Daisy Jones and the six – Taylor Jenkins Reid

« Aimer quelqu’un, ce n’est pas une succession de moments parfaits, des rires et du sexe. L’amour, c’est le pardon et la patience, et la foi et, de temps en temps, c’est un coup de poing dans le ventre. »

Daisy Jones and the six de Taylor Jenkins Reid
En librairie depuis le 18 juin 2020 chez 10/18 – 480 pages, 9.50€

Daisy Jones & The Six – Taylor Jenkins Reid : avis sur un roman aussi fictif que terriblement réaliste

Je crois que c’est exactement le genre de roman qui me fascine chez Taylor Jenkins Reid : cette capacité à créer quelque chose de totalement fictif… et à nous faire douter, sincèrement, de son existence.

Avec Daisy Jones & The Six, j’ai eu cette sensation assez troublante de découvrir un groupe culte des années 70, comme si j’étais simplement passée à côté jusque-là. Très vite, on s’attache à leur histoire, à leurs voix, à leurs tensions… au point d’en oublier que tout cela n’a jamais existé. Et pourtant, tout sonne juste. Tout semble réel.

La forme du roman m’a d’abord surprise. On n’est pas sur une narration classique, mais sur une succession d’interviews : les membres du groupe, leur entourage, les producteurs, les proches… chacun apporte sa version, son ressenti, sa mémoire des événements.

Et finalement, c’est précisément ce qui rend la lecture aussi immersive. On a l’impression d’être face à un véritable documentaire, de reconstituer nous-mêmes l’histoire à partir de fragments. Les points de vue se croisent, se contredisent parfois, et c’est dans cet entre-deux que le roman prend toute sa force. On ne nous donne pas une vérité unique, mais une mosaïque de perceptions, et c’est à nous de composer avec.

Bien sûr, on retrouve tout l’imaginaire du rock des années 70 : les tournées, les excès, l’alcool, la drogue, les nuits sans fin. Mais réduire ce roman à ça serait passer à côté de l’essentiel.

Ce qui m’a marquée, c’est tout ce qui se joue en profondeur. Les relations humaines, les tensions constantes, les egos qui s’entrechoquent, les blessures qu’on tait et celles qu’on ne parvient plus à contenir. On assiste à la montée d’un groupe, mais aussi à son équilibre fragile, constamment menacé par ce qui se passe en coulisses. Et c’est là que le roman devient vraiment intéressant : dans ce qu’il raconte des émotions, bien plus que du décor.

Daisy est sans doute celle qui marque le plus. Elle est libre, instinctive, brillante, mais aussi profondément fragile. Elle refuse d’être reléguée au second plan et veut exister pour ce qu’elle est, quitte à se perdre en chemin.

Face à elle, Billy incarne une autre forme de lutte, plus contenue mais tout aussi intense. Leur relation est complexe, pleine de non-dits, de tensions et d’attirance, et c’est clairement l’un des fils conducteurs du roman.

Autour d’eux, les autres membres du groupe ne sont pas en reste. Chacun a sa place, ses failles, ses contradictions. Ce sont des personnages imparfaits, parfois agaçants, souvent touchants, mais toujours crédibles. Et c’est ce qui rend l’ensemble aussi vivant.

Ce qui m’a vraiment bluffée, c’est à quel point tout paraît réel. L’ascension du groupe, les albums, les concerts, les tensions internes… tout est construit avec un tel souci du détail qu’on finit par oublier qu’il s’agit d’une fiction.

Je me suis surprise à vouloir écouter leurs chansons, à imaginer leurs voix, leurs mélodies. Comme si Daisy et le groupe avaient réellement marqué leur époque. C’est une immersion totale, presque troublante, qui témoigne du talent de l’autrice à rendre tangible ce qui ne l’est pas.

  • Pour la construction originale, qui change complètement de ce qu’on lit habituellement et rend la lecture très immersive
  • Pour les personnages, complexes, imparfaits et terriblement humains
  • Pour l’ambiance rock des années 70, à la fois fascinante et destructrice
  • Pour la dimension émotionnelle, bien plus forte qu’on pourrait l’imaginer au départ
  • Pour cette capacité rare à rendre une histoire fictive… presque réelle

J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce roman. J’ai été embarquée par la forme, par l’ambiance, mais surtout par les personnages et leurs relations. Il y a quelque chose de très vivant dans cette histoire, quelque chose qui sonne juste du début à la fin.

Ce n’est pas un coup de cœur absolu, notamment à cause de la fin qui m’a laissée avec une légère frustration, comme si j’en attendais un peu plus après toute cette montée en tension. Mais ça reste une lecture marquante, différente, et surtout très réussie.

Daisy Jones and the six de Taylor Jenkins Reid

Daisy Jones & The Six, ce n’est pas seulement l’histoire d’un groupe de rock. C’est une plongée dans les relations humaines, dans la création, dans ce que le succès peut révéler… et abîmer.

C’est un roman qui brouille les frontières entre fiction et réalité avec une facilité déconcertante, au point de nous faire croire, le temps de quelques pages, qu’on a vraiment connu Daisy Jones.


Daisy Jones & The Six… Le groupe de rock le plus mythique de tous les temps. Leurs concerts remplissaient les stades aux quatre coins de la planète et ils ont enflammé les nuits de toute une génération. De leurs débuts dans les bars miteux d’un Sunset Strip écrasé de soleil californien à la gloire, leur histoire est celle d’une ascension fulgurante. De l’euphorie qui vient avec le succès, des excitants qu’on prend pour entretenir la magie et des calmants qu’on avale pour essayer de dormir.
C’est l’histoire du rock’n roll. C’est aussi celle de Daisy Jones, l’icône ultime. Mais le 12 juillet 1979, après le plus mémorable des concerts, le groupe a éclaté. Personne n’a jamais su pourquoi… Jusqu’à aujourd’hui. Musiciens, fans, managers, amants, gardiens d’immeubles… Ils ont tous été les témoins de cette histoire… Mais quarante ans plus tard, chacun a sa propre version de la vérité.
Cet ovni littéraire, qui a enflammé les lecteurs des deux côtés de l’Atlantique, nous plonge avec frénésie au coeur d’une des périodes artistiques et sociales les plus exaltantes de notre époque !

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