« Einstein a dit: « Les faibles se vengent. Les forts pardonnent. Les plus intelligents ignorent ». Je m’en fous. Einstein n’avait pas toujours raison. « La vengeance est un plat qui se mange froid… » Et là, je suis d’accord à cent pour cent. »

Une tueuse en série amoureuse d’un profiler du FBI
Je n’avais absolument pas prévu de lire Mindf*ck. Les couvertures ne m’attiraient pas du tout et son classement en dark romance avait plutôt tendance à me faire fuir. Ce n’est pas un genre que j’apprécie et, pour être franche, j’avais déjà quelques préjugés sur cette série avant même de l’avoir ouverte.
Puis j’ai commencé à voir passer des avis sur les réseaux sociaux. Ma curiosité s’est éveillée, sans que je sois encore totalement convaincue. Jusqu’à cette conversation avec une cliente à la librairie qui a fini par me persuader de tenter l’expérience.
Et puisque j’avais décidé de me lancer, autant le faire jusqu’au bout ! Je ne suis pas repartie avec le premier tome pour voir si l’histoire me plaisait. Non, non. J’ai directement acheté les cinq. Aujourd’hui, après 1 568 pages avalées à une vitesse assez impressionnante, je suis vraiment contente d’avoir mis mes préjugés de côté. Parce que j’ai passé un excellent moment avec cette série !
Le point de départ :
Lana Myers mène une double vie. Derrière l’image d’une jeune femme ordinaire se cache une tueuse en série particulièrement méthodique, qui traque les hommes responsables d’événements atroces survenus dix ans plus tôt. Elle a préparé sa vengeance avec une précision redoutable et entend bien aller jusqu’au bout.
Seulement, sa rencontre avec Logan Bennett vient compliquer les choses.
Logan est profiler au FBI. Il consacre sa vie à traquer les criminels, notamment les tueurs en série. Et, évidemment, il ignore complètement que la femme dont il tombe amoureux est précisément celle que ses collègues et lui cherchent à identifier. Oui, dit comme ça, le point de départ peut sembler un peu cliché. Une tueuse en série et un agent du FBI qui tombent amoureux, on peut légitimement lever les yeux au ciel.
Pourtant, j’ai trouvé cette idée particulièrement efficace, notamment parce que nous suivons l’histoire à travers leurs deux regards. Nous connaissons les secrets de Lana, nous comprenons les raisonnements de Logan et nous assistons à cette relation en sachant qu’elle repose sur un mensonge absolument énorme. Ce décalage entretient une tension constante. On se demande forcément combien de temps Lana pourra continuer à lui cacher la vérité et ce qui se passera lorsque Logan commencera à assembler les pièces du puzzle.
Dark romance ? Pas vraiment à mes yeux
C’est probablement le point sur lequel mon avis diffère le plus de la classification habituelle de la série. Personnellement, je n’ai pas eu l’impression de lire une dark romance. J’ai surtout découvert une histoire de vengeance extrêmement noire, qui aurait tout à fait sa place parmi certains thrillers particulièrement violents.
La romance existe, bien sûr, et elle occupe une place importante dans l’intrigue. Mais ce n’est pas elle qui m’a donné envie de poursuivre ma lecture. C’est avant tout le parcours de Lana, son passé et cette vengeance qu’elle prépare depuis des années.
Attention, je ne cherche absolument pas à minimiser ses actes. Lana tue, torture et franchit des limites qu’aucune souffrance ne peut automatiquement justifier. Mais lorsque l’on découvre progressivement ce qui lui est arrivé, il devient difficile de ne pas comprendre au moins une partie de sa colère. Et c’est là que l’histoire devient intéressante.
S. T. Abby nous confronte à des questions morales assez inconfortables. Peut-on comprendre une vengeance sans l’approuver ? Que reste-t-il de la justice lorsque ceux qui auraient dû protéger les victimes ont failli ? Et jusqu’où notre empathie peut-elle aller pour une personne qui commet elle-même des actes monstrueux ?
J’ai aimé cette ambiguïté, même si je comprends parfaitement que certains lecteurs puissent être dérangés par la violence du récit ou par la place qu’il accorde à la vengeance.
Lana et Logan, deux personnages auxquels je me suis attachée
Vous le savez, l’attachement aux personnages compte énormément pour moi. Et sur ce point, Mindf*ck a parfaitement fonctionné.
Lana est un personnage complexe, construit autour d’un traumatisme qui a profondément bouleversé sa vie. Elle peut se montrer froide, calculatrice et impitoyable, mais elle possède aussi une sensibilité que l’on découvre dans ses relations avec les personnes auxquelles elle tient.
Logan, de son côté, représente presque son opposé. Il croit en la justice, aux enquêtes et à la nécessité d’arrêter ceux qui font du mal aux autres. Sa relation avec Lana le place donc, sans qu’il le sache, au cœur d’une contradiction qui pourrait faire voler en éclats toutes ses convictions.
