Panorama – Lila Hassaine

« Le récit des morts, le récit des vivants, le monde est romanesque et les livres sont vrais. C’est peut-être pour cela que j’aime tant la fiction. Parce qu’elle ne ment jamais. »

Panorama de Lila Hassaine
En librairie depuis le 6 février 2025 chez Folio – 256 pages, €8.60

Une idée brillante qui méritait, selon moi, d’aller encore plus loin

Chers lecteurs, chères lectrices,

J’avais très envie d’aimer ce roman. Pas seulement parce qu’il fait beaucoup parler de lui, mais surtout parce que son point de départ me semblait incroyablement prometteur.

Une société où la transparence est devenue la norme. Des maisons entièrement vitrées. Une intimité quasiment inexistante. Des voisins qui veillent les uns sur les autres au nom de la sécurité. À peine avais-je découvert cette idée que je me suis dit qu’elle pouvait donner naissance à une dystopie marquante. Et, encore aujourd’hui, je continue de penser que cette idée est brillante.

Elle interroge notre rapport à la vie privée, au contrôle, à la surveillance, aux réseaux sociaux et à cette étrange habitude que nous avons développée de tout montrer. Plus j’y réfléchis, plus je trouve ce concept pertinent. Il fait écho à notre époque tout en poussant certains de ses travers à l’extrême. C’est précisément pour cela que ma lecture me laisse un goût un peu particulier. Parce que si j’ai été séduite par le concept, je ne l’ai jamais été par le roman lui-même. Pendant toute ma lecture, je suis restée spectatrice.

Je suivais l’enquête, je découvrais progressivement le fonctionnement de cette société, mais je n’ai jamais ressenti cette curiosité qui me pousse habituellement à vouloir tourner les pages encore et encore. J’avais davantage envie d’en apprendre plus sur ce monde imaginé par Lilia Hassaine que de découvrir l’issue de l’enquête. J’aurais aimé que cette société soit davantage explorée.

J’avais envie de ressentir le poids de cette transparence permanente, l’inconfort de vivre constamment sous le regard des autres, les dérives de ce système. Ces éléments sont bien présents, mais ils restent, selon moi, trop en retrait par rapport à tout le potentiel qu’ils avaient.

Les personnages n’ont malheureusement pas réussi à combler ce manque. Je suis restée à distance d’eux du début à la fin. Je ne me suis attachée ni à Hélène, ni aux autres protagonistes. Je les ai suivis sans jamais ressentir ce petit déclic émotionnel qui transforme une lecture en véritable expérience. C’est assez rare pour moi, mais même l’enquête ne m’a pas particulièrement tenue en haleine. Je voulais comprendre le fonctionnement de cette société.

L’enquête, elle, m’a semblé presque secondaire. Pourtant, je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. Le roman est court, le style est fluide et la plume de Lilia Hassaine possède une sobriété qui correspond parfaitement à cet univers aseptisé. Tout paraît maîtrisé, presque froid, comme si cette écriture reflétait elle aussi cette société où tout est sous contrôle. Mais cette même distance m’a empêchée de ressentir quoi que ce soit.

En refermant Panorama, je n’étais ni bouleversée, ni surprise, ni véritablement marquée. Et c’est finalement ce qui m’a le plus frustrée. Parce que je continue à penser que ce roman avait tout pour devenir une lecture mémorable.

L’idée est excellente.

Le message est intelligent.

Les questions qu’il soulève sont passionnantes.

Mais l’histoire, elle, ne m’a jamais réellement emportée.

C’est donc une lecture que je ne regrette pas d’avoir découverte, mais qui, je le sais déjà, ne laissera probablement pas une empreinte durable dans ma mémoire. Et c’est sans doute le plus grand paradoxe de Panorama : je me souviendrai davantage de son concept que de ce qu’il raconte.

  • Pour son concept de société transparente, aussi original que dérangeant.
  • Pour les réflexions qu’il propose sur la vie privée, la surveillance et notre rapport aux réseaux sociaux.
  • Pour une plume élégante, sobre et parfaitement en accord avec l’univers.
  • Parce qu’il se lit rapidement.
  • Pour une dystopie qui nourrit la réflexion bien après la lecture.
  • Si vous recherchez une enquête captivante, vous risquez de rester sur votre faim.
  • Les personnages peuvent sembler difficiles à apprivoiser et manquer de relief émotionnel.
  • L’univers imaginé aurait mérité d’être davantage développé tant il est riche.
  • Si vous avez besoin de ressentir un fort attachement aux personnages pour aimer un roman, cette lecture pourrait vous laisser à distance.

Je referme Panorama avec une impression contrastée.

J’admire profondément l’idée imaginée par Lilia Hassaine et je trouve la réflexion qu’elle propose particulièrement pertinente. Pourtant, je suis restée extérieure à cette histoire du début à la fin. Ni les personnages, ni l’enquête n’ont réussi à susciter chez moi les émotions que j’espérais.

Ce n’est pas une déception, car le roman possède de réelles qualités. En revanche, ce n’est pas une lecture qui me poursuivra longtemps.

Et c’est peut-être ce qui me frustre le plus : avoir trouvé le point de départ brillant sans jamais ressentir toute la force qu’il promettait.


« C’était il y a tout juste un an.
Une famille a disparu, là où personne ne disparaissait jamais.
On m’a chargée de l’enquête, et ce que j’ai découvert au fil des semaines a ébranlé toutes mes certitudes. Il ne s’agissait pas d’un simple fait-divers, mais d’un drame attendu, d’un mal qui irradiait tout un quartier, toute une ville, tout un pays, l’expression soudaine d’une violence qu’on croyait endormie. »
Hélène, ex-commissaire de police, reprend du service pour retrouver un couple et leur petit garçon, Milo. Elle rencontre les dernières personnes à avoir été en contact avec eux. Depuis que la France a basculé dans l’ère de la Transparence, ces hommes et ces femmes vivent dans un monde harmonieux, libéré du mal, où chacun évolue sous le regard protecteur de ses voisins. Mais au cours de son enquête, Hélène va dévoiler une vérité aussi surprenante que terrifiante.
À travers cette contre-utopie, c’est le monde d’aujourd’hui que l’auteur interroge. Ce roman haletant montre des êtres en proie à leurs pulsions et à leurs fêlures derrière leur apparente perfection.

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