La Nanny – Gilly Macmillan

« Je ne peux pas détacher les yeux de mon reflet dans la glace. Il montre une version de moi-même outrancièrement fardée – déformée, comme tout le reste. Qui suis-je vraiment? »

Note : 4 sur 5.

Résumé éditeur :

Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu’elle entretient avec sa mère.
Alors qu’elle passe des jours sombres dans la bâtisse immense et inquiétante, une nouvelle vient bouleverser son quotidien : Hannah, sa nourrice, est de retour. Jo exulte, ravie de retrouver enfin la seule personne qui l’a réellement aimée.
Mais lorsque des restes humains sont découverts dans le jardin, la situation vire au cauchemar. Que s’est-il réellement passé lorsqu’elle était enfant ? Quels secrets cachait sa nourrice et que fuyait-elle ? Peut-elle faire confiance à sa mère ?

Avis :

Quand on pense à une Nanny britanique, on imagine presque une Mary Poppins, on imagine l’odeur des gâteaux dans le four, des biscuits tout chauds posés à côté du verre de lait, les rires des enfants…. Eh bien c’est sans compter sur Gilly Macmillan qui a choisi de nous montrer une toute autre image. A travers ce thriller en huit-clos, au sein d’un bon vieux manoir occupé par une famille influente, on va vivre une expérience où la tension monte crescendo, où le suspense s’installe doucement mais sûrement et où les personnages sont aussi mystérieux les uns que les autres. Roman choral, les différents points de vus exposés permettent d’instaurer un climat oppressant, digne des grands thrillers psychologiques à l’anglaise.

Trois générations de femmes cohabitent à Lake Hall et toutes trois sont aussi différentes que brisées par le deuil. Difficile de se fier à elles au départ, ne sachant pas qui croire, trouvant l’une trop naïve et l’autre trop tyrannique. Mais on sait tous que les apparences sont parfois trompeuses. Les quelques chapitres mettant en avant des événements du passé dynamisent l’ensemble.

Après avoir trainé un livre pendant plus d’une semaine, pour finalement l’abandonner, La Nanny m’a remise sur les rails et m’a redonnée ce petit pep’s qui manquait tant à ma vie de lectrice estivale (et en vacances!). Je suis particulièrement friande des polars, thrillers et romans noirs anglais. Leur ambiance y est souvent singulière, lourde, pesante mais raffinée et parfaitement adaptée pour faire de véritables page-turner à leur façon. J’aime être isolée en pleine campagne, dans des villages où tout le monde se connaît, où les paysages et les décors sont souvent des personnages à part entière. Ici, il s’agit du lac, ailleurs il peut s’agir d’une forêt. Bref, vous voyez où je veux en venir. Tout ça pour vous dire que ce livre m’a séduite dès sa parution. J’ai attendu le format poche pour le lire et je ne suis pas déçue.

Et l’histoire dans tout ça?

Franchement, elle tient la route, même si il y a une toute petite dose de rocambolesque, il faut bien l’avouer. Malheureusement pour moi, j’avais deviné le dénouement vers la moitié du livre. Peu importe, je me suis laissée porter par la plume de l’auteure et j’ai profité en sirotant citronnade sur citronnade. Malgré quelques clichés : L’attitude de Lady Holt ou l’aversion que peut ressentir l’enquêteur envers ce monde d’aristocrates ou même le côté vieux-jeu de la nanny, cela ne m’a nullement déranger, renforçant au contraire le côté « so british » de ce thriller. Les personnages sont attachants, bien qu’il faut un certain temps pour les apprivoiser. Aucun détail n’est laissé au hasard, tout est parfaitement bien ficelé et pour les plus aguerris, de nombreux indices se cachent au fil des pages. La famille Holt est encombrée de secrets, de non-dits et faux-semblants. Nous, lecteurs, pouvons ressentir l’envie de les secouer pour qu’ils parlent enfin ! Au lieu de cela, nous continuons à lire et à lire, en attendant aussi patiemment que possible que tout se décante enfin.

Que faut-il retenir?

Si vous aimez les thrillers psychologiques atmosphériques, les secrets de famille, les esprits vindicatifs, manipulateurs alors ce livre est fait pour vous. J’ai passé un très bon moment de lecture même si je suis loin d’avoir approché le coup de cœur. J »ai particulièrement apprécié les personnages, les quelques sauts dans le passé et bien évidemment le décor. La plume est fluide et épurée, sans fioriture. Les nombreux dialogues rendent le récit dynamique, l’écriture majoritairement à la première personne est inclusive et nous embarque avec une grande facilité au cœur de l’histoire, vue de l’intérieur. C’est loin d’être contemplatif, on ne vit pas l’intrigue à 100 à l’heure et pourtant le rythme est soutenu et très bien manié.

En conclusion, je dirai que cette lecture m’a sortie d’une mauvaise passe côté envie et je lui en suis donc reconnaissante pour ça mais aussi pour le fait que j’ai passé un très, très bon moment. Addictive et intrigante, j’ai su retrouver ces émotions que j’aime tant en lisant du thriller.

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