L’anniversaire – Liane Moriarty

« Elle se sent étrangement déconnectée des autres. Ce n’est pas déplaisant, cette impression de flotter haut dans le ciel et de piloter son corps à l’aide d’une télécommande. »

L'anniversaire - Liane Moriarty
En librairie depuis le 28 janvier 2026 chez Albin Michel – 448 pages, 22.90€

Rendez-vous annuel

Liane Moriarty et moi, nous ne sommes pas toujours alignées. Tantôt je peux être subjuguée par l’un de ses romans, tantôt celui-ci peut me laisser de marbre. Ici, j’ai du mal à me positionner. Je ne rate pourtant aucune de ses sorties… allez savoir pourquoi. Elles représentent pour moi le lancement de mon année de lecture. J’aime sa plume, indéniablement. C’est, je pense, la raison pour laquelle je reviens toujours vers elle.

L’anniversaire est un roman particulier. J’entends par là qu’il ne se passe finalement pas grand-chose. On pourrait facilement lui reprocher quelques longueurs. Pourtant, faire partie, le temps de quelques heures, de cette joyeuse troupe de personnages a suffi à me tenir en haleine jusqu’au bout. Et des personnages, il y en a ! J’ai d’ailleurs souvent eu du mal à me rappeler qui était qui, et les liens entre eux. Mais une fois ces repères posés, je me suis simplement laissée porter.

Rien d’extraordinaire donc : il s’agit d’une histoire de secrets de famille, avec des thèmes intéressants comme la dépression post-partum (plutôt sévère), le désir de maternité ou encore les choix que l’on s’impose parfois, à tort ou à raison. Toujours est-il que, même si la trame n’est pas exceptionnelle, j’ai passé un très bon moment de lecture. Les dialogues, la fluidité d’écriture, les personnages… tout était réuni pour me faire passer un chouette week-end.

Comme je vous le disais, si l’histoire reste assez banale, les personnages sont, à mon sens, l’élément central. Si vous avez l’habitude de me lire, vous savez à quel point c’est essentiel pour moi pour apprécier pleinement un roman. J’ai aimé Sophie, mais surtout cette famille un peu dysfonctionnelle de Scribbly Gum Island. Certes, certains sont assez stéréotypés, comme c’est souvent le cas chez cette autrice, mais c’est justement ce qui rend la lecture si addictive.

J’avais l’impression d’être devant une série télé, avec mon bol de pop-corn salé. Chacun possède sa propre singularité et l’on comprend rapidement que, dans cette famille insulaire, la maternité et l’amour maternel ne sont pas toujours des évidences. Les émotions sont nombreuses et passent par le vécu de chacun. On oscille entre légèreté et drame, et cet équilibre est particulièrement réussi.

J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage d’Enigma, le fameux bébé retrouvé et accueilli plus de 70 ans auparavant par les sœurs Doughty. Elle est à elle seule un tourbillon d’émotions, passant du rire aux larmes en un claquement de doigts.

Finalement, sous ses airs légers, cette histoire possède une vraie dimension psychologique, finement menée et travaillée. Rien de surprenant quand on connaît les œuvres de Liane Moriarty.

La quasi-totalité de l’intrigue tourne autour d’un secret de famille précieusement gardé. Il ne pourra être révélé que lorsque les “enfants” auront atteint l’âge de 40 ans. Les spéculations vont bon train autour de ce qui a pu se passer plusieurs décennies plus tôt.

Le mystère est bien amené et, bien que la révélation ne soit pas extraordinaire (ce qui m’a d’ailleurs plutôt plu), je n’ai rien vu venir. Peut-être parce que je me suis laissée porter sans chercher à deviner.

Le personnage de Veronika est particulièrement intéressant : déterminée à decouvrir la vérité, elle ne lâche rien et insuffle un vrai dynamisme à l’histoire. Son caractère bien trempé amène la petite touche d’agacement qu’on adore ressentir.

  • Un large panel de personnages, certes parfois caricaturaux, mais qui rendent le roman très prenant
  • Des secrets de famille qui, sous une apparente légèreté, cachent des thématiques profondes
  • Des sujets intéressants et loin d’être superficiels
  • Une plume fluide et des dialogues savoureux
  • Quelques longueurs, surtout au milieu du roman
  • Peu d’action : on assiste davantage à une tranche de vie familiale

Un roman tout en nuances, qui se distingue avant tout par ses personnages et une plume toujours aussi addictive. S’il ne marquera pas mon année, il n’en reste pas moins une bonne lecture, qui m’a fait sourire plus d’une fois.

Je le recommande si vous avez envie de vous poser tranquillement avec une histoire de famille un peu bancale, mais terriblement attachante.


Un bébé abandonné. Un secret menacé.
Et une dernière chance de réécrire le passé.

Que feriez-vous si la tante d’un ex que vous avez plaqué vous léguait par surprise une ravissante maison sur une île paradisiaque au large de Sydney ?

Sophie, elle, n’a pas l’ombre d’une hésitation : elle se jette sur ce don du ciel. Sans savoir qu’en acceptant l’héritage de Connie Doughty, morte nonagénaire à Scribbly Gum Island, elle risque non seulement de semer la zizanie, mais également de dévoiler un secret bien gardé.

Car l’île est un haut lieu du tourisme depuis qu’un bébé y a été retrouvé abandonné il y a soixante-dix ans. Les soeurs Doughty, qui l’ont recueilli, ont su exploiter ce mystère, et les visiteurs continuent d’affluer, faisant la fortune de la famille. Mais combien de temps le clan saura-t-il protéger le secret dont dépend sa prospérité ?

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