Les mémoires d’un chat (relecture) – Hiro Arikawa

« C’est en énumérant les souvenirs de voyage qu’on se dirige vers le voyage suivant. On pense à ceux qui sont déjà partis, à ceux qui viendront ensuite. Et on se retrouve tous ensemble avec les amis, un jour, au-delà de l’horizon. »

Les mémoires d'un chat (relecture) - Hiro Arikawa
En librairie depuis le 6 novembre 2019 chez Actes Sud (dispo en poche) –  324 pages, 23€

Les Mémoires d’un chat – Hiro Arikawa : pourquoi cette relecture m’a autant touchée qu’il y a 6 ans

Il y a des livres qu’on aime sur le moment, et puis il y a ceux qui s’inscrivent vraiment en nous. Les Mémoires d’un chat, je l’avais découvert il y a six ans, et j’en gardais un souvenir très fort, presque intact. En le rouvrant aujourd’hui, je me suis demandé si l’émotion serait toujours la même, ou si le temps aurait adouci ce que j’avais ressenti à l’époque. La réponse est simple : rien n’a changé.

Ou plutôt si… l’émotion est peut-être encore plus profonde aujourd’hui.

L’histoire, en soi, est d’une grande simplicité. Un chat, Nana, et son humain, Satoru, prennent la route ensemble pour un dernier voyage à travers le Japon. Un voyage qui a un objectif très concret, presque banal en apparence… mais qui cache en réalité quelque chose de bien plus intime.

C’est justement cette simplicité qui fait la force du roman. Il ne cherche jamais à en faire trop, ni à forcer l’émotion. Tout est dans les détails, dans les silences, dans ce qui se joue entre les lignes, dans le calme plat.

Evidemment, ce qui m’a frappée une nouvelle fois, c’est la justesse de la relation entre Nana et Satoru. Elle est profondément sincère, sans jamais tomber dans quelque chose de trop appuyé ou de trop sentimental. J’ai été chamboulée, encore. Je ne peux pas empêcher de faire une projection avec mes propres chats. On ressent leur lien dans les gestes, dans les souvenirs, dans la manière dont ils se comprennent sans avoir besoin de tout dire. Et c’est précisément cette retenue qui rend l’ensemble aussi touchant. On s’attache à eux, rapidement, jusqu’au moment où l’émotion nous rattrape complètement.

Relire ce roman en connaissant déjà son dénouement aurait pu atténuer son impact. Et pourtant, c’est tout l’inverse qui s’est produit. J’ai été encore plus attentive aux détails, à ce qui était suggéré dès le début, à ces petits éléments qui prennent tout leur sens avec le recul. Et ça, croyez moi, ça rend la lecture encore plus intense, presque plus douloureuse aussi, mais d’une manière douce, enveloppante. C’est le genre de livre qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais qui accompagne réellement le lecteur.

La plume de Hiro Arikawa est d’une simplicité désarmante. Elle ne cherche jamais l’effet, ne surcharge jamais le récit, et pourtant, elle touche avec une précision incroyable. C’est une écriture qui laisse de la place à l’émotion, qui fait confiance au lecteur, et qui, justement pour cette raison, marque durablement.

• Une histoire profondément émouvante
• Une relation homme-animal d’une grande justesse
• Une écriture simple mais extrêmement efficace
• Un roman qui traverse le temps sans perdre son impact
• Une relecture qui confirme toute sa puissance

Relire Les Mémoires d’un chat, c’était prendre le risque de ne pas ressentir la même chose qu’à la première lecture.

Mais certains livres ne s’usent pas. Ils évoluent avec nous.

Six ans plus tard, l’émotion est toujours là, intacte, peut-être même plus ancrée encore car depuis, j’ai perdu ma petite Joey et Huguette est arrivée dans ma vie.

D’ailleurs, c’est sans doute ce qui fait la force de ce roman : sa capacité à nous toucher de la même manière, quel que soit le moment de notre vie.

Un livre que je sais déjà que je relirai encore.


Un chat de gouttière au parler franc et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Lui qui, pour rien au monde, ne troquerait sa liberté se fait un jour percuter par une voiture et se voit contraint d’accepter la perspective d’une cohabitation durable avec Satoru, un locataire, qui le soigne et lui attribue un nom – Nana.
Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Désireux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler maints aspects de la société japonaise.
Prenant et surprenant, profond et plein d’humour, Les Mémoires d’un chat est un beau roman sur l’adoption, l’amitié, et la force des liens qui unissent l’homme et l’animal.

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