Le Hameau – Niko Tackian

« Montaigne disait que nous ne sommes pas responsables de notre naissance, mais que nous pouvons l’être de ce que nous choisissons de perpétuer. »

Le Hameau - Niko Tackian
En librairie depuis le 25 mars 2026 chez Calmann-Levy – 400 pages, 20.50€

Le Hameau – Niko Tackian : un thriller sombre et ambitieux entre secrets, mémoire et destins croisés

Je suis une fidèle de Niko Tackian. C’est typiquement le genre d’auteur vers lequel je vais les yeux fermés, sans même lire le résumé. Parce que je sais que je vais retrouver une ambiance, une tension, quelque chose de très prenant. Et avec Le Hameau… j’ai été un peu surprise. Pas dans le mauvais sens.
Mais clairement, ce n’est pas le thriller auquel il nous a habitués.

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation. Le rythme est plus posé, presque contemplatif par moments. On n’est pas dans un thriller qui démarre à toute vitesse. Ici, l’auteur prend le temps d’installer son univers, ses personnages, ses enjeux.

Et surtout, il construit quelque chose de plus large. On suit plusieurs trajectoires, plusieurs vies, qui semblent au départ complètement éloignées les unes des autres. Et pourtant, on sent très vite qu’un lien existe. Quelque chose de plus grand, qui les dépasse. Et ce lien, c’est ce fameux Hameau.

Le point fort dans ce roman, c’est clairement l’ambiance. Il y a quelque chose de sombre, de presque hypnotique. Forcément, j’étais intriguée.

Le Danube, qui traverse le récit, devient presque un personnage à part entière. Il relie les histoires, il transporte les secrets, il accompagne cette sensation constante de malaise diffus. On voyage beaucoup (Paris, Berlin, l’Ukraine…) mais ce n’est jamais un simple décor. Tout participe à cette atmosphère un peu trouble, presque oppressante par moments. Et ça, c’est vraiment une force du roman.

L’histoire est ambitieuse. Il y a beaucoup de choses : les destins croisés, les secrets, la guerre, la quête de vérité, la dimension historique… Et c’est à la fois ce qui fait la richesse du roman… et ce qui m’a parfois un peu perdue.

Par moments, j’ai eu cette sensation que tout était très dense, presque foisonnant. Comme si certaines idées méritaient un peu plus d’espace, ou au contraire, d’être un peu resserrées. Mais en même temps, ça participe aussi à cette impression de vertige.

Toujours est-il que j’ai beaucoup aimé les personnages. Ils sont tous marqués, abîmés, en fuite d’une certaine manière. Ils avancent avec ce qu’ils portent, avec leurs blessures, leurs questions. Et ça donne quelque chose de très humain. On ne suit pas des héros “parfaits”, mais des gens qui cherchent, qui doutent, qui essaient de comprendre. Et c’est ça qui fonctionne.

Si je devais garder un bémol, ce serait la fin.

Je ne dirais pas qu’elle est décevante… mais elle m’a laissée avec un léger sentiment d’inachevé. Comme s’il me manquait encore quelque chose. Une pièce du puzzle, ou simplement un peu plus de temps pour tout poser. Et en même temps, ça correspond aussi à l’esprit du roman.

Rien n’est totalement limpide. Mais franchement ? Je serai ravie que Niko Tackian nous offre une suite !

  • Une ambiance sombre et immersive
  • Une construction originale avec plusieurs trajectoires
  • Un roman plus profond et ambitieux qu’un thriller classique
  • Des thématiques fortes (guerre, mémoire, vérité)
  • Une plume toujours efficace
  • Un rythme plus lent que ses autres romans
  • Une intrigue parfois très dense
  • Une fin qui peut laisser un goût d’inachevé

Le Hameau n’est pas le thriller le plus immédiat de Niko Tackian.

Il demande de s’y plonger, d’accepter son rythme plus posé et sa construction plus dense. Mais une fois dedans, il installe quelque chose de particulier, une atmosphère qui reste.

Alors oui, tout ne m’a pas totalement convaincue, notamment cette sensation de foisonnement et une fin un peu rapide, mais ça n’enlève rien au fait que c’est un roman ambitieux, différent, et qui ne laisse pas indifférent.

Et finalement, c’est peut-être ça que j’en retiens le plus.


À Paris, un homme reçoit une lettre posthume du père qui l’a abandonné à la naissance.
En Ukraine, un violoniste devenu soldat fuit une guerre qui menace de le dévorer.
À Berlin, une jeune femme décide de rendre justice à sa sœur retrouvée morte dans le Danube.
Paul, Dmitri, Léna ne se connaissent pas, et pourtant leurs destins convergent à travers l’Europe, liés par le Danube et par un lieu interdit : le Hameau.

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