Ceux qui voulaient voir la mer – Clarisse Sabard

« Le passé est vivant et se rappelle constamment à nous, même si nous faisons tout pour l’oublier. Les absents s’accrochent et sont toujours présents, malgré eux. Malgré nous. »

Ceux qui voulaient voir la mer - Clarisse Sabard
En librairie depuis le 5 mars 2020 chez Charleston poche – 384 pages, 8.70€

Ceux qui voulaient voir la mer : une fresque émouvante entre passé et présent

Il y a des romans qui racontent une histoire… et d’autres qui en racontent deux, entremêlées, qui se répondent et se nourrissent l’une de l’autre. C’est exactement ce que j’aime dans les récits à double temporalité, et ce que j’ai retrouvé ici avec beaucoup de plaisir.

Deux histoires, deux époques… et une même émotion.
Il y a quelque chose qui me touche particulièrement dans les romans à double temporalité. Cette manière de faire dialoguer le passé et le présent, de montrer comment les histoires d’hier continuent de résonner aujourd’hui… c’est typiquement le genre de construction qui m’embarque presque à coup sûr. Et avec Ceux qui voulaient voir la mer, j’ai retrouvé exactement ce que j’aime dans ce type de récit.

On fait la connaissance de Lilou, une mère célibataire qui décide de quitter Paris pour s’installer à Nice avec son fils. Un nouveau départ, un changement de vie, avec tout ce que cela implique : les doutes, les rencontres, les ajustements.

J’ai beaucoup aimé son personnage. Il y a chez elle quelque chose de très doux, mais aussi une vraie force, une capacité à avancer malgré ce qu’elle porte. On s’attache facilement à elle, mais aussi à son quotidien, à ces petites choses simples qui rendent son histoire crédible et vivante.

Et puis, il y a toutes ces rencontres qui viennent enrichir son parcours. Des personnages secondaires qui apportent tour à tour de la légèreté, de l’émotion, parfois même un peu d’humour, et qui participent à cette sensation de roman très humain.

En parallèle, il y a l’histoire d’Aurore.

Une femme âgée, rencontrée presque par hasard, qui attend depuis des années le retour de l’homme qu’elle aime. Et très vite, on comprend que derrière cette attente se cache quelque chose de bien plus profond, lié à une période sombre de l’Histoire.

C’est cette partie-là qui m’a le plus touchée.

Parce qu’elle apporte une vraie intensité au récit. On plonge dans un passé marqué par la guerre, par les séparations, par les espoirs fragiles. Et même si ces thématiques sont fortes, Clarisse Sabard parvient à les aborder avec beaucoup de justesse, sans jamais alourdir le récit.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’équilibre entre ces deux temporalités.

Souvent, dans ce type de roman, il y a une partie qui prend le dessus sur l’autre. Ici, je me suis sentie aussi impliquée dans l’histoire de Lilou que dans celle d’Aurore. Le passé apporte de la profondeur, de l’émotion, presque une forme de gravité… tandis que le présent offre quelque chose de plus lumineux, de plus accessible, sans jamais paraître superficiel. Et c’est cet équilibre qui rend la lecture aussi fluide et agréable.

Il y a aussi ce rythme, très maîtrisé, qui donne envie de continuer sans s’arrêter. On avance, on s’attache, on cherche à comprendre, à relier les éléments entre eux.

Et même si certaines pistes semblent évidentes, le roman réserve suffisamment de surprises pour maintenir l’intérêt jusqu’au bout. La fin, d’ailleurs, m’a vraiment marquée. Je ne m’attendais pas exactement à cette tournure, et c’est toujours quelque chose que j’apprécie.

  • Une double temporalité parfaitement maîtrisée
  • Des personnages attachants et très humains
  • Une histoire émouvante sans être trop lourde
  • Un bon équilibre entre passé et présent
  • Une lecture fluide et immersive

Ceux qui voulaient voir la mer est exactement le genre de roman que j’aime retrouver.

Une histoire qui prend le temps de se construire, qui mêle les époques avec justesse, et qui parvient à toucher sans jamais forcer l’émotion.

C’e n’est pas un récit spectaculaire, mais c’est un récit qui a cette capacité à rester, à laisser une trace douce une fois la lecture terminée. Et c’est, à mes yeux, tout ce qui compte. Mention spéciale pour Clarisse Sabard, que j’admire énormément et dont je me réjouis de découvrir ses livres.


Quand Lilou décide de quitter Paris pour Nice avec son fils Marius, elle ne se doute pas que son arrivée dans le Sud sera plus mouvementée que prévue ! Entre ses cours de yoga un peu particuliers, sa vie de mère célibataire, son original de père et son métier d’agent de bibliothèque, la jeune femme n’a pas le temps de chômer. Pourtant, c’est avec beaucoup de douceur qu’elle discute avec Aurore, une vieille dame de 90 ans rencontrée dans le parc voisin. Aurore qui attend toutes les semaines son grand amour, Albert, parti à New York tenter sa chance après la guerre. Lilou décide alors de tout faire pour retrouver le grand amour de son amie. Mais à trop vouloir remuer le passé, c’est le présent qui va la rattraper…

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