Quarantaine – Peter May

« La vie pouvait être difficile. La mort était effroyablement simple. »

Note : 2 sur 5.

Résumé:

Qui aurait pu imaginer une chose pareille ? Le domaine centenaire d’Archbishop’s Park, en plein cœur de Londres, défoncé au bulldozer pour y bâtir de toute urgence un hôpital. Alors qu’une épidémie sans merci a séparé la capitale britannique du reste du monde, alors que le Premier ministre lui-même vient de mourir, un ouvrier découvre sur le chantier ce qu’il reste du corps d’un enfant. Des ossements qui ne datent pas du temps des archevêques. MacNeil, l’homme qui a décidé de quitter la police, qui vit ses dernières heures dans la peau d’un flic, est envoyé sur les lieux. C’est lui, le policier désabusé, qui va devoir remonter la piste d’une machination abominable, dans une ville en butte aux pillages où les soldats en patrouille font la loi. Et alors qu’il apprend que son fils unique, Sean, est contaminé à son tour, n’ayant qu’une chance infime d’en réchapper.
Lorsqu’il a écrit ce roman en 2005, Peter May était loin de penser qu’un jour la réalité se rapprocherait autant de la fiction. Publié quinze ans plus tard en Grande-Bretagne, en plein confinement, Quarantaine a fait l’événement. C’est aussi, tout simplement, un roman policier qu’on ne peut pas lâcher.

Avis:

Cela fait maintenant plusieurs mois que dorment dans ma pile à lire les tomes de la trilogie écossaise de Peter May en poche et pourtant c’est vers Quarantaine que je me suis tournée pour découvrir cet auteur. Vu les avis dithyrambiques que j’ai pu lire sur ses polars, je me suis dit que je ne prenais pas de gros risques en me lançant sur sa dernière parution. Écrit en 2005 et ayant fut face à de nombreux refus de publication (et pour cause, les maisons d’éditions trouvaient sa vision des choses un peu trop fantaisiste), Quarantaine n’a pas pu voir le jour à l’époque où il est sorti de l’imaginaire de l’auteur. Vu le contexte actuel, il n’a pas été difficile de trouver un éditeur qui finalement accepte de publier cet ouvrage de plus de 15 ans, autant surfer sur la vague (sans mauvais jeu de mots).

Alors oui, une enquête pour meurtre en pleine pandémie mondiale, dans une capitale plus confinée que confiné, ça a suffit à piquer ma curiosité. C’était l’occasion de découvrir cet auteur qui me faisait de l’œil depuis un bon bout de temps mais aussi de découvrir une nouvelle maison d’éditions. Vous l’aurez compris, les promesses d’un super moment de lecture étaient là.

Commençons par le début, j’ai trouvé génial que dès les premières pages, on rentre en plein cœur de l’intrigue et du sujet. Le décor est planté, les événements ne tardent pas à arriver, aucune longueur, on découvre les personnages. L’écriture est fluide, les chapitres bien construits. On erre dans un Londres chaotique, pesant (on a déjà eu un aperçu de ce que ça pouvait donner n’est-ce pas?) où les barrages militaires ne sont pas là pour faire bonne figure, on tire à vue si on n’est pas en règle, rien que ça. Il faut dire que cette pandémie de grippe aviaire à déjà décimé un quart de la population de la ville, ce n’est pas rien.

Mais alors, bonne ou mauvaise lecture ?

Elle aurait pu être bonne, voire très bonne. L’intrigue policière est vraiment attrayante mais ça n’aura pas suffit. J’ai trouvé les personnages creux, vides, sans grande crédibilité. On comprend dès la lecture de la 4ème de couverture que le fils de MacNeil va y rester, c’est assez dur et triste mais nous n’avons pas franchement le temps d’y penser puisque aussitôt le gamin mort de la grippe, le flic reprend du service et fait comme si de rien n’était. Ok, je veux bien admettre que c’est pour se changer les idées mais il ne faut pas pousser.

Afin d’éviter tout éventuel spoil je ne peux pas exposer ici tout ce qui m’a dérangé mais franchement, certaines choses sont carrément tirées par les cheveux, j’irai même jusqu’à dire rocambolesques. C’était trop tard, l’auteur m’a perdu et je n’avais qu’une hâte : finir cette lecture et passer à autre chose rapidement. Manifestement, je suis devenue imperméable aux événements littéralement « incroyables » et ça a bien fini par entacher toute ma lecture.

Les nombreux clichés m’ont fait grincer des dents, que ce soit concernant l’homosexualité, le pouvoir des riches face à ce cataclysme, le comportement de l’armée qui fait passer les militaires pour des gros durs sans cervelle et le grand méchant que rien n’arrête (mais vraiment rien hein!). Non je ne peux pas.

Je ne vous parle même pas du final abracadabrantesque où la volonté de tenter une rédemption pour l’un des personnages échoue lamentablement à mes yeux. Inutile de m’épancher sur la question, j’ai été hermétique à toutes les tentatives de l’auteur de m’embarquer dans son histoire.

Si je devais conclure ?

Profonde déception, probablement trop d’attentes. Le contexte pandémique ne m’a nullement dérangé, bien au contraire. D’autant plus que tout semble être plausible à ce niveau là. La plume m’a beaucoup plu tout comme la construction de l’histoire. En revanche pour le reste, le manque de crédibilité (en tout cas pour moi) m’a fait lever les yeux au ciel plus d’une fois, je pense que ça résume tout.

Je ne suis pas braquée au point de bouder Peter May et j’ai toujours cette même envie de me lancer (un jour) dans sa trilogie écossaise. Je me fais juste la remarque un peu dure je l’admets que cet ouvrage qui a eu du mal à sortir des tiroirs en 2005 aurait peut-être dû y rester au lieu de profiter de la crise sanitaire actuelle pour se montrer.

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