« J’envie les gens qui parviennent à penser au passé, aux absents, en souriant. Je ne suis pas des leurs. Au lieu de voir ce qui a été, je vois ce qui n’est plus. »

D’autres printemps : avis sur un roman émouvant et profondément humain
Depuis plusieurs années maintenant, je ne rate aucun rendez-vous avec Virginie Grimaldi. La parution de l’année dernière (Les heures fragiles) a d’ailleurs été un énorme coup de coeur !
Il y a quelque chose de profondément réconfortant dans ses romans. Cette capacité rare à parler de la vie telle qu’elle est vraiment : parfois drôle, parfois injuste, souvent bouleversant, mais toujours profondément humaine.
Et une fois encore, avec D’autres printemps, l’autrice m’a emportée.
Elle m’a fait sourire. Elle m’a serré le cœur. Elle m’a fait rire franchement à certains moments avant de me laisser les larmes aux yeux quelques pages plus loin. C’est exactement ce que j’aime chez elle. Cette manière de nous remplir d’espoir sans jamais nier les blessures.
Un voyage bien plus grand qu’il n’y paraît
Dans ce nouveau roman, nous faisons la connaissance de Flora, quarante-cinq ans, épuisée par une vie qui ne lui ressemble plus vraiment.
Un travail qui l’éteint, un supérieur insupportable, des rêves laissés de côté, des blessures silencieuses… Flora avance comme beaucoup avancent parfois : en pilote automatique.
Puis tout bascule lorsque sa grand-mère Line est victime d’un AVC. Et ce qui devait être une simple visite familiale devient finalement un road trip improvisé vers la Toscane, à la recherche d’un passé que personne ne connaissait réellement.
J’ai énormément aimé cette construction. Parce qu’au-delà du voyage physique, c’est surtout un immense voyage intime. Un retour aux origines, aux regrets, aux non-dits… mais aussi aux possibilités encore ouvertes.
Ce qui fonctionne si bien dans ce roman, c’est évidemment la relation entre Flora et sa grand-mère.
Line est de ces personnages qu’on aimerait garder un peu avec soi après la dernière page. Une femme âgée, drôle, lucide, touchante, qui porte en elle toute une vie de secrets, de renoncements et de souvenirs. Et face à elle, Flora.
Une héroïne profondément humaine, imparfaite, parfois à bout de souffle, dans laquelle beaucoup de lectrices pourront probablement se reconnaître.
J’ai trouvé leur relation magnifique parce qu’elle sonne incroyablement juste. Il y a cette tendresse immense entre elles, mais aussi ce renversement des rôles qui arrive avec le temps. Cette manière de devenir, doucement, le soutien de ceux qui nous ont autrefois portés. Certaines scènes m’ont vraiment bouleversée.
Entre humour et émotion : la force de Virginie Grimaldi
Ce que j’admire profondément chez Virginie Grimaldi, c’est cette capacité à mélanger le rire et la douleur sans jamais tomber dans l’excès.
Elle peut vous faire éclater de rire avec une remarque sur les gens qui répondent à un message par un appel téléphonique… puis vous toucher en plein cœur quelques lignes plus tard.
Et surtout, elle a ce talent très particulier de mettre des mots sur des émotions du quotidien qu’on ressent sans toujours réussir à les formuler.
Cette impression de reporter ce qui compte vraiment.
De croire qu’on aura le temps.
D’oublier parfois de vivre pleinement pendant qu’on est occupés à gérer le reste.
À travers Flora et Line, D’autres printemps parle du temps qui passe, des occasions ratées, des choix de vie, des racines familiales, de la maternité, de la vieillesse… mais aussi de la possibilité de recommencer autrement. Et… Bon sang, que ça fait du bien !
Bonnes raisons de lire D’autres printemps :
- Pour la relation magnifique entre Flora et sa grand-mère
- Pour retrouver toute la sensibilité de la plume de Virginie Grimaldi
- Pour ce mélange parfaitement dosé entre humour et émotion
- Pour les réflexions très justes sur le temps, la famille et les regrets
- Pour le road trip en Toscane, lumineux et profondément humain
- Pour les personnages imparfaits mais terriblement attachants
- Parce que ce roman fait du bien tout en serrant parfois très fort le cœur
Mon ressenti :
J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture.
Même si j’ai déjà énormément aimé plusieurs romans de Virginie Grimaldi, elle réussit encore à me toucher différemment à chaque fois.
Et ici, j’ai retrouvé tout ce que j’aime chez elle : des personnages profondément humains, des émotions sincères, des sujets difficiles abordés avec douceur, et cette petite lumière qu’elle laisse toujours quelque part entre les pages.
Ce n’est peut-être pas mon numéro un de l’autrice… mais il n’en est vraiment pas loin.
Et honnêtement, refermer un roman de Virginie Grimaldi donne toujours un peu l’impression de quitter des ami.es.

En bref :
Avec D’autres printemps, Virginie Grimaldi signe une nouvelle fois un roman profondément humain et émouvant.
Une histoire sur les racines, les secondes chances, les regrets… mais surtout sur cette idée précieuse qu’il n’est peut-être jamais trop tard pour vivre autrement.
Un roman qui serre le cœur autant qu’il le réchauffe.
4ème de couverture :
Flora vient de voir son plus grand rêve s’effondrer. Pourtant, quand on l’appelle au chevet de sa grand-mère, elle envoie tout valser pour la retrouver. À son arrivée, Line, quatre-vingt-dix printemps, a une requête des plus surprenantes : Flora doit l’arracher à l’hôpital pour la conduire dans un petit village de Toscane. Pourquoi là-bas ? Personne ne lui connaît d’attaches en Italie. Flora hésite, mais Line insiste : c’est sa dernière volonté. Alors, au matin, elles fuguent. Embarquée dans un road trip insolite, Flora ignore la vraie raison de ce voyage et l’ampleur du secret qu’elle s’apprête à découvrir. L’une roule vers son passé, l’autre vers son avenir : grand-mère et petite-fille ont des choses à se dire. Elles n’imaginent rien de ce qui les attend au bout du chemin, là où l’histoire a commencé.