Juste après la vague – Sandrine Collette

 » À l’aube suivante, où que porte leur regard, il glissait sur une étendue grise, bleue ou verte, des herbes perçant la surface là où il n’y avait sans doute qu’un pied ou deux de profondeur – rien sur le reste. De l’eau à croire que l’on était en pleine mer, et c’était devenu une mer en effet, avec de rares îles qui émergeaient encore, là où, quelques heures plus tôt, se tenait le monde. « 

De l’eau. Partout. Depuis qu’un volcan s’est effondré, une vague titanesque a déferlé et a avalé tout ce qui se trouve sur son passage. Seule la petite colline où vit une grande famille (9 enfants ça commence à faire un beau panel de chérubins!) a été épargné.
La mer à perte de vue, le village a été englouti. Pata et Maddie se sentent démunis. Ils attendent, l’eau va forcément redescendre, c’est toujours comme ça non?
Avec leur ribambelle d’enfant (entre 1 et 15 ans), ils espèrent. Ils s’organisent pour les vivres, se rationnent. Ils tentent de les/se rassurer. Mais voilà, même si Maddie le sait depuis le début au fond d’elle, elle doit admettre aujourd’hui que la décrue n’aura pas lieu. Au contraire. Pata lui fait remarquer, l’eau continue de monter, irrémédiablement.
Comment faire pour sauver cette famille? Douze jours de voyage entre soleil écrasant et tempêtes. Une barque. Trop petite pour tenir les onze membres et les réserves de nourriture. Un choix s’impose. Tous périr où tenter de sauver une partie de sa tribu?

Pata et Maddie se retrouve dans une situation tragique où l’expression « choisir c’est renoncer » prend tout son sens. Quels seront les enfants qui resteront sur la colline tandis que les autres prendront le large? Votre cœur se serre en lisant ces quelques mots? Le mien a encore du mal a dégonfler, même plusieurs jours après la fin de ma lecture. Aucun autre échappatoire, ils n’ont plus le choix, trois petits se réveilleront seuls sur la colline tandis que le reste de la famille sera partie. C’est dur, très dur. Pourquoi eux? L’incompréhension laisse place à la stupeur, alors que le regret et la culpabilité rongent les parents. A quoi bon mettre des enfants au monde si c’est pour les abandonner? Voilà ce que Maddie n’arrête pas de se dire.

Commence alors une histoire où chaque page sera plus dure que la précédente. L’écriture de Sandrine Collette se reconnait dès les premières lignes. La nature, toujours plus forte que l’humain tient une fois de plus sa place de personnage principal dans ce roman aussi prenant qu’angoissant. Nous sommes, nous lecteurs, impuissants face à cette situation dramatique et déchirante. On a mal et on souffre pour eux. On s’imagine à leur place. Impossible, vite on chasse cette idée de notre tête tant c’est douloureux.

Mon palpitant à eu du mal à me suivre dans cette lecture. Le sommeil m’a fuit. Lotte, Mathéo, Liam, Marion, Sidonie, Émilie, Louie, Perrine et Noa m’ont hanté. J’ai encore les mains qui tremblent et la respiration saccadée quand j’y pense (souvent, je dois l’avouer).
C’est si bien écrit, j’avais l’impression tantôt d’être sur la barque et tantôt d’être resté sur la colline. J’y étais. Je ne pouvais plus quitter l’histoire. Cette ambiance post-apocalyptique, on l’a connait pourtant. Sujet devenu à la mode, on en mange à toutes les sauces. Mais là, c’est différent. On ne joue pas les héros, on ne trouve pas des solutions tombées du ciel. On subit, c’est tout.

Je ne vais pas m’étendre indéfiniment sur ce livre car je pense, en toute sincérité, qu’il vaut mieux le lire que de se contenter d’une chronique noyée parmi tant d’autres. Il n’y a qu’en se plongeant dedans que vous pourrez, vous aussi ressentir cette vague énorme à l’intérieur de vous.
Quel soulagement de l’avoir terminée. C’était beau, puissant, intense mais tellement angoissant et oppressant… Juste après la vague me laisse dans un état malaisant.

Si je le conseille? Évidemment.
C’est du grand art. Préparez-vous à passer par mille émotions (parfois en même temps). C’est fabuleux.


Merci Sandrine Collette.

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