« Sois toi-même, ne triche pas, ne t’oblige pas à faire ce qu’on attend de toi pour plaire aux autres, emprunte ton propre chemin, va au bout de tes envies. »

L’été où une vie a basculé
Chers lecteurs et chères lectrices,
Je ne savais pas vraiment où Philippe Besson allait m’emmener avec ce roman. D’autant plus que c’est le premier que je lis de lui. Je savais simplement qu’il serait question d’un secret de famille et qu’une partie de l’histoire se déroulerait en Toscane, durant l’été 1964. C’était finalement bien peu pour imaginer tout ce que ce récit allait soulever.
Très vite, j’ai eu l’impression d’être installée dans cette vieille Peugeot 404, en direction de l’Italie. La chaleur écrasante, les cyprès qui bordent les routes, les villages perchés, les repas qui donnent envie… Philippe Besson plante son décor avec une grande simplicité et, en quelques pages, on s’y croit complètement.
Mais cette Toscane lumineuse n’est finalement que le décor d’un immense bouleversement.
Car derrière ces vacances familiales presque ordinaires se cache une histoire qui va faire voler en éclats tout ce que chacun croyait savoir.
J’ai vraiment aimé la manière dont Philippe Besson construit son récit. Il ne raconte pas seulement ce qui s’est passé durant cet été. Il cherche à comprendre.
Comme beaucoup d’entre nous l’auraient fait, il remonte le fil de son histoire familiale, rassemble des souvenirs, des silences, quelques photographies et tente de redonner une place à un homme dont le nom semblait avoir disparu de la mémoire familiale.
Cette démarche apporte énormément d’émotion au roman. On sent que ce livre dépasse largement la simple fiction.
Il y a cette volonté de comprendre un grand-père qu’il n’a pas connu, mais aussi celle de réparer, d’une certaine manière, un silence transmis pendant des décennies.
Et puis il y a Paul.
Impossible de rester indifférente face à lui.
J’ai ressenti beaucoup de tendresse pour cet homme qui découvre, presque malgré lui, une partie de lui-même qu’il n’avait jamais osé regarder en face. Philippe Besson ne cherche jamais à le transformer en héros ou en victime. Il raconte simplement ce moment où une rencontre vient bouleverser une vie entière. Et c’est, je pense, ce qui m’a le plus touchée.
Parce qu’au fond, Une pension en Italie parle moins d’homosexualité que de liberté. De cette liberté d’être enfin soi-même. De ce que certaines générations ont dû sacrifier pour préserver les apparences. De tous ces choix impossibles qu’imposait une époque où aimer la mauvaise personne pouvait suffire à faire basculer une existence. J’ai également beaucoup aimé que l’auteur ne juge jamais aucun de ses personnages.
Ni Paul.
Ni Gaby.
Ni Suzanne.
Ni même ceux qui, par peur ou par incompréhension, ont préféré enfouir cette histoire plutôt que de l’affronter.
Il montre simplement les conséquences des silences, des non-dits et des vérités que l’on croit protéger en les cachant. Et ce sont parfois ces blessures invisibles qui traversent le plus les générations. Sa plume est sobre.
Jamais démonstrative. Elle laisse beaucoup de place aux émotions du lecteur sans chercher à les provoquer artificiellement. C’est cette retenue qui rend certains passages aussi bouleversants.
J’ai refermé ce livre avec beaucoup de questions.
Pas sur le destin de Paul.
Mais sur tous ces hommes et toutes ces femmes qui, pendant des décennies, n’ont jamais eu la possibilité de vivre pleinement la vie qu’ils auraient choisie.
Cette histoire se déroule en 1964.
Et pourtant, elle continue de résonner profondément aujourd’hui.
Bonnes raisons de lire ce livre :
- Pour découvrir Philippe Besson tout en délicatesse.
- Pour la beauté des paysages italiens qui imprègnent le récit.
- Pour une enquête familiale aussi intime que touchante.
- Pour la justesse avec laquelle sont racontés les non-dits.
- Pour un personnage principal profondément humain.
- Pour réfléchir au poids des conventions sociales.
- Pour une écriture élégante, sensible et pudique.
- Pour une histoire inspirée de la propre famille de l’auteur.
- Pour les émotions qu’elle fait naître sans jamais forcer les choses.
- Parce que certains secrets continuent de vivre longtemps après ceux qui les ont portés.

En bref :
Une pension en Italie est un roman délicat, profondément humain et porté par une immense pudeur. Philippe Besson y raconte une histoire familiale, mais surtout les ravages que peuvent provoquer le silence, les conventions sociales et l’impossibilité d’être pleinement soi. Derrière la douceur des paysages toscans se cache un récit d’une grande mélancolie, qui interroge autant qu’il émeut. Un roman qui se lit avec le cœur autant qu’avec les yeux.
4ème de couverture :
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s’impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison .
Oui une belle façon de rappeler que rien n’est jamais vraiment acquis et que tout est un combat à faire !
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Oui, clairement…
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