Et la joie de vivre – Gisèle Pélicot

« On ne me volera pas ma vie une seconde fois. Je veux regarder le soleil en face, sans baisser les yeux. »

Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot
En librairie depuis le 17 février 2026 chez Flammarion – 320 pages, 22.50€

Et la joie de vivre : avis sur un témoignage bouleversant

Il y a des livres pour lesquels il est difficile de dire simplement “j’ai aimé”.

Parce que certains récits dépassent largement le cadre de la lecture. Parce qu’ils remuent quelque chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus inconfortable aussi. Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot fait partie de ceux-là.

Je crois que ce qui m’a le plus marquée ici, c’est la dignité incroyable qui traverse chaque page. Une force calme. Une parole maîtrisée. Une absence totale de sensationnalisme malgré l’horreur des faits.

Ce livre n’essaie jamais de provoquer le choc gratuitement. Il cherche surtout à remettre de la vérité là où il y a eu des années de mensonges, d’emprise et de destruction silencieuse. C’est précisément ce qui le rend aussi bouleversant.

Ce témoignage m’a profondément touchée par sa retenue. Gisèle Pelicot raconte l’indicible sans jamais tomber dans le voyeurisme. Sa voix reste sobre, lucide, profondément humaine. Et je crois que cette simplicité rend le récit encore plus fort.

On sent à quel point écrire ce livre est aussi une manière de reprendre possession de son histoire. De ne plus laisser les autres raconter à sa place.

Ce qui frappe également, c’est son refus d’être réduite uniquement au statut de victime. Bien sûr, la douleur est omniprésente. Comment pourrait-il en être autrement ? Mais derrière cette souffrance, il y a surtout une femme qui refuse de laisser l’horreur définir entièrement ce qu’elle est. Cette force-là force le respect.

Ce livre parle évidemment de violence, de trahison et d’emprise. Mais il parle aussi de mémoire, de confiance, de famille, de reconstruction et même d’identité. Comment continuer à avancer quand toute une partie de sa vie semble soudain contaminée par le doute ? Comment faire confiance à ses souvenirs quand on découvre que le danger se trouvait précisément là où l’on pensait être en sécurité ?

C’est sans doute ce qui m’a le plus bouleversée pendant ma lecture. Cette idée terrible que l’effondrement ne vient pas toujours d’un inconnu surgissant dans l’ombre, mais parfois du cœur même de ce que l’on croyait solide depuis des décennies. Le livre interroge énormément notre rapport à la confiance, à l’intime et à ce que l’on choisit ou non, de voir chez les autres.

J’ai aussi trouvé le livre particulièrement fort dans sa manière d’élargir le propos au-delà de son histoire personnelle.

Gisèle Pelicot ne cherche pas uniquement à raconter ce qu’elle a vécu. Elle cherche aussi à faire entendre quelque chose de plus collectif.

À travers son récit, elle questionne les mécanismes du silence, les violences invisibles, les comportements que l’on banalise parfois trop facilement et notre difficulté, collectivement, à reconnaître certains profils dangereux lorsqu’ils ne correspondent pas aux représentations habituelles.

Le style est, je pense, volontairement épuré.

Pas de grandes envolées. Pas d’effets dramatiques inutiles. Et pourtant, certaines phrases frappent avec une violence incroyable précisément parce qu’elles restent simples. Cette sobriété laisse toute la place aux émotions et à la sincérité du témoignage.

On sent aussi énormément de pudeur dans sa manière d’écrire. Même dans les passages les plus difficiles, il y a une retenue qui rend la lecture encore plus forte émotionnellement. C’est un livre qui fait réfléchir bien après la dernière page.

  • Pour la force et la dignité de la parole de Gisèle Pelicot
  • Pour un témoignage profondément humain et jamais voyeuriste
  • Pour la réflexion sur l’emprise et les violences invisibles
  • Pour la lucidité avec laquelle le récit est construit
  • Pour l’écriture sobre et particulièrement touchante
  • Pour la manière dont le livre questionne notre société Pour un témoignage qui dépasse largement le cadre personnel

Ce livre m’a marquée. Pas seulement par les faits racontés, mais surtout par la manière dont Gisèle Pelicot choisit de les raconter.

Il y a quelque chose de profondément admirable dans cette volonté de parler, de mettre des mots sur l’indicible et surtout de refuser la honte que d’autres auraient voulu lui imposer.

Je crois aussi que ce témoignage rappelle quelque chose d’essentiel : le danger ne ressemble pas toujours à ce qu’on imagine. Il ne fait pas toujours de bruit. Et parfois, il se cache précisément dans les endroits où l’on se croit le plus en sécurité.

C’est une lecture difficile, évidemment. Mais aussi une lecture importante.

Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot

Avec Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot livre un témoignage d’une immense dignité, porté par une parole sobre, lucide et profondément humaine.

Bien plus qu’un récit personnel, ce livre devient une réflexion puissante sur l’emprise, la mémoire, la reconstruction et notre regard collectif sur les violences invisibles.

Un texte bouleversant, nécessaire et profondément marquant.


« Cette histoire ne m’appartient plus totalement. Elle a réveillé une douleur muette et profonde, montée de la nuit des temps. Elle a suscité la sidération. Comment comprendre ce qui m’est arrivé, ce que mon calvaire a ensuite déclenché ? Il m’a fallu marcher le long d’une faille, la mienne. Comme le funambule sur la corde raide, je dois avancer. Je voudrais par ce livre mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre. Dire que je suis vivante. » Ce récit bouleversant, écrit avec la romancière Judith Perrignon, raconte l’histoire exceptionnelle de Gisèle Pelicot et celle de sa courageuse décision de rendre public le procès de ses agresseurs, encourageant par son geste toutes les victimes à ne plus jamais avoir honte.

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