« J’ai envie d’arrêter le temps, de le fixer à jamais sur cette image de bonheur. Pour qu’il n’y ait plus jamais de lendemains malheureux. »

Il faudrait leur dire : Carène Ponte signe l’un de ses romans le plus émouvant
D’habitude, quand j’ouvre un roman de Carène Ponte, je sais presque à l’avance que je vais rire. Ses livres ont souvent ce petit goût de comédie tendre et réconfortante qui fait du bien. Cette fois ? J’ai souri, oui… mais surtout, j’ai eu le cœur serré. Et j’ai même pas mal chouiné.
Une promesse de jeunesse… face à la vraie vie
En 1995, ils sont six amis inséparables. Ils viennent de décrocher leur bac et se trouvent dans cette période si particulière où tout semble encore possible. L’avenir paraît immense, les rêves sont nombreux et surtout, ils sont persuadés que leur amitié survivra à tout.
Alors ils se font une promesse : se retrouver tous les cinq ans, peu importe ce que la vie mettra sur leur route. Dit comme ça, cela pourrait presque sembler naïf.
Mais c’est précisément ce qui rend ce point de départ si beau. À cet âge-là, on croit sincèrement que certaines personnes feront toujours partie de notre vie. On ne mesure pas encore tout ce que les années peuvent bouleverser : les études, les carrières, les déménagements, les couples, les enfants, les deuils, les épreuves silencieuses que personne ne voit.
Carène Ponte capture avec énormément de justesse ce moment fragile où l’on quitte l’adolescence sans comprendre que tout est déjà en train de basculer. Et plus les années passent dans le roman, plus cette promesse prend une dimension bouleversante. Parce qu’on comprend rapidement que l’amour et l’amitié ne suffisent pas toujours à maintenir les liens intacts. Parfois, on s’éloigne sans dispute. Sans drame. Juste parce que la vie nous entraîne ailleurs.
Et c’est probablement ce qui m’a le plus touchée : cette représentation extrêmement réaliste des relations humaines. Le roman montre qu’on peut aimer profondément quelqu’un et pourtant ne plus savoir comment lui parler. Qu’on peut rester attaché à certaines personnes tout en devenant progressivement des étrangers.
C’est terriblement vrai.
Des personnages profondément humains et des thématiques qui touchent juste
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que Carène Ponte ne tombe jamais dans la facilité.
Chaque personnage aurait pu être résumé à une simple étiquette : le drôle du groupe, la brillante, la loyale, celui qui semble plus fragile que les autres… sauf que l’autrice prend justement le temps de montrer tout ce qui se cache derrière ces apparences.
Leurs blessures sont multiples.
Leurs failles aussi.
Et surtout, elles restent profondément humaines.
Je préfère volontairement rester floue sur certaines thématiques abordées car je trouve qu’elles gagnent à être découvertes au fil de la lecture. Mais sachez simplement que le roman évoque des sujets très actuels, parfois douloureux, avec beaucoup de pudeur et une vraie sensibilité. Rien ne m’a semblé surjoué.
Les émotions ne sont jamais forcées. Elles arrivent doucement, presque discrètement, puis elles finissent par vous attraper sans prévenir. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé.
Au fil des pages, je me suis surprise à penser à ma propre vie. À ces amitiés que l’on croyait indestructibles. À ces personnes qu’on voyait chaque jour et qu’on imaginait garder pour toujours. À ceux que le temps a doucement éloignés sans qu’il y ait forcément une raison précise.
Je pense que c’est là toute la force de ce roman : il raconte leur histoire tout en réveillant une part très personnelle chez chaque lecteur ou lectrice.
Si vous ouvrez ce roman en espérant retrouver l’humour plus léger de certains précédents titres de l’autrice, vous pourriez être surpris.
Ici, elle emprunte un chemin beaucoup plus introspectif, plus nostalgique, plus émotionnel aussi.
Et sincèrement ? J’ai adoré.
Elle prouve une nouvelle fois qu’elle sait parler de la vie dans tout ce qu’elle a de beau, de fragile et parfois de profondément injuste.
Les bonnes raisons de lire ce roman:
- Une magnifique ode à l’amitié qui évolue avec le temps
- Des personnages profondément humains
- Une vraie justesse émotionnelle
- Des thématiques fortes traitées avec délicatesse
- Beaucoup de nostalgie sans tomber dans le cliché

En bref :
Je ne m’attendais pas à être autant touchée.
Vraiment.
J’ouvre habituellement un roman de Carène Ponte avec l’envie de rire. Cette fois, elle m’a offert tout autre chose : un roman profondément humain sur le temps qui passe, les promesses qu’on fait trop jeunes pour comprendre ce qu’elles impliquent vraiment… et ces liens qui nous construisent, même lorsqu’ils changent de forme.
Une très belle lecture, tout en douceur et en émotion.
4ème de couverture :
Six amis viennent d’avoir leur bac. Lors de leur dernière soirée ensemble, ils se font la promesse de se revoir, quoiqu’il arrive, tous les cinq ans. Ils vont tenir cette promesse, mais rien ne sera simple, parce que la vie ne l’est pas… Une histoire d’amitié à l’épreuve du temps et de la vie.