Moi, serial killer – Stéphane Bourgoin

« Une malle popote pour quatre personnes, un four rôtissoire, deux seaux en toile, un filtre, un support pliant. »

Moi, serial killer de Stéphane Bourgoin n’est pas un thriller, un roman policier ou même un roman tout-court. Ici, le profiler français relate les confessions les plus intimes, les témoignages, les extraits d’auditions complétement inédits où rarement mis sous lumière de serials killers tristement devenus célèbres, à travers un livre dérangeant et perturbant. Inutile de tenter de les comprendre, ces textes ne sont là que pour vous expliquer et vous démontrer que parfois, la folie meurtrière dépasse de loin ce que l’on pensait naïvement de la définition du Mal.

A travers ces confessions qui traversent le temps (on retrouve à peu près toutes les époques à partir des années 1850), on devient, sous notre propre chef puisque c’est nous (MOI) qui ai décidé d’ouvrir ce livre, témoin de crimes aussi terribles les uns que les autres. La réalité des faits nous est exposée sans fioriture, et même si l’auteur nous épargne de certains passage qu’il a jugé trop difficile, je peux vous garantir que cette lecture ne vous laissera pas indemne.

Difficile de chroniquer sur un bouquin comme celui-ci puisque c’est davantage un documentaire ou un recueil qu’une histoire à proprement parlé. On ne peut que subir les témoignages en imaginant l’horreur qu’on pu vivre les victimes, les familles et les forces de l’ordre lors de la découverte et de la chasse qui s’en suivent. Soyez prêt, votre imagination vous laissera des images gravées dans votre cerveau pendant un bon bout de temps, les détails morbides et sadiques qu’on peut y lire sont suffisants pour vous permettre de réaliser pleinement que certains Hommes sont dénués de morale, de sensibilité ou même d’empathie. De véritables psychopathes qui courraient dans la nature, faisant des ravages sur leur passage.

Le chapitre sur Otto Stephen Wilson, le sadique de L.A m’a particulièrement perturbé car sa forme est différente des autres. Stéphane Bourgoin retranscrit les dialogues et les échanges que le tueur a pu avoir avec son médecin et ses paroles m’ont choquées. Son détachement face à ses crimes, ses réponses évasives, laissant percevoir cette conversation comme tout à fait banal sont à mes yeux complétement effrayantes. Je me suis mise à la place de ce médecin qui posait ses questions, de façon professionnelle et j’ai tenté d’imaginer ce qu’il pouvait ressentir face à un monstre tel que Wilson en face de lui. J’ai vite arrêter.

L’admiration que je porte à l’auteur est sans limite. Les motivations qui l’ont poussées à enquêter et « tenter » de comprendre ce qui se passe dans la tête de ces meurtriers sont d’autant plus respectables. (Je ne me permettrai pas de les exposer ici.) J’ai eu mal pour lui, car une fois encore, me servant de mon empathie naturelle et plutôt sur-développée, je n’ai pu qu’imaginer la difficulté pour lui d’entendre certains enregistrements, voir certaines photos, échanger avec certaines personnes de choses si abominables qu’elles ne peuvent que vous hanter toute votre vie.

Tout ça pour vous dire que ce livre est excellent au niveau de la culture générale sur les serials killers, pour se mettre (ou du moins essayer) dans leur tête, pour y voir disons…un peu plus clair dans leurs motivations. Mais cela reste tout de même une lecture difficile car contrairement à nos romans noirs habituels, nous avons ici des faits réels et abjectes qui nous sont décrits, bien loin de la fiction où, personnellement je suis à la recherche du frisson « Mais imagine, si c’était vrai! » tout en sachant très bien que ce n’est pas le cas. La protection du monde imaginé par les auteurs de romans n’existe plus. On se prend la réalité en pleine tête et franchement… Grosse claque !

Aucun regret, depuis le temps que je voulais le lire Moi, serial killer de Mr Bourgoin, cependant je vais attendre un peu avant de lire les autres livres cet auteur. Mon petit cœur et mon esprit ont besoin de se remettre dans un monde où la lecture m’emmène dans des histoires tout aussi atroces mais… fictives !

Âmes sensibles, s’abstenir (non mais sérieusement…)

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