Le tatoueur d’Auschwitz – Heather Morris

« Accroche-toi à ça. Pense à ça pour te lever demain matin, après-demain matin et les jours suivants. »

Note : 4 sur 5.
Date de parution chez City éditions: 11/01/2018 et chez J’ai Lu éditions : 06/01/2021

Le tatoueur d’Auschwitz raconte l’histoire vraie de Lale Sokolov. Lale est slovaque, il est jeune, intelligent, curieux et ambitieux. Nous sommes dans les années 40 en pleine seconde guerre mondiale. Les allemands prennent le pouvoir. Lale et sa famille sont juifs. Alors qu’il pensait partir travailler pour les nazis, comme ceux-ci lui ont indiquer, afin de protéger ses parents, son frère et sa sœur, c’est à Auschwitz qu’il est envoyé. Il ne comprend pas encore ce qui va lui arriver ni les horreurs dont il va être témoin. Quelques semaines après son arrivée au camp de concentration, il est sollicité pour être le tätowierer. Lourde tâche pour cet idéaliste romantique. Les jours se suivent et Lale fait ce qu’on lui demande pour rester en vie, tête baissée, il marque à jamais les déportés sans jamais oser croiser leurs regards. Jusqu’au jour où une jeune fille lui présente son bras. Il lève les yeux et tombe amoureux. Gita est là devant lui et il ne cessera jamais plus de l’aimer. Commence alors pour lui la difficile tâche de protéger sa bien-aimée afin d’honorer sa promesse de vivre heureux et libre.

J’ai été attiré par ce roman car il s’agit d’un témoignage, d’une histoire vraie. Si ça n’avait pas été le cas, jamais je n’aurais souhaité lire cette histoire car j’ai beaucoup de mal avec les fictions basées sur des faits historiques aussi graves. Lale a raconté son histoire à l’auteure, Heather Morris entre 2003 et 2006, année où il est décédé. Il s’est longuement confié et pour la première fois de sa vie, après 50 ans de silence, il a parlé de ses années d’horreur. Grâce à ses confessions, l’auteure a su (d’après Gary, le fils de Lale) relater fidèlement l’histoire.

Contrairement à d’autres romans de ce type ou même aux nombreux films qui ont été fait, Le tatoueur d’Auschwitz n’est pas aussi difficile que laisse penser la 4ème de couverture. Attention, je ne dis pas que c’est édulcoré, loin de là. Soyez prêts à lire des actes abominables et des scènes terribles. Cependant, l’histoire étant raconté à travers le regard de Lale, grand romantique dans l’âme et de nature optimiste et bienveillant, on ne voit pas les choses du point de vue habituel. Il apporte une touche de fraicheur et nous permet de surmonter, avec lui les moments les plus difficiles. Le livre n’est pas seulement une histoire d’amour entre un homme et une femme. Il s’agit avant tout d’un homme qui croit dur comme fer qu’aider son prochain est la clé de tout « qui sauve une vie, sauve l’humanité ». Sa générosité est absolument remarquable, il prend tous les risques pour soutenir ses compagnons de camp, quelles que soient leurs origines (juive, tzigane, polonaise etc…). De part sa mission de tatoueur qui lui (il faut l’avouer) a apporté des avantages que d’autres n’avaient pas, Lale a toute sa vie eu peur d’être considéré comme un collabo. A travers son récit et en ayant le recul dû aux décennies qui sont passées, on comprend nous, lecteurs, qu’il était un véritable héros. Il a su faire ce qu’il fallait pour survivre sans jamais oublier ses amis. Évidemment, nous ne pouvons pas juger ce qu’il a pu ressentir durant toutes ses années puisqu’il est impossible d’imaginer ce qu’il a pu vivre au delà des mots que l’on peut lire.

Toutes les scènes difficiles du roman sont heureusement pour nous plus faciles à supporter grâce à la lumière qu’il apporte autour de lui. J’ose à peine imaginer ce qu’a pu ressentir Heather Morris en écoutant les paroles de cet homme qui a réussi à traverser l’une des pires (voire même la pire de toutes) période de l’Histoire. Lale a été témoin de la construction du camp. Il est arrivé en 1942, les blocks étaient déjà nombreux mais tellement peu face à la folie nazie. Il a vu cette expansion rapide et terrible. Il a vu la construction des crématoriums. Il a vu l’arrivée des enfants. Il nous raconte, à travers la plume de l’auteure, la vie d’Auschwitz et de Birkenau de l’intérieur.

« Les étoiles qui scintillent au-dessus de lui ne lui sont plus d’aucun réconfort. Elles ne font que souligner le gouffre entre ce que devrait être la vie et ce qu’elle est en cet instant. […] Ma famille où qu’elle soit, regarde peut-être les mêmes étoiles en cet instant et se demande où je suis. J’espère qu’elles leur apporteront plus de réconfort qu’à moi. »

L’écriture est particulière, peut-être même un peu surprenante. Les faits sont décris dans un ordre décousu, on fait plusieurs bonds dans le temps, sans jamais suivre un ordre bien précis. En lisant la note de l’auteur, vous verrez que cette construction étonnante est une volonté de Lale qui ne souhaitait en aucun cas romancer son récit. Il voulait que les choses soient dites telles qu’elles lui viennent. C’est son histoire et celle de Gita qu’il a souhaité nous partager et elle n’a pas été enrichie par de la fiction.

Alors si vous souhaitez découvrir un témoignage important concernant cette période horrible de notre monde mais que vous craignez d’être trop bouleversé pour y arriver, faites confiance à Heather Morris et à Lale Sokolov qui ont réussi à trouver les bons mots pour nous faire passer le message. De nature très (trop?) sensible, j’ai pourtant réussi à lire ce roman (en 48 heures) sans pour autant mettre ma semaine en l’air. J’y ai pensé, beaucoup, en dehors de mon temps de lecture, mais j’avais surtout hâte de retrouver Lale. Les abominations qui sont relatées n’en sont pas moins difficiles quand on y pense, mais en tout cas, l’amour et le courage sont avant tout mis à l’honneur et c’est ça que j’ai voulu retenir.

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