Le chant de l’assassin – R. J. Ellory

« Les vérités de l’âme sont celles que l’on ne peut jamais complètement enfouir. »

Evan Riggs est en prison depuis 20 ans, nous sommes en 1972. Il y rencontre Henry Quinn, jeune musicien et compagnon de cellule. Le jour où celui-ci est libéré, il s’engage à tenir une promesse dont il ne soupçonne pas encore les ennuis que cela va lui amener. Evan lui demande juste une chose: retrouver Sarah, sa fille qu’il ne connait pas et lui remettre une lettre. Une simple lettre. Henry, qui se sent redevable face à celui qui l’a protégé durant trois ans tiendra sa promesse, coûte que coûte. Direction Calvary au Texas, où il commence ses recherches auprès du Shérif Carson Riggs, frère de son ami. L’enquête, que dis-je : la quête démarre pour ce jeune homme qui va malgré lui déterrer des secrets jusque là dissimuler par les habitants de Calvary, où toute cette sombre histoire a commencé.

Magistral. R. J. Ellory signe ici un roman d’une noirceur profonde, riche et poétique. Un talent rare qui peint une histoire aux multiples facettes, dans un Texas pur et dur entre les années 30 et les années 70. C’est brillant. Les personnages ne se contentent pas d’être aboutis, ils sont parfaitement construits, attachants et dotés d’une sincérité sans fard. En ouvrant ce roman digne de Seul le silence, pourtant déjà très haut placé dans mon estime, vous plongerez dans la nature profonde que la passion, l’ambition et l’amour provoquent chez l’Homme.

La plume est maitrisée, criarde de vérité. Les chapitres rythment parfaitement le roman, tantôt le « présent » avec l’histoire de Henry Quinn, tantôt le passé avec la famille Riggs. Vous connaitrez toute l’histoire, petit bout par petit bout, laissant le temps à la pression de monter, pressentant la gravité des actes passés. Les pages se tourneront toutes seules, aussi vite que vos yeux le pourront. Les thèmes abordés sont réfléchis et très bien exploités. L’ambiance brute vous accrochera et vous marquera. Les Riggs vous toucheront, ils solliciteront votre compassion. Le caractère vindicatif de certains personnages vous glacera le sang et vous rendra fébrile. Mais jusqu’où sommes-nous prêt à aller par jalousie, par orgueil et par ambition ou tout simplement par cupidité?

Le chant de l’assassin fait parti de ces romans que l’on referme avec lourdeur, le cœur serré et gonflé. Cette lecture ne peut pas s’arrêter, ce n’est pas possible? Que vais-je lire ensuite qui soit suffisamment fort pour ne pas me décevoir? Ces questions, je me les suis posée; c’est pour dire à quel point j’ai été bouleversée. En plus d’une magnifique écriture, l’intrigue est (pour ma part) inédite. Une femme, deux frères : un trio amoureux aussi ravageur que passionnel. Ce thème peut vous sembler assez simplet, du déjà-vu me direz-vous. Mais c’est mal connaître Ellory qui manie son récit en toute neutralité, sans jamais prendre partie. Il vous expose les faits, il vous relate l’histoire, ne vous cache rien. Il sait maintenir le lecteur éveillé en dévoilant les failles de chacun, les fêlures qui font de ses personnages ce qu’ils sont devenus. A travers les yeux de Henry Quinn, on suivra le destin de cette lettre (et pas que). On apprendra à connaitre les secrets les plus méprisables qui soient, n’essayez pas d’imaginer, ce serait du gâchis.

A travers une atmosphère tangible, où l’air Texan balaiera vos préoccupations, où l’odeur de bière dans les saloon vous montera au nez, vous enchainerez les chapitres avec l’espoir que les destins brisés se réparent petit à petit. Pour connaître l’issue, il vous faudra lire ce roman, naturellement c’est en toute objectivité que je vous le dis. J’ai appris à aimer Evan et Henry et j’ai appris à détester le Shérif, qui dès le début vous mettra mal à l’aise. Tout est réuni ici pour vous permettre de découvrir le talent immense d’un auteur qui à ce jour, n’a jamais déçu ses lecteurs. Il est grand temps de le découvrir si vous êtes, tout comme moi, attiré par les histoires plus noire que noir. Bravo Monsieur Ellory, j’ai beau avoir refermé le livre, il n’en reste pas moins présent dans mes pensées et je n’ai qu’un envie, le partager.

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