Les sept morts d’Evelyn Hardcastle – Stuart Turton

« Vous devez vous réveiller, Aiden. Aiden ! »

Ce soir, à 23h précises Evelyn Hardcastle va être assassiner près du lac noir au manoir de BlackHeath. Aiden Bishop n’a que quelques heures pour démasquer le futur assassin afin d’empêcher le meurtre sinon, la boucle recommencera et il devra vivre encore et encore cette journée à travers différents points de vue. Qui, dans ce vieux manoir anglais s’est mis en tête de tuer l’héritière ? Qui, de ces nombreux aristocrates et domestiques ne cache pas de secrets ? Une enquête digne d’Agatha Christie démarre alors, où chaque indice, chaque élément et chaque minute sont précieux. Un véritable compte a rebours est lancé, Aiden n’a nullement le choix, il doit impérativement réussir à démasquer le coupable si il souhaite sortir de BlackHeath un jour.

Amateurs de casse-tête, de jeu de piste labyrinthique, de Cluedo, de thé et d’ambiance british : ce roman est fait pour vous ! Stuart Turton nous montre son imagination fertile à travers ces quelques 600 pages (éditions 10/18) et je vous conseille fortement une bonne dose de caféine (ou de théine au choix) avant de vous lancer ! Le chemin pour arriver à la fin du roman est si tortueux que votre esprit se devra d’être affûté et aux aguets ! Entre les journées qui se suivent et se ressemblent mais pas tant que ça et les nombreux personnages aux comportements aussi intriguant que mystérieux, vous ne saurez plus où donner de la tête ! Tout le monde semble être le coupable idéal, on ne fait confiance en personne et ils nous le rendent bien, croyez-moi.

Les sept morts d’Evelyn Hardcastle est un roman alambiqué, extrêmement riche en détails (parfois trop il faut l’avouer) où le côté british de la fin du 19ème se fait fortement ressentir. Un mélange explosif entre des personnages aussi stéréotypés que compliqués. Un méli-mélo où il est question de tant de points de vue différents dans un laps de temps répétitif et chaotique qu’il est parfois difficile de s’y retrouver ! Un retour en arrière de quelques pages est parfois indispensable, c’est fatiguant et assez frustrant mais l’idée est vraiment originale et pour ma part, complètement inédite. Plutôt compliqué à chroniquer, le spoil semble inévitable si on rentre dans le détail donc je vais m’abstenir (ne me remerciez pas c’est normal.)

L’ambiance, quant à elle est vraiment intéressante : un manoir isolé dans la campagne anglaise, des orages, du vent, de la pluie, une grande forêt, un lac, un parquet qui grince… Un décor parfait pour ce début d’automne !

Un livre assez original, vous l’aurez deviné cependant de là à oser une comparaison avec Downton Abbey sur la 4ème de couverture, n’abusons pas, il n’en n’est rien (non mais !). La couverture et le résumé m’ont attiré comme la lumière attire les papillons de nuit : impossible de résister alors pourquoi hésiter ? Une impulsion, je le vois, je l’achète. J’avais une telle impatience de le lire, je le guettais du coin de l’œil me disant « c’est le prochain que je lis》, une certaine excitation quand je l’ai commencé enfin ! Alors peut-être en attendais-je davantage, je ne sais pas. L’histoire est indiscutablement merveilleuse et le suspense est parfaitement entretenu. Cependant certains passages m’ont semblé interminables (mais vraiment). Je me suis essoufflée au fil des pages, commençant à faire un début d’indigestion de toutes ces descriptions qui n’en finissaient pas.

Je vois déjà le regard indigné de certains pour qui ce livre est un véritable chef d’œuvre dans son genre (oui, oui, j’ai lu vos billets !), je n’ai pas peur des pavés, bien au contraire mais celui-ci m’a semblé être un livre sans fin (je sais, c’était le but mais quand même). Il est vrai que pour la bonne cohérence de l’histoire, les indices et les détails doivent être plantés progressivement et de façon poussée mais point trop n’en faut, là c’était trop.

En résumé vous l’aurez compris, une lecture plaisante mais pas transcendante. Une lecture en demi-teinte, je reconnais le talent de conteur de l’auteur ainsi que sa capacité à nous malmener les méninges, les faisant virevolter comme les flocons d’une boule à neige secouée par un enfant, cependant le soufflet est vite retombé avec moi, notamment à cause d’une fin peut-être trop rapide (c’est le comble quand on pense à toutes les longueurs du livre !) et un chouïa décevant. L’avantage c’est que les centaines de questions que vous vous posez au fil des pages trouveront une réponse lors du final (est-ce qu’elle vous plaira, ça c’est autre chose).

Avant de vous lancer (ou pas) dans cette lecture peu reposante mais assez distrayante, n’oubliez pas une chose : si vous souhaitez quitter BlackHeath, il vous faudra trouver le meurtrier.

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