L’instinct – Nicolas Druart

« Les êtres humains révélaient leur vraie nature lorsque leur quotidien s’effritait. Les situations critiques réveillaient leur part animale. »

Note : 4 sur 5.
En librairie le 2 mai 2023 chez Harper Collins NOIR – 392 pages, 20.90€

4ème de couverture :

Un zoo niché dans une vallée des Pyrénées et, au sommet d’un plateau brumeux, quatre chalets prisés par les touristes en quête de nature. On s’isole ici pour souffler, se retrouver, profiter d’un cadre grandiose. En ce week-end de Toussaint, il y a des femmes, des hommes, un bébé. Il y a même un écrivain. Sept âmes perchées dans les nuages.

Mais quelque chose dissone dans ce décor sans faute. Est-ce le cri lancinant des oiseaux ? L’orage qui vient ? Cet arbre coupé en travers du seul accès menant au village ? L’imagination qui s’emballe ? Car nul n’est censé l’ignorer, un homme s’est suicidé en se jetant dans la fosse aux ours deux ans plus tôt. Et cet acte d’une violence inouïe s’est soldé par la mise à mort de l’animal et la fermeture administrative du parc, rouvert depuis peu.

D’ici quelques heures, des sept, il n’en restera que six, et l’on apprendra la fuite d’un individu dangereux. D’ici la fin de ce qui devait être une parenthèse hors du temps, le paysage idyllique ne sera que le théâtre d’un compte à rebours macabre.

Ce que j’en ai pensé :

Un petit week-end dans de petits chalets à la montagne ça vous tente? Ok, c’est en novembre, il fait froid, le temps est tout gris et alors, ça peut faire du bien de s’aérer et de changer d’air non ?

Bon… Petit conseil avisé : faites bien attention avant de vous lancer, ce week-end qui semble tomber à point nommé n’est peut-être pas la solution idéale à votre envie de plein air, soyez sur vos gardes, réfléchissez-bien parce que ce qui vous attend vous réserve de très, très mauvaises surprises.

J’avais adoré découvrir la plume de Nicolas Druart avec Cinabre, son précédent thriller. Impatiente de lire son dernier, j’y ai plongé sans même lire la 4ème de couverture, à quoi bon ? Je lui fais confiance. J’ai pu retrouver les éléments qui me plaisent tant dans la lecture : des chapitres courts, une plume fluide et cinématographique, des personnages bien construits, complétement différents et mystérieux. Happée dès les premières pages, je me suis laissée porter par cette ambiance pesante, glauque qui frôle le genre slasher. Rassurez-vous, je ne suis pas une grande fan des histoires débordantes d’hémoglobine ou de meurtres sadiques et gratuits et fort heureusement pour moi, ici le dosage est absolument parfait. Je me suis très rapidement prise au jeu, à tenter de découvrir qui peut bien se cacher derrière ces disparitions, entretenant ainsi mes doutes sur tout et sur le monde.

J’apprécie lorsque l’auteur nous mène par le bout du nez et ce fût le cas puisque cette fin, je ne l’avais pas vu venir. Ce huis-clos montagnard est prenant, la fuite de cet individu dangereux qui rôde dans les alentours et qu’on appelle L’Ogre Catalan, apporte un suspense et une tension palpable durant toute la lecture. Si les personnages peuvent sembler caricaturaux aux premiers abords, je me suis vite rendue compte que finalement, ils ne sont que Mr et Mme Tout-le-monde avec les mêmes doutes, peurs et faiblesses que tout un chacun. L’ambiance cocooning promis aux vacanciers va vite se détériorée et nous lecteurs, assisterons à leur descente en enfer. C’est addictif, distrayant et très bien maitrisé. Rien n’est laissé au hasard, gardez les yeux ouverts, observez, vous verrez.

Le talent de Nicolas Druart, au delà de nous offrir une histoire prenante et palpitante, tient surtout du fait (en tout cas pour ma part) qu’il nous offre tous les éléments nécessaires pour nous projeter dans cette intrigue. J’avais l’impression d’avoir loué un de ces 4 chalets et je me suis rapidement sentie en danger. Heureusement pour moi, 392 pages de papier me séparaient de cette fiction effrayante.

Les chapitres se situent tantôt en 2019, tantôt en 2022. Si le parallèle entre les deux années ne se fait pas tout de suite, lorsque le dénouement nous est révélé, il dévoile le côté machiavélique de l’auteur, j’adore. Tout comme avec Cinabre, nous avançons dans le brouillard, perdus dans nos suppositions jusqu’à l’abandon total. A quoi bon chercher la réponse à tout prix ? Notre idée ne sera clairement pas à la hauteur du final. D’autant plus que L’instinct n’est pas seulement un scenario de distraction, il va plus loin, mettant en exergue un sujet important, je dirai même indispensable. Tout prend son sens. Soyez prêts.

En conclusion :

Si vous aimez les huit-clos en pleine montagne avec un groupe de personnes qui se réduit de jour en jour et d’heure en heure ou si vous aimez les histoires addictives, prenantes à l’atmosphère pesante et effrayante (imaginez-vous dans un de ces petits chalets coupés du monde !!) alors ce livre est fait pour vous. Ce fût un véritable plaisir de lecture, j’ai aimé les personnages, l’intrigue et les messages. Mais surtout garder bien en tête une chose :

« On ne nait pas ogre, on le devient. »

Chronique sur Cinabre de Nicolas Druart juste ICI !

Un commentaire

Laisser un commentaire