Personne ne meurt à Longyearbyen – Morgan Audic

« Personne ne meurt à Longyearbyen.
C’était une solide rumeur qui y circulait, en partie à cause d’un vieil arrêté municipal qui datait de 1950 et qui interdisait qu’on enterre les gens dans le cimetière de la ville. »

Note : 4 sur 5.
En librairie depuis le 20 septembre 2023 chez Albin Michel – 384 pages, 21.90€

Archipel du Svalbard, Longyearbyen, la ville la plus au nord du monde. On découvre le corps d’une femme vraisemblablement déchiquetée par un ours.
Norvège continentale, les îles Lofoten. Le cadavre d’une ex-journaliste est retrouvé sur une plage isolée.
A priori rien ne lie ces victimes si ce n’est qu’elles s’intéressaient de près aux mammifères marins. L’une était doctorante en biologie arctique, l’autre, à la tête d’une agence d’excursion en mer.
Dans ces régions glacées, faites d’anciennes cités minières désolées, d’enclaves russes et de conflits politiques qui ne demandent qu’à rejaillir, une flic pugnace et un reporter de guerre en déroute remontent une piste sanglante, se confrontant à la réalité d’une terre où la nature est une marchandise et ses défenseurs des cibles de choix.

Voilà un polar parfait pour partir en voyage en Norvège. Pas celle que l’on voit dans les reportages télé, non, non, celle un peu plus en haut, plus reculée, plus mystérieuse et froide encore. J’ai adoré retrouver la plume de Morgan Audic, il a ce petit quelque chose qui rend les polars géopolitiques accessibles pour la lectrice que je suis. Avec ses deux enquêtes en parallèles, il nous plonge dans le froid et le suspense dès les premières pages. Haletant, ce thriller m’a aussi fascinée qu’effrayée. L’aspect écologique tient une place à part entière, la protection de la nature, le réchauffement climatique qui suscite des intérêts pour le moins peu déontologiques, bref, j’ai vraiment beaucoup aimé cette approche.

L’auteur nous dresse avec brio les portraits de deux personnages principaux. D’un côté un journaliste dopé à l’adrénaline, reporter de guerre ayant bravé de nombreux conflits, de l’autre une policière pugnace, fragilisée par un événement passé. Deux personnages qui semblent opposés et qui pourtant ont beaucoup en commun. Les suivre durant leurs enquêtes respectives puis communes a été aussi intéressant qu’enrichissant. Me nourrissant de leurs découvertes, j’ai laissé les pages défiler avec passion.

Quant au final, je dois bien admettre que je ne m’attendais pas à ça. Ce ne fût pas pour me déplaire. Morgan Audic a ce don de nous faire prendre les petits chemins, distillant ici et là ses indices, ses preuves sans jamais créer de longueurs ou d’ennui. Il maitrise son sujet d’une main de maître pour embarquer son lecteur.

Personne ne meurt à Longyearbyen… Oui, mais jusqu’à quand? Soyez prêts à vivre une enquête palpitante, parfois dérangeante (dès qu’on touche aux animaux, j’ai toujours le cœur qui saigne) mais surtout passionnante. Lorsque j’ai refermé ce livre, je me suis empressée de le recommander à plusieurs personnes autour de moi.

Un thriller fascinant que j’ai adoré découvrir. Parfaitement bien construit, il m’a happée du début à la fin. Peu friande des polars nordiques, j’ai l’impression que l’auteur a réussi à me faire changer d’avis. Un livre à lire, cet hiver ou n’importe quand dans l’année, croyez-moi !

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

Note : 5 sur 5.

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