« Je ne fuis pas mes démons, je les accueille. Je les laisse m’envelopper jusqu’à ce qu’ils me rendent plus fort. »

Et si le problème n’était pas le méchant ?
Chers lecteurs et chères lectrices,
Je savais plus ou moins dans quoi je mettais les pieds en ouvrant Assistant to the Villain.
Un méchant charismatique. Une héroïne solaire. Une romance qui prend son temps. Beaucoup d’humour. Des bureaux, des assassinats, des créatures étranges et un royaume qui semble avoir accepté depuis longtemps qu’un homme soit officiellement désigné comme « Le Vilain ». Franchement, le programme avait tout pour me plaire. Et effectivement, j’ai passé un très bon moment.
Dès les premières pages, Hannah Nicole Maehrer donne le ton. Ici, il ne faut pas chercher une fantasy épique aux multiples intrigues politiques ou un univers extrêmement détaillé. Le cœur du roman se trouve ailleurs. Dans les personnages. Dans leurs interactions. Et surtout dans leur capacité à nous faire sourire.
Evie est exactement le