouffe avant même qu’ils existent vraiment. Et c’est ça qui m’a mise en colère, plus que tout. Cette sensation que tout est déjà écrit pour elles, bien avant qu’elles aient la possibilité de choisir.
J’ai été happée très vite, mais pas de cette manière “addictive” qu’on associe souvent aux thrillers. Plutôt comme si je m’enfonçais doucement dans quelque chose de plus dense. Plus lourd aussi. Je prenais mon temps. Ou plutôt, le livre me l’imposait.
Il y a des passages que j’ai lus plus lentement. D’autres où j’ai dû m’arrêter un instant. Pas parce que je ne comprenais pas, au contraire, mais parce que je ressentais trop. Et ça ne m’arrive pas si souvent.
Des voix qui restent
Les personnages m’ont profondément marquée. Célestine, d’abord. Sa voix, sa manière de raconter, très ancrée, presque rugueuse par moments. On sent la terre, le poids des années, tout ce qu’elle a porté.
Et puis Solange… Solange, c’est autre chose. Ses mots m’ont touchée différemment. Il y a chez elle une fragilité, oui, mais aussi une forme de lucidité qui m’a profondément remuée. Une manière de voir, de ressentir, qui vient chercher quelque chose de très intime, de vraiment différent.
Je me suis surprise à relire certains passages. À rester un peu plus longtemps avec elle. Puis il y a Jeanne… Bref, j’ai encore le cœur gonflé.
Ce que j’ai trouvé très fort aussi, c’est la construction du roman. Ces voix qui alternent, ces époques qui s’entrelacent… On ne comprend pas tout tout de suite. Et c’est très bien comme ça. On avance, on assemble, on devine. Comme si on remontait un fil qu’on n’était pas forcément censée tirer, mais qu’on ne peut plus lâcher une fois qu’on a commencé.
Et petit à petit, tout prend sens.
Ou plutôt… tout fait écho. Enorme claque.
Un roman qui reste
C’est un roman dur, il faut le dire. Il y a des passages qui m’ont fait mal. Qui m’ont mise en colère aussi. Mais jamais gratuitement. Jamais dans quelque chose de démonstratif ou d’exagéré. Tout est juste. Et c’est précisément cette justesse qui rend la lecture aussi forte.
Je crois que ce qui m’a le plus touchée, au fond, c’est cette idée de transmission. Ce qui circule entre les générations. Ce qu’on hérite sans toujours le comprendre. Ce qu’on porte sans savoir d’où ça vient. Mais aussi ce qu’on transforme.
Parce que malgré tout, ces femmes ne sont pas seulement des victimes. Elles sont aussi celles qui ouvrent des brèches. Celles qui permettent, un peu, que les suivantes respirent autrement.
Il y a des livres qu’on aime.
Et puis il y a ceux qui restent.
Celui-ci en fait clairement partie.
Les bonnes raisons de lire ce livre :
- Une fresque familiale puissante et profondément humaine
- Une réflexion juste et subtile sur le patriarcat et ses mécanismes
- Des personnages féminins marquants et inoubliables
- Une construction narrative intelligente et immersive
- Une charge émotionnelle forte mais toujours maîtrisée

En bref :
Je ne vais pas chercher à faire compliqué : c’est un coup de cœur.
Un de ceux qui te remuent, qui te mettent face à des choses qu’on préférerait parfois ne pas voir… mais qui, justement, comptent.
Et rien que pour ça, je ne suis pas prête de l’oublier.
C’est un livre à offrir et à s’offrir, vraiment.
4ème de couverture :
« Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. »
Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs.
Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ».
Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ?
De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.