Impact – Olivier Norek

« C’est un crime de masse à l’échelle du monde qui est en train d’être perpétré en toute impunité. »

Note : 5 sur 5.

COUP DE CŒUR

Virgil Solal est un homme brisé. Militaire, il a vu des choses qu’il refusait de voir, par mesure de protection, de sauvegarde de lui-même. Mais lorsqu’un drame personnel le force à ouvrir les yeux, Virgil voit, Virgil prend conscience, Virgil se révolte. Il est témoin de ce que devient le monde, de la catastrophe écologique inévitable qui est en train de se produire. Alors, Virgil Solal décide d’agir et ne fait pas les choses à moitié. Il entre en guerre et l’échec est inconcevable.

Olivier Norek. Rien que ces mots évoquent aux lecteurs déjà conquis, le nom d’un auteur entier, engagé et révolté. Présent dans le monde grand et vaste du polar depuis quelques années, il a su, grâce à sa sincérité se hisser tout en haut (et bien plus encore) du sommet en un rien de temps. Rien de plus naturel quand on sait raconter des histoires aussi proches de la triste réalité comme lui. Son talent n’est plus à prouver, il n’est nullement question de faire un éloge pour dire de faire un éloge, simplement parce qu’on apprécie l’auteur, non non, c’est un fait voilà tout.

Avec Impact, il signe un roman à la plume brute, sans filtre qui risque fortement de vous écorcher (si ce n’est pas le cas, posez vous des questions). Absolument renversant, faire l’autruche n’est plus possible lorsqu’un roman réveille notre conscience bien plus que les pseudos reportages pondus à la va-vite à la télé ou les longs discours de promesses et d’engagements non-tenues par la majorité des personnes influentes de ce monde. Etes-vous prêt à lire une fiction qui se mêle étroitement à une actualité bien réelle? Etes-vous prêt à prendre conscience de la situation dans laquelle notre Terre se trouve (la vraie, pas celle qu’on imagine)? Car je préfère vous prévenir, lorsque vous commencerez à lire Impact, vous ne pourrez plus jamais voir les choses de la même manière. C’est tout un monde d’illusions qui s’effondrera et qui vous montrera ce qui se passe vraiment, là, juste en bas de chez vous ou juste au-dessus de votre tête. Soyez préparez à être chamboulé, bouleversé, choqué et impacté, il est temps de se réveiller, il est temps de réaliser. Nous sommes Virgil Solal.

Afin de nous faire passer son message (un message universel d’ailleurs), Olivier Norek a imaginé un thriller fort où pour une fois le méchant est le gentil. Pour une fois, le lecteur que nous sommes allons tenir du côté de la justice, la vraie, celle du cœur et de la raison, pas celle du code pénal. Impact est un coup de point, une véritable bombe construite à travers des personnages forts. Virgil bien sûr mais pas que. Nathan et Diane (chargé de la négociation), Gerda et Attal (les avocats convaincus et déterminés) Mélanie, fille de Nathan et Tearanui (l’espoir). La réalité du monde est distillée durant toute la lecture avec des chapitres « Nouvelles du monde » qui relatent des événements aussi terribles que réels, qui sont bien souvent mis à la trappe au 20h et qui pourtant se passent chaque jour, en silence, n’ayant des répercussions que localement alors que nous sommes tous concernés. En choisissant de rendre son personnage principal militant et inarrêtable, avec des valeurs nécessitant des sacrifices (certainement discutables, question de point de vue), il permet à travers son roman, de montrer qu’une goutte d’eau peut tout faire déborder. A travers le monde entier, Virgil mobilise. La technologie est utilisée à bon escient, internet diffuse l’alerte et une grande partie des hommes se rallient à la cause. Évidemment, les puissants de ce monde, les plus riches, ceux pour qui le profit est plus important que la sauvegarde de l’humanité ne se sentent pas concernés. Le fric, toujours le fric.

L’auteur prend le parti de dénoncer de véritables coupables : Total, la Société Générale, la Justice, les grands patrons, la bourse, les gouvernements… Les citoyens. Bref, il ne se cache pas derrière un monde imaginé ou censuré, il assume ses mots, il assume ses convictions. Certains diront que c’est facile de se servir d’un roman pour dénoncer, mais si chacun se servait de son art, de son talent, pour faire bouger les choses au compte de l’humanité toute entière, peut-être que le monde se porterait mieux et serait moins nombriliste. J’ose dire qu’Olivier Norek est courageux. Quand une cause lui tient à cœur, il n’hésite pas à en parler, à argumenter avec des faits, ce qui la rend irréfutable (les références sont nombreuses et toutes détaillées) et à aller jusqu’au bout de ce qu’il pense et ressent. Rappelez-vous Entre deux mondes sur les migrants dans la jungle de Calais. La position de l’auteur est simple : arrêtons de nous mentir et de nous cacher derrière notre petite vie en pensant que nous avons le temps. Nous n’avons pas le temps. A défaut de pouvoir effacer le passé, il est temps de faire de nouveaux choix, il est temps de se consacrer non pas à l’avenir, car il est incertain, mais au présent. Action, réaction. Une prise de conscience collective est probablement utopique mais pourtant indispensable. Les clefs sont entre les mains de chacun de nous, à nous d’ouvrir les bonnes portes.

Olivier Norek ne sort pas des romans pour dire de sortir des romans. Pour lui, exit la distribution de masse et le côté bankable. 18 mois depuis la sortie de son précédent livre, Surface. 18 mois, quand on aime un auteur c’est long, très long. On a hâte, on guette, à l’affut, les informations sur le prochain à paraître. On s’inquiète si on n’a pas de nouvelle. Puis viens le jour tant attendu, le 22 octobre 2020. On se sent fébrile, on l’achète le jour de sa sortie, on s’organise pour pouvoir le commencer le jour même. On finit par le dévorer en quelques heures. Un an et demi d’attente avalé en quelques heures. Mais vous savez ce qui est le pire? Nous n’étions pas prêts. Nous n’avions pas anticiper ce violent coup au cœur, cette prise de conscience douloureuse, cette lecture aussi difficile qu’addictive. Non, on n’était pas prêt, mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus dire que nous ne le sommes pas.

Monsieur Olivier Norek, je vous remercie.

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