« Il y a deux façons de répandre la lumière : être la bougie ou le miroir qui la reflète. »

Bienvenue à Eversand, mais êtes-vous certains de vouloir y entrer ?
Chers lecteurs, chères lectrices,
Vous commencez à connaître l’histoire : encore un livre que je regardais beaucoup trop souvent depuis mon rayon.
Les Mystères d’Eversand me faisait de l’œil depuis un bon moment. Et quand je dis beaucoup, c’est vraiment beaucoup.
Je passais devant tous les jours. Je regardais les couvertures, le format, je relisais le résumé. Je repartais. Puis je revenais.
Bref, vous vous doutez bien de la suite : j’ai craqué.
Je n’avais pourtant encore jamais lu Victor Dixen. Je connaissais évidemment son nom et plusieurs de ses sagas, mais La Suivante est ma toute première rencontre avec sa plume.
Et quelle agréable surprise.
Birdie Baker, nouvelle venue à Eversand
Birdie Baker est étudiante et surtout fauchée lorsqu’elle tombe sur une offre d’emploi pour le moins inhabituelle : une riche famille recherche une suivante pour tenir compagnie à une vieille dame.
La rémunération est particulièrement intéressante.
Le lieu beaucoup moins ordinaire.
Birdie débarque ainsi à Eversand, une presqu’île du Rhode Island où vit la richissime et très secrète famille Rosemore.
Et très rapidement, quelque chose cloche.
Eversand semble coupée du reste du monde. La famille possède ses règles, ses habitudes et une manière de vivre qui semble appartenir à une autre époque. Le personnel est soumis à une hiérarchie stricte. La nature elle-même ne paraît pas fonctionner normalement.
Et Birdie comprend progressivement que celles qui l’ont précédée n’ont peut-être pas simplement quitté leur emploi.
À partir de là, une question ne m’a pratiquement plus quittée : qu’est-ce qui se passe à Eversand ?
Celle qui sait, vraiment ?
Je dois quand même avouer que j’ai été assez déroutée au début et je vais vous dire pourquoi.
Je venais de lire Celle qui sait de Riley Sager et, pendant les premiers chapitres, impossible de ne pas y penser.
Une jeune femme arrive dans une immense propriété appartenant à une riche famille entourée de secrets. Elle est engagée pour s’occuper d’une vieille femme. La demeure semble dissimuler beaucoup de choses et on comprend rapidement que la personne qui occupait le poste auparavant a une importance dans l’histoire.
Forcément, mon cerveau faisait les rapprochements tout seul.
Les deux romans prennent ensuite des directions très différentes et cette impression a fini par disparaître. Mais il m’a fallu quelques chapitres pour réussir à laisser complètement Celle qui sait derrière moi et entrer véritablement dans Eversand.
Et une fois que ça a été fait, j’y suis entrée pour de bon.
Surnaturel ? Pas surnaturel ?
Victor Dixen nous laisse constamment dans le doute.
Il se passe des choses étranges à Eversand. Vraiment étranges. Mais suffisamment ambiguës pour que l’on puisse encore chercher une explication rationnelle.
La végétation, le climat, certains comportements, les souvenirs qui semblent parfois défaillants, les histoires autour de la famille Rosemore : tout contribue à cette sensation que quelque chose ne tourne vraiment pas rond.
Mais quoi ? Est-ce fantastique ? Est-ce une immense manipulation ? Est-ce Birdie qui interprète mal ce qu’elle voit ? Est-ce nous qui cherchons du surnaturel là où il n’y en a peut-être pas ? J’ai aimé naviguer dans cette incertitude.
Victor Dixen donne quelques éléments, apporte parfois une réponse et, presque immédiatement, fait naître trois nouvelles questions. Forcément, je voulais comprendre.
Eversand est probablement mon personnage préféré
Parce qu’au-delà de Birdie et des Rosemore, il y a surtout Eversand.
Et pour moi, c’est un personnage à part entière. Ce n’est pas simplement le décor dans lequel Victor Dixen a décidé d’installer son intrigue.
La presqu’île semble vivante.
Elle possède son propre climat, ses règles, son histoire, ses secrets. Elle est difficile d’accès et donne rapidement l’impression qu’il sera encore plus difficile d’en repartir.
Tout participe à cette sensation d’enfermement : le manoir, les grilles, la forêt, la mer, les marées, les passages, la hiérarchie du personnel.
On entre dans Eversand comme Birdie. Avec curiosité. On regarde. On trouve l’endroit fascinant. Puis quelque chose commence doucement à nous mettre mal à l’aise.
Eversand est magnifique, mais on sent constamment que quelque chose se cache derrière cette beauté.
Et plus Birdie cherche à comprendre, plus le domaine semble se refermer autour d’elle. C’est le genre d’ambiance que j’aime.
J’ai également beaucoup aimé les personnages en général.
Birdie évidemment, parce que nous découvrons tout avec elle. Elle arrive sans connaître les codes de cet univers et devient finalement notre point d’ancrage dans un endroit où absolument tout semble étrange.
