« Qu’est-ce que je dois faire ?
Le plan est formel. Surtout ne pas bouger.
Difficile avec ce silence et cette obscurité. »

La notaire – Ingrid Glowacki : quand un héritage fait tomber les masques
Un héritage, ça ne révèle pas seulement ce qu’on possède.
Ça révèle surtout ce qu’on est prêt à perdre.
Je dois dire que j’ai été tout de suite intriguée par ce roman.
Parce qu’un polar autour d’une notaire… ce n’est pas forcément ce qu’on voit le plus souvent. Et rien que pour ça, j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner.
Et honnêtement, ça fonctionne.
On sent très vite que l’autrice maîtrise son sujet. Tout ce qui touche aux successions, aux héritages, aux tensions familiales… ce n’est pas juste un décor, c’est vraiment au cœur du récit. Et ça apporte quelque chose de différent, presque plus réaliste, plus ancré.
Parce qu’au fond, quoi de plus révélateur qu’un héritage pour faire tomber les masques ?
Un huis clos qui prend doucement forme
L’histoire nous emmène dans un château isolé, au cœur du Morvan.
Un décor assez classique sur le papier… mais qui fait parfaitement le job. L’ambiance s’installe progressivement, sans précipitation, avec cette sensation que quelque chose ne tourne pas rond.
Les personnages gravitent les uns autour des autres, chacun avec ses intérêts, ses zones d’ombre, ses non-dits. Et forcément, ça finit par craquer.
Quand le meurtre arrive, on n’est pas tant surpris par sa présence que par tout ce qu’il vient révéler.
Parce que finalement, le cœur du roman, ce n’est pas vraiment “qui a fait quoi”… mais plutôt pourquoi.
Anna, la notaire, est vraiment le point central du récit.
Et j’ai beaucoup aimé ce positionnement un peu à part. Elle n’est pas enquêtrice, pas vraiment extérieure non plus. Elle est là, au milieu, à observer, à comprendre, à ressentir aussi.
Il y a chez elle une sensibilité qui la rend très humaine. On sent qu’elle n’est pas complètement détachée de ce qu’elle voit, et ça change beaucoup de certaines figures plus froides qu’on retrouve dans les polars.
On s’attache à elle assez naturellement, même si elle garde une part de mystère.
Une lecture fluide, prenante… sans être renversante
Le roman se lit très facilement. Je l’ai d’ailleurs avalé en une soirée.
Les chapitres s’enchaînent bien, les rebondissements sont là, et on a envie de continuer. Mais en même temps, pour être franche : je n’ai pas été complètement surprise.
J’ai passé un bon moment, vraiment. J’ai été prise dans l’histoire, j’ai eu envie de savoir. Mais ça ne fait pas partie de ces lectures qui restent longtemps après.
Et ce n’est pas grave.
Parce que tout ne doit pas forcément être un coup de cœur pour être réussi.
Ce que j’en retiens :
Ce que j’ai trouvé intéressant, au-delà de l’intrigue, c’est ce regard posé sur les familles.
Sur ce qui se joue quand l’argent entre en jeu. Sur les rancœurs qui ressortent, les vérités qu’on aurait préféré laisser enfouies.
Il y a quelque chose d’assez juste dans la manière dont tout ça est montré. Sans en faire trop, sans caricature.
Juste… humain.
Les bonnes raisons de lire ce livre :
• Une idée originale autour du métier de notaire
• Un cadre de huis clos efficace et immersif
• Une lecture fluide et accessible
• Une intrigue prenante portée par les tensions familiales
• Une approche réaliste des héritages et des secrets
Les raisons plus nuancées :
• Un suspense présent mais pas totalement surprenant
• Une lecture agréable mais pas marquante sur le long terme
• Un rythme parfois plus posé

En bref :
J’ai passé un bon moment avec ce roman.
Ce n’est pas un coup de cœur, mais une lecture efficace, qui tient ses promesses et qui se distingue surtout par son originalité.
Et rien que pour ça, ça vaut le détour.
4ème de couverture :
Perspicace, hypersensible, un brin décalée, Anna, notaire, sait d’expérience qu’héritage rime souvent avec carnage. Les héritiers qui font appel à ses services ignorent en revanche qu’au-delà des clauses testamentaires, Anna perce leurs secrets, tous leurs secrets…
Un vieux château au fin fond du Morvan, un intendant sinistre, une comtesse privée de droits et, bientôt, un meurtre : Ingrid Glowacki abat ses cartes. À vous de jouer.