Cinabre – Nicolas Druart

« Pour lire, vous n’avez pas besoin de créer un compte, d’entrer un identifiant, de vous connecter à je ne sais quelle base de données qui vous bombardera plus tard de messages publicitaires. Lire, c’est faire un gigantesque doigt d’honneur au progrès. »

Note : 4 sur 5.
En librairie depuis le 09 mars 2022 chez Harper Collins Noir – 458 pages

Résumé éditeur :

Cinabre, c’est la couleur de l’hôtel le plus chic de Toulouse, étau de velours fréquenté par une clientèle fortunée. Un rouge minéral qui rappelle la couleur du sang.
L’hôtel Ferdinand fut le théâtre d’un quadruple homicide dans les années 1980. Son directeur, Eugène Ferdinand, y massacra sa famille avant d’être abattu par la police. Toute sa famille sauf Richard, petit dernier miraculé. C’est lui même qui décidera trente ans plus tard de rouvrir l’établissement… Mais on n’efface pas à coups de travaux monumentaux une réputation sulfureuse.
Les Rois de Pique sont six anciens camarades de promo qui ont fui l’hôpital pour se lancer en indépendants. Lorsque l’un d’eux disparaît après avoir soigné une cliente de l’hôtel Ferdinand, personne ne semble s’en émouvoir. Seul Elliot Akerman, infirmier sensible et sans concession, va partir à sa recherche.
Pendant ce temps, Toulouse vit sous la terreur d’un tueur qui attaque ses victimes au sabre. Est-il isolé ? Et qui doit se sentir menacé ? Pour le capitaine Aubert et son équipe, c’est le début d’un combat sans fin contre une hydre voilée par des nappes de sang.

Mon avis :

Je découvre la plume de Nicolas Druart avec Cinabre, bien que je l’ai vu passer un nombre incalculable de fois sur les réseaux sociaux, je ne m’étais pas encore lancée. Cinabre m’a intriguée par bien des manières. Sa couverture déjà, mystérieuse et rouge (ma couleur préférée!) et son titre, mot que je ne connaissais pas je dois l’admettre. Une fois la curiosité piquée, il ne m’a fallu que quelques secondes pour ne plus hésiter après avoir lu la 4ème de couverture. L’Hôtel Ferdinand m’a donc envoyé son invitation et je l’ai naturellement accepté, je me suis laissée happer par ce mystère profond qui plane autour de lui. Parce qu’ici, c’est bien de cela qu’il s’agit : de mystère, de suspense, bref de quoi vous tenir en haleine de longes heures, croyez-moi.

La plume de l’auteur est fluide, maitrisée et donne la cadence très rapidement à ce thriller psychologique qui se transforme très vite en page-turner. Dès le début, on oscille entre l’enquête policière autour des agressions au sabre qui se propage dans Toulouse, faisant morts et blessés et la vie d’Antoine, jeune infirmier libéral que tout attire vers l’hôtel, notamment la disparition de son ami Manu. On jongle donc entre les deux histoires qui, au départ, ne semblent pas être en lien. Vous vous doutez bien que rien n’est laissé au hasard et que tout finira par se regrouper mais pour ça, il faudra lire Cinabre, je ne vous dévoilerai rien.

Ce qui m’a particulièrement plus dans ce thriller c’est l’atmosphère assez pesante et impénétrable qui enveloppe le lecteur. Difficile d’y voir clair pour commencer, difficile de voir où l’auteur souhaite nous amener. Même si, en démarrant le 3ème tiers du livre j’avais deviné une partie de la fin, je n’en suis pas moins déçue. Nicolas Druart nous fait emprunter des chemins sinueux, avec très peu d’indices à notre disposition. Une fois que vous avez pénétré dans l’Hôtel Ferdinand, vous aussi vous serez pris au piège. Les décors, l’ambiance, tout y est décrit à merveille, je m’y serai crue. Le personnage d’Elliot est davantage approfondi que celui de l’enquêteur Aubert donc naturellement, j’ai eu tendance à avoir plus d’accroches avec lui. Petit gars paumé, assez banal, il se révèle finalement beaucoup plus complexe qu’on ne le pense.

L’auteur mêle son histoire à l’actualité, la faisant se dérouler en partie pendant le 1er confinement, j’ai eu l’occasion d’avoir une vue d’ensemble de Toulouse désertéé. Tout prend une dimension différente (vous vous en rappelez non?) et ça rend l’ensemble d’autant plus inquiétant. La réputation de l’hôtel n’est finalement qu’une illusion à côté de ce qu’il est réellement, bravo à Nicolas Druart pour sa capacité à nous mener en bateau, à nous faire douter de tout et de tout le monde. Le mystère plane autour de Richard Ferdinand, les rumeurs et les légendes urbaines alimentent le mythe autour de lui, à vous de découvrir ce qu’il en est vraiment. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

Un peu comme les clients de l’hôtel, une fois rentrée dans l’histoire, je ne voulais plus en sortir. Connaître la suite était devenu une obsession, je ne pouvais pas lâcher un tel livre. Difficile de passer à autre chose quand, irrémédiablement, vous êtes rappelés par le mystère qui entoure ces personnages, ces lieux.

Nicolas Druart est un auteur que je viens de découvrir et qui, forcement, me donne envie de lire ses précédentes parutions. Heureusement pour moi, L’enclave m’attend patiemment dans ma pile à lire. Vous pouvez être sûrs qu’il n’y restera pas bien longtemps. J’ai été piqué par le talent de l’auteur et quand je suis piquée, je dévore ! La fin de Cinabre a pour moi été parfaite. Les dernières pages concluent à merveille ce livre, je l’ai refermé avec un petit sourire, me disant « ah ouais quand même » ! J’espère suffisamment attiser votre curiosité pour vous donner envie de le lire parce que franchement, il vaut le détour.

Pour conclure

Vous l’avez déjà compris mais ce fût pour moi, une très bonne lecture et une belle découverte. J’ai aimé les personnages, l’intrigue, les décors, l’ambiance et le final (c’est quand même très, très important). J’ai beaucoup apprécié l’écriture addictive de l’auteur, les chapitres relativement courts qui donnent un très bon rythme à l’ensemble et les nombreux rebondissements qui nous en font voir de toutes les couleurs. Un livre à lire, c’est certains, que vous soyez amateurs de thriller ou pas.

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