Mais il y a également Bellamira Rosemore, cette vieille femme dont Birdie doit devenir la suivante et autour de laquelle plane déjà tout un mystère.
Et puis Ronan, le garçon d’écurie, Carlita, l’infirmière, Alice, Hazel-Moon et tous ceux qui gravitent autour des Rosemore. Sans oublier les Rosemore eux-mêmes.
Cette famille est une énigme à elle seule. Qui sait quoi Qui ment ? Qui est réellement prisonnier d’Eversand ?À qui Birdie peut-elle faire confiance ?
J’ai changé plusieurs fois d’avis sur certains personnages et j’aime énormément quand un roman me pousse à observer les moindres comportements en me demandant s’ils cachent quelque chose.
Parce qu’à Eversand, même une phrase qui semble parfaitement anodine peut soudain prendre une autre signification quelques chapitres plus tard.
Ma première rencontre avec Victor Dixen
Je comprends mieux pourquoi Victor Dixen possède autant de lecteurs fidèles.
Son écriture est très visuelle et surtout vraiment efficace pour installer une ambiance.
Il prend le temps de construire son décor, de poser ses personnages et de disséminer les éléments étranges sans immédiatement nous expliquer ce qu’ils signifient.
J’ai peut-être eu besoin de quelques chapitres pour trouver mes repères, mais ensuite, j’ai complètement accepté de me laisser balader. Parce que c’est exactement ce que fait ce premier tome.
Il nous donne suffisamment de réponses pour ne pas nous frustrer complètement, mais conserve énormément de zones d’ombre.
Et chaque fois que je pensais commencer à comprendre Eversand, quelque chose venait remettre mes certitudes en question.
La Suivante reste un tome d’installation.
Victor Dixen pose les bases d’une saga beaucoup plus vaste et on referme ce premier volet avec énormément de questions encore sans réponse.
Mais contrairement à certains premiers tomes qui donnent simplement l’impression d’avoir lu une longue introduction, j’ai trouvé celui-ci suffisamment riche pour fonctionner seul tout en donnant furieusement envie de poursuivre.
Et la preuve est assez simple. J’ai terminé La Suivante et j’ai directement commencé la suite. Pas de pause. Pas d’autre livre entre les deux. Je voulais retourner à Eversand. Je voulais des réponses.
Et surtout, je voulais savoir si tout ce que je pensais avoir compris était complètement faux.
Mission réussie, Victor Dixen.
Les bonnes raisons de lire La Suivante
- L’atmosphère mystérieuse et légèrement gothique.
- Le doute permanent entre rationnel et surnaturel.
- Eversand, véritable personnage à part entière.
- La famille Rosemore et tous les secrets qui l’entourent.
- Une héroïne qui découvre cet univers en même temps que nous.
- Une galerie de personnages dont on ne sait jamais vraiment lesquels sont dignes de confiance.
- Une plume très visuelle et addictive.
- Des indices et des étrangetés distillés progressivement.
- Un premier tome qui donne immédiatement envie d’enchaîner avec le suivant.

En bref :
J’aurai donc résisté un certain nombre de jours avant de finalement céder à ces livres que je regardais depuis mon rayon.
Et finalement, j’ai bien fait de craquer.
La Suivante aura été ma première rencontre avec Victor Dixen et certainement pas la dernière.
J’ai aimé sa plume, son intrigue, ses personnages, mais surtout cette ambiance très particulière qu’il réussit à créer autour d’Eversand.
Parce qu’au fond, c’est probablement Eversand qui m’a le plus fascinée.
Cette presqu’île magnifique et inquiétante, hors du temps, où tout semble possible sans que l’on sache encore ce qui relève réellement du surnaturel.
J’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation, notamment parce que mon cerveau s’obstinait au départ à faire des rapprochements avec Celle qui sait. Puis Eversand a imposé sa propre identité.
Et après ça, impossible de ne pas vouloir comprendre.
Je suis entrée à Eversand avec Birdie.
Et visiblement, je n’étais pas encore prête à en ressortir puisque j’ai directement ouvert le tome suivant.
Pour une saga que je regardais simplement du coin de l’œil depuis quelques semaines, je crois que le message est assez clair : j’ai été attrapée.
4ème de couverture :
Maudits soient ceux qui poussent les grilles d’Eversand !
Birdie Baker, étudiante sans le sou, tombe sur une offre d’emploi de » suivante » pour une vieille dame habitant l’État de Rhode Island. En plein janvier, elle débarque à Eversand, presqu’île au charme suranné où semble régner un printemps perpétuel : c’est le fief des Rosemore, très puissante et très secrète dynastie de la old money américaine.
Birdie n’a peut-être pas seulement été recrutée pour servir de demoiselle de compagnie, mais aussi pour devenir la » suivante sur la liste » : la dernière d’une longue lignée de jeunes femmes attirées au manoir comme des papillons dans une plante carnivore. En répondant à la petite annonce, a-t-elle signé son arrêt de mort ?