People We Meet on Vacation – Emily Henry

« J’aimerais pouvoir capturer cet instant en bouteille et le porter comme un parfum pour qu’il reste a jamais avec moi. »

People We Meet on Vacation - Emily Henry
En librairie depuis le 14 juin 2023 chez Hauteville – 416 pages, 18.95€

Emily Henry, la nouvelle voix du romantisme contemporain

S’il y a bien une autrice qui a su redonner ses lettres de noblesse à la comédie romantique contemporaine, c’est Emily Henry, que j’ai découverte il y a seulement quelques semaines.
Avec Happy Place et Funny Story (que j’ai dévoré), elle a réussi à capter l’essence même de l’amour moderne : imparfait, drôle, doux-amer et profondément humain.
C’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers People We Meet on Vacation, son roman un peu plus ancien, souvent décrit comme une version ensoleillée de Quand Harry rencontre Sally.

Je l’ai ouvert avec l’envie de prolonger un peu l’été, de retrouver cette chaleur émotionnelle propre à l’univers d’Emily Henry, cette façon qu’elle a de transformer des histoires ordinaires en parenthèses pleines de tendresse et de lucidité.

Et si la promesse était belle, la lecture, elle, m’a laissée avec un sentiment un peu mitigé : j’ai aimé… sans vibrer.

Poppy et Alex, ce sont deux meilleurs amis que tout oppose :

  • elle est extravertie, pétillante, toujours partante pour une nouvelle aventure ;
  • lui est réservé, casanier, ancré dans une routine rassurante.

Ils se rencontrent à l’université, deviennent inséparables, et pendant dix ans, ils s’offrent une semaine de vacances ensemble chaque été.
Dix road trips, dix destinations, dix moments suspendus — jusqu’à l’incident qui brise leur complicité deux ans avant le début du roman.

Lorsque Poppy, en pleine crise existentielle, propose à Alex un nouveau voyage pour “tout réparer”, on comprend vite que ce voyage ne sera pas seulement géographique, mais surtout intérieur.

C’est une belle idée de départ : celle d’un amour latent qui se construit dans la durée, entre les silences, les rires partagés et les occasions manquées.
Emily Henry sait rendre ces émotions subtiles, ces gestes minuscules qui trahissent ce que les mots ne disent pas.

Mais cette fois, la magie opère à moitié.

Là où Happy Place m’avait bouleversée par sa sensibilité et Funny Story charmée par son humour et sa justesse, People We Meet on Vacation m’a semblé un peu plus… tiède.

La structure alternant passé et présent, bien qu’intéressante sur le papier, ralentit parfois le rythme. On passe d’un souvenir à l’autre sans toujours ressentir la tension émotionnelle que la situation devrait provoquer. Pourtant, en règle générale, j’apprécie vraiment cette construction narrative.

Les dialogues, habituellement si vifs et drôles chez Emily Henry, manquent ici de cette étincelle que j’attendais.
Les échanges entre Poppy et Alex sont souvent tendres, parfois touchants, mais rarement percutants. J’aurais aimé plus de joutes verbales, plus de moments qui font sourire à voix haute, cette complicité qui fait tout le charme des friends-to-lovers bien menés.

Résultat : je me suis attachée aux personnages, oui, mais de manière distante.
Je les ai observés plutôt que vécus avec eux.
Et dans une romance, cette différence est essentielle : je n’ai pas ressenti cette impatience de rouvrir le livre à chaque occasion, ce besoin de “juste un chapitre de plus” avant de dormir.

Ce serait injuste de dire que le roman n’a aucun intérêt, loin de là.
Emily Henry ne semble jamais écrire des histoires superficielles.
Derrière les paysages ensoleillés et les hôtels un peu bancals, elle glisse des réflexions profondes sur la solitude, le deuil, le besoin d’évasion et la peur d’aimer.

Elle évoque aussi le harcèlement scolaire, les blessures de l’adolescence, et cette manière qu’on a parfois de fuir ce qu’on ressent, de peur de tout gâcher.
Ces thèmes donnent de la profondeur à ce qui aurait pu n’être qu’une simple comédie romantique de plage.

Et puis, il faut le dire : Emily Henry a un vrai talent pour décrire les lieux.
Les escapades de Poppy et Alex sont remplies de petits détails sensoriels : la chaleur d’un café d’aéroport, le bruit d’un ventilateur dans une chambre d’hôtel, les conversations avec des inconnus rencontrés en voyage… Autant de moments qui rappellent à quel point voyager, c’est aussi se (re)découvrir soi-même.

Les bonnes raisons :

  • Une ambiance estivale réconfortante, parfaite pour prolonger la chaleur des vacances.
  • Des thématiques universelles : l’amitié, le passage à l’âge adulte, la peur du changement.
  • Une écriture fluide et sincère, qui reste plaisante même quand l’émotion se fait plus discrète.
  • Des paysages et scènes de voyage qui éveillent l’envie d’évasion.
  • Et bien sûr, la patte Emily Henry : une douceur, une authenticité, une bienveillance qui traversent le roman.

Les “moins” bonnes :

  • Une romance un peu trop sage, sans la tension émotionnelle attendue.
  • Un rythme inégal, à cause de la structure en flashbacks.
  • Moins d’humour et de dialogues mordants que dans les autres romans de l’autrice.
  • Une fin touchante, mais prévisible, qui laisse un goût de “joli, mais déjà-vu”.

People We Meet on Vacation est une lecture douce et plaisante, qui fait sourire et qui transporte, sans pour autant bouleverser.
C’est le genre de roman qu’on savoure lentement, un cocktail à siroter au bord de la piscine plutôt qu’un feu d’artifice émotionnel.

Si vous découvrez Emily Henry pour la première fois, ce livre peut être une belle porte d’entrée vers son univers, lumineux, tendre et réconfortant.
Mais si, comme moi, vous avez déjà vibré avec Happy Place ou Funny Story, attendez-vous à une lecture plus calme, plus sage, un peu moins inoubliable.

Je continuerai sans hésiter à lire tout ce que l’autrice publie, car même quand elle ne me fait pas chavirer, elle réussit toujours à me faire du bien. Et c’est peut-être ça, le vrai talent d’Emily Henry : offrir des histoires qui réchauffent le cœur, même quand elles ne l’enflamment pas.


Deux meilleurs amis.

Dix road trips.

Une dernière chance de tomber amoureux.

Poppy et Alex n’ont absolument rien en commun. Il est grand, calme et aime rester chez lui avec un bon livre. Elle est petite, grande gueule, mordue de fêtes et de voyage. Pourtant, ils sont les meilleurs amis du monde. Depuis dix ans, chaque été, ils se donnent rendez-vous pour une semaine de vacances ensemble.

Jusqu’à il y a deux ans, quand ils ont tout gâché…

Coincée dans son train-train quotidien, Poppy ne rêve que d’une chose : retrouver son ami et leur traditionnel road trip estival. Lorsqu’Alex accepte de repartir avec elle, Poppy sait que c’est sa dernière chance de tout arranger entre eux. Mais après deux ans de silence, peuvent-ils vraiment faire comme si rien ne s’était passé ?

Un commentaire

Répondre à Octobre 2025, que s’est-il passé ? – Black Books Annuler la réponse.