L’empathie – Antoine Renand

« […] un sourire éclairait son visage, sur lequel transparaissait le vice, dans toute sa quintessence. »

Anthony Rauch, appelé La Poire de part sa morphologie atypique, travaille à « la brigade du viol ». Totalement investi dans son rôle, il écoute, interroge et rassure les victimes tout en traquant les criminels comme personne. Profiler dans l’âme, il arrête toujours ces individus dangereux et nuisibles grâce à son analyse créée avec toutes les informations qu’il a recueilli de façon toujours bienveillantes, auprès de ces femmes détruites. Mais un jour, alors qu’il pensait avoir tout vu, il se retrouve face à une série de viols archi violents (mais dans le genre vraiment vraiment violents). Accompagné de Marion, collègue et amie, il est confronté à l’innommable. Un homme pénètre la nuit dans les appartements de ses victimes (toujours des étages élevés et de préférence avec des couples) sans effraction. Le lieu est fermé de l’intérieur, la porte n’est pas fracturée. Commence alors l’horreur. La Poire part à sa recherche. Celui qui se fait appeler Alpha est un redoutable prédateur, qui ne compte pas lui faciliter la tâche. Le jeu du chat et de la souris peut commencer, au risque de ne pas en sortir indemne.

Âme sensible s’abstenir ! Avec L’empathie de Antoine Renand, vous allez plonger en plein cauchemar, sans jamais réussir à vous réveiller. Rien de gratuit, tout est étudié. Addictif. C’est vraiment l’adjectif qui qualifie le mieux ce roman. L’écriture est parfaitement fluide et vous embarque dès les premières pages. L’alternance entre l’enquête et le passé des personnages le rend d’autant plus intéressant. Lorsque je lis un livre, j’en attends forcément beaucoup, mais l’élément absolument indispensable à mes yeux est avant tout la construction des personnages. Et bien, Madame est servie ! J’ai adoré comprendre leur personnalité et les origines de celle-ci. Comme quoi, l’enfance est vraiment la fondation de ce que nous sommes. Certes, on évolue, on peut changer mais au fond, on est dicté par ce nous avons vécu au plus jeune âge.

Le gros point fort (parmi tant d’autres) de ce roman est donc la faculté de l’auteur à nous insuffler à travers quelques chapitres, le passé de ses personnages et nous permettre, à défaut de les comprendre eux, de comprendre certains comportements (comprendre ne veut pas dire être d’accord). Tantôt un point sur Anthony, tantôt sur Alpha. L’auteur ne néglige personne, Louisa (la mère d’Anthony) et Marion y passent aussi. On explore leurs fêlures, leurs douleurs. Quelle humanité ! Bien sûr, je vous parle ici de ce que j’ai particulièrement aimé, cependant les thèmes traités sont bien plus profonds : la pédophilie, les violences familiales, le viol, le lien parents/enfant, la justice où défendre l’indéfendable est parfois surprenant… Tout ça sans fard, avec avec une vision que je qualifierai de cinématographique. Je m’explique : en lisant ce roman j’ai vraiment eu l’impression de regarder un film sur grand écran, la tension est d’autant plus intense que les images qui en sortent proviennent directement de notre imagination. Glaçant. On reconnaît le talent de cinéaste de Antoine Renand.

Anthony change de visage et vous aurez du mal à vous dire que c’est le même personnage qu’au début de l’histoire, cependant n’oubliez pas de prendre en compte le passé, le présent et le laps de temps qui s’écoule à travers les pages. Déstabilisant, j’adore. J’ai tout de même eu du mal à ressentir de l’empathie pour lui durant tout le bouquin. Certaines choses ne peuvent être excusées, quelque soit les événements passés. Question de point de vue bien sûr. Certaines de ses actions me laissent pantoises même si je comprends où l’auteur veut en venir. Vous vous doutez bien qu’il est difficile pour moi de vous en dévoiler davantage sans divulguer des informations qui entacheraient votre lecture.

Il y a quelques jours, j’ai lu Fermer les yeux, le deuxième bijou de l’auteur. Je l’avais adoré mais je dois vous avouer que L’empathie est encore plus remarquable. Véritable page-turner, il hantera vos pensées. J’ai tenté de le faire durer le plus longtemps possible mais il arrive un moment où l’envie de connaître l’issue est plus forte que tout. Comme depuis quelques semaines maintenant, j’enchaîne les lectures et aucune déception à l’horizon, c’est suffisamment rare pour que je le signale. Quel plaisir ! Comptez sur moi pour guetter le prochain roman de Antoine Renand, ne soyez pas surpris si vous en entendez parler régulièrement sur le blog, je crois bien avoir mis la main sur un nouveau champion du polar français. Oooooouh j’ai déjà hâte de lire le troisième, vivement sa parution, je sens que la serial-lectrice que je suis va se régaler !

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