J’ai apprécié que l’autrice développe leur psychologie et ne se contente pas de les réduire à leurs rôles respectifs de tueuse et d’enquêteur. Leur relation apporte une dimension supplémentaire à l’histoire, notamment parce que l’on comprend à quel point la vérité pourrait les détruire.
Et puis, il faut bien reconnaître que je me suis prise au jeu. J’avais envie de savoir comment ils allaient s’en sortir, ce qu’ils allaient découvrir et jusqu’où chacun serait capable d’aller.
Une écriture simple, mais une série terriblement addictive
Je ne vais pas vous présenter Mindf*ck comme une prouesse stylistique. L’écriture de S. T. Abby est simple, parfois même assez directe, et ce n’est clairement pas la beauté de sa prose qui m’a marquée.
En revanche, son efficacité narrative est difficile à nier.
Les chapitres s’enchaînent, les révélations arrivent régulièrement et chaque tome donne immédiatement envie d’ouvrir le suivant. L’enquête progresse, le passé de Lana se dévoile et les conséquences de ses actes deviennent de plus en plus difficiles à anticiper.
Les cinq volumes forment finalement une seule grande intrigue, ce qui explique aussi pourquoi j’ai préféré leur consacrer une chronique commune. Les séparer aurait eu assez peu d’intérêt à mes yeux, tant ils se complètent et se lisent dans une véritable continuité.
On se doute bien que l’autrice ne nous entraîne pas vers une fin entièrement désespérée. Mais cela ne m’a pas empêchée de vouloir connaître le dénouement, ni de tourner les pages avec une curiosité grandissante.
Et c’est assez amusant de constater qu’une série que je ne voulais même pas commencer a finalement réussi à me faire dévorer plus de 1 500 pages !
Une histoire qui prend une autre dimension lorsqu’on connaît le destin de son autrice
J’ai également découvert que S. T. Abby, de son vrai nom C. M. Owens, était décédée en 2021, à seulement 37 ans, dans des circonstances tragiques.
Difficile de ne pas penser à cette disparition lorsque l’on lit une œuvre aussi profondément marquée par les violences faites aux femmes, les traumatismes et le désir de justice.
Je ne veux pas pour autant confondre la fiction et la vie de son autrice, ni chercher dans son histoire personnelle une explication à tous les choix de son roman. Mais cette connaissance apporte inévitablement une émotion supplémentaire à la lecture. Et elle rappelle aussi que derrière cette série devenue si populaire, il y avait une femme, une imagination et une voix qui nous ont quittés beaucoup trop tôt.
Les bonnes raisons de lire Mindf*ck :
- Pour une histoire de vengeance particulièrement noire, qui interroge notre rapport à la justice et à la morale.
- Pour Lana et Logan, deux personnages attachants dont les convictions et les secrets rendent la relation passionnante à suivre.
- Pour l’alternance des points de vue, qui permet de découvrir l’enquête à la fois du côté de la criminelle et de celui du FBI.
- Pour son rythme addictif : les cinq tomes se dévorent avec une facilité déconcertante.
- Pour découvrir une série qui mélange thriller, romance et suspense sans que la relation amoureuse prenne nécessairement toute la place.
- Pour une intrigue complète dont on peut découvrir le dénouement sans attendre la publication d’une suite.

En bref :
Je crois que Mindf*ck est l’exemple parfait d’une lecture que j’aurais pu manquer simplement parce que je m’étais arrêtée à ses couvertures et à son étiquette de dark romance.
J’ai eu raison d’écouter cette cliente qui m’a poussée à franchir le pas !
Alors oui, l’écriture est simple, le point de départ romantique repose sur une situation assez improbable et certains aspects de l’histoire demandent de se laisser porter sans chercher un réalisme absolu. Mais j’ai aimé les personnages, leur psychologie, la construction de cette vengeance et surtout cette envie permanente de connaître la suite.
Je ne prétendrai pas non plus que cette histoire conviendra à tout le monde. La violence est importante et certains sujets abordés sont particulièrement difficiles. Il vaut mieux le savoir avant de commencer.
Pour ma part, j’ai passé un super moment avec ces cinq tomes. Je les ai dévorés, j’ai pris plaisir à suivre Lana et Logan et je suis ravie d’avoir découvert cette série que je pensais, à tort, ne pas aimer.
Comme quoi, même après des années de lecture, je peux encore être surprise par mes propres préjugés.
Et vous, avez-vous déjà adoré un livre ou une série que vous étiez pourtant persuadés de ne pas aimer ?
4ème de couverture :
Le point de départ :
Dix ans après avoir été laissée pour morte, Lana traque, torture et élimine un par un les criminels responsables de son traumatisme. Ses actes font d’elle une tueuse en série recherchée par les autorités. Le destin bascule lorsqu’elle fait la rencontre de Logan Bennett dans un café, profiler au FBI dont elle tombe amoureuse.