« Elle redoutait le sommeil, ce monde d’épouvante désormais indissociable de ses rêves. »

L’Autre moi : avis sur un thriller psychologique glaçant
Je crois qu’il y a officiellement deux types de livres chez Franck Thilliez : ceux qui nous captivent et ceux qui nous empêchent carrément de dormir.
Pour L’Autre moi, on est, à mes yeux, dans la deuxième catégorie.
Encore une fois, il réussit ce mélange complètement addictif entre thriller psychologique, neurosciences, faux-semblants et ambiance anxiogène. Le genre de roman où l’on se dit “allez, encore un chapitre » jusqu’à réaliser qu’on a les yeux qui piquent.
Un thriller qui joue avec notre cerveau
Ce que j’ai toujours aimé chez Franck Thilliez, c’est cette capacité à prendre un sujet scientifique complexe et à le rendre à la fois fascinant, terrifiant et abordable.
Ici, il plonge dans les neurosciences, les troubles du sommeil, la mémoire, les rêves lucides et toutes ces zones floues où notre cerveau devient lui-même une menace. C’est glaçant.
Sibylle, marquée par un terrible accident qui lui a coûté son enfant ainsi qu’une partie de son visage, souffre d’amnésie post-traumatique. Ses nuits sont peuplées de cauchemars si réalistes qu’elle finit par ne plus distinguer ce qui relève du rêve ou du réel.
Des blessures apparaissent. Des souvenirs lui échappent. Son propre esprit devient un piège.
Et nous, lecteurs et lectrices, on plonge avec elle dans cette spirale mentale complètement oppressante.
Aussi, il est impossible de ne pas parler de Longepin.
Cette enclave scientifique perdue au cœur de la Grande Chartreuse est presque un personnage à part entière.
Un lieu ultra-surveillé, coupé du monde, entouré de forêt, où militaires et scientifiques travaillent sur des projets classés secret-défense. Tout y semble étrange. Contrôlé. Fermé.
Franck Thilliez construit une ambiance de huis clos forestier absolument redoutable.
Plus les pages avancent, plus on ressent cette sensation d’étouffement. Cette impression que quelque chose ne tourne pas rond derrière les murs de ce centre scientifique.
Et vivant à Grenoble, toute cette partie-là a eu un impact encore plus fort sur moi. Les lieux, les références à la région, cette atmosphère si particulière de la Chartreuse, tout cela m’est extrêmement familier. J’avais presque l’impression de pouvoir situer certains décors en lisant bien que ceux-ci ne soient jamais précis.
Cette proximité avec l’environnement du roman a clairement renforcé mon immersion et rendu l’ensemble encore plus oppressant et crédible à mes yeux. Cette ambiance m’a totalement happée et convaincue.
Deux intrigues, une tension permanente
Comme souvent avec Thilliez, tout est extrêmement bien construit.
D’un côté, on suit Sibylle, ses cauchemars, ses pertes de mémoire et cette réalité qui semble se fissurer un peu plus à chaque chapitre.
De l’autre, deux flics de la crime grenoblois, Vic et Vadim, qui enquêtent sur un meurtre particulièrement violent.
Au départ, les deux récits semblent totalement séparés. Puis, petit à petit, l’auteur commence à resserrer les fils avec une précision diabolique.
Et c’est là toute la force du roman : nous faire douter constamment.
De tout.
Des personnages.
Des souvenirs.
Des rêves.
De ce qu’on pense avoir compris.
Franck Thilliez adore manipuler ses lecteurs et ici, il s’amuse clairement avec nos nerfs.
L’Autre moi fait partie de ces thrillers où chaque fin de chapitre devient un piège.
Toujours une nouvelle révélation. Toujours un doute supplémentaire. Toujours une pièce du puzzle qui semble enfin s’emboîter avant qu’un nouveau retournement ne vienne tout faire exploser.
Et même quand on pense avoir compris, il trouve encore le moyen de nous surprendre.
C’est brillant. Retors. Addictif. Et surtout extrêmement maîtrisé.
Bonnes raisons de lire L’Autre moi :
- Pour l’ambiance oppressante et ultra immersive
- Pour les thèmes autour du cerveau, des rêves et de la mémoire
- Pour la mécanique psychologique extrêmement efficace
- Pour les multiples fausses pistes et retournements
- Pour Sibylle, héroïne fragile et profondément humaine
- Pour ce mélange parfait entre thriller scientifique et thriller psychologique
- Parce que Thilliez maîtrise toujours aussi bien l’art de nous manipuler
Mon ressenti :
Franck Thilliez fait partie de ces auteurs qui réussissent toujours à me captiver, mais ici il m’a complètement embarquée dans son labyrinthe mental.
J’ai adoré cette sensation permanente de ne plus savoir à quoi me fier. Cette frontière floue entre rêve et réalité. Cette tension psychologique qui monte progressivement jusqu’aux dernières pages.
Et surtout, cette impression d’être manipulée du début à la fin sans jamais réussir à décrocher.

En bref :
Avec L’Autre moi, l’auteur signe un thriller psychologique redoutablement efficace, oppressant et intelligent.
Entre neurosciences, mémoire défaillante, cauchemars et manipulation mentale, l’auteur nous entraîne dans un véritable piège psychologique dont il devient impossible de sortir.
Et comme souvent avec lui, on referme le livre avec le cerveau complètement retourné.
Petite aparté : Le 5 mai dernier, j’ai eu la chance d’être invitée à un tea time privilégié avec Franck Thilliez, organisé par la FNAC. Un moment aussi passionnant que chaleureux, durant lequel nous avons pu échanger autour de ses romans, de son travail d’écriture, de ses inspirations mais aussi de beaucoup d’autres sujets. C’était vraiment chouette de découvrir l’auteur derrière les thrillers et de partager ce moment hors du temps avec quelqu’un dont j’admire énormément le travail.
4ème de couverture :
Ici, le cauchemar commence.
Longepin. Un endroit niché au cœur de la forêt de la Grande Chartreuse. Un site sur lequel militaires et civils travaillent à des projets classés secret-défense. Un cadre de vie d’exception, mais ultra-surveillé et régi par des règles étranges.
Sibylle vient d’arriver avec son compagnon, Erwann. Docteur en neurosciences, celui-ci a vu la possibilité d’intégrer cette communauté comme la chance de sa carrière. Comme un espoir, aussi, que là-bas des confrères parviennent à aider celle qu’il aime.
Car Sibylle, depuis l’accident qui a coûté la vie à son enfant et lui a valu une douloureuse reconstruction du visage, n’est plus la même. Elle souffre d’une amnésie post-traumatique et est sujette à des cauchemars aussi intenses que troublants, au point de ne plus toujours savoir distinguer le rêve de la réalité…