Contagion – Lawrence Wright

« Les humains sont devenus un problème, dit-il enfin. […] Mais il ne fait aucun doute que la planète se porterait mieux sans nous. »

Note : 4 sur 5.
date de parution : 15/10/2020

Une nouvelle maladie vient d’apparaître, 47 personnes meurent d’une fièvre hémorragique extrêmement virulente dans un camps en Asie. Henry Parsons, épidémiologiste de renom est appelé en urgence. Il doit se rendre sur place et tenter de comprendre mais surtout d’endiguer ce virus. C’est en arrivant sur les lieux qu’il comprend à quel point la contagion est massive. Ce virus à beau avoir des similitudes avec des maladies déjà connues de part ses symptômes, il n’en reste pas moins un mystère : aucun de ses génomes ne ressemble à une grippe existante. Le mystère commence et le temps est compté lorsqu’un homme contaminé sans le savoir se rend à La Mecque où le pèlerinage annuel commence. Le début de la fin : le monde entier est touché et une crise sans précédent débute, avec des répercussions tragiques. Henry Parsons et son équipe arriveront-ils à endiguer cette nouvelle pandémie avant que la fin de la civilisation telle qu’on la connaît?

Lire un roman de ce type en pleine période pandémique c’est un pari que j’ai voulu tenter. C’était quitte ou double : soit j’allais m’enfoncer encore plus dans la psychose de notre virus actuel, soit j’allais réussir à prendre de la hauteur. En toute honnêteté, avant de commencer ma lecture, je penchais plus pour la première option. Finalement ce ne fût pas le cas. Heureusement me diriez-vous ? Eh bien non… Même si je n’ai pas fait l’amalgame entre la Covid-19 et le Kongoli, j’ai quand même eu certaines de mes nuits peuplées de cauchemars. Contagion de Lawrence Wright relate l’histoire d’une maladie terrible certes, mais il met surtout en lumière les conséquences désastreuses sur le monde dans lequel nous pensons (relativement) être un minimum en sécurité.

Alors bien sûr, si nous mettons quelques minutes de côté notre propre crise sanitaire, avouons que ce genre d’histoire n’est pas inédite : un virus mortelle met à mal le monde, on connaît, on en esr même venu à l’invasion de zombie et tout ce qui va avec. L’auteur ne sait nullement inspiré de notre coronavirus actuel puisqu’il a écrit son histoire avant notre pandémie. Cependant, à travers son roman il met en lumière la multitudes de cochonneries virales qui existe depuis des centaines et des centaines d’années. Vous allez enrichir vos connaissances en la matière : peste, grippe espagnole, fièvre de lassa, ebola… vous allez tout savoir mais vous allez surtout comprendre.

L’aspect scientifique du livre est quand même bien poussé, vous dire le contraire serait vous mentir, en revanche, l’auteur arrive à nous expliquer sans pour autant nous assommer de données incompréhensibles pour le commun des mortel qui n’y connait pas grand chose en génome, en acide nucléique, en cellule et j’en passe. A aucun moment je me suis sentie dépassée par les informations, bien au contraire, j’apprécie d’avoir pu apprendre toutes ces choses aussi simplement. En plus de cet aspect épidémiologique, la géopolitique et l’économie sont, à parts égales, très présentes tout au long de la lecture et franchement c’est pas beau à voir…. La religion n’y échappe pas non plus, tout le monde y passe.

C’est probablement ce mélange explosif qui m’a fait passer des nuits à trembler : l’effondrement de la civilisation, la guerre ou devrais-je plutôt dire les guerres qui commencent d’un coup. Tu te réveilles, tu entends à la TV qu’un nouveau virus ultra contagieux se propage et trois semaines après, plus rien n’est et ne sera comme avant. Voilà voilà un peu l’ambiance. Avec quelques petites descriptions assez difficile à lire sur les expériences scientifiques sur les animaux de laboratoire. Accrochez-vous, ce n’est pas franchement agréable à lire.

Bien que les données scientifiques soient toutes exactes, il ne faut pas oublier que l’histoire est inventée. On ressent énormément (c’est peu de le dire) le côté américain de la pensée. Assez conspirationniste (ou pas qui sait), vous allez partir dans tous les sens et dans toutes les théories possibles. L’ennemi ne devient plus cet invisible virus qui circule, on accuse tout le monde (ou presque) et certains pays vont voir leur image franchement abimée avec les idées de l’auteur. A nous de faire la part des choses, à prendre du recul et à espérer de toutes nos forces qu’un scénario comme celui présenté dans Contagion ne soit pas prophétique. Roman d’anticipation ? Je frissonne rien qu’à l’idée que ce soit possible. Bien que lucide, je continue d’espérer que jamais je ne connaitrais un tel fléau.

En conclusion, il est assez difficile de catégoriser ce roman: est-ce un thriller pandémique? géopolitique? d’espionnage? Prenez tout ça, mélangez et vous aurez l’impression de lire trois livres en un. Pas de panique, on s’y retrouve. Bien qu’il y ait un personnage principal incarné par Henry Parsons, on se rend vite compte que le focus ne se fera pas forcément sur les personnages mais plus généralement sur un contexte. J’ai beaucoup aimé cette lecture que j’ai trouvé, il faut l’avouer, extrêmement addictive et parfaitement documentée. A éviter pour les personnes fragiles et un temps soit peu paranoïaques en ce moment, ça ne serait pas vous rendre service que d’accentuer votre sentiment de vulnérabilité.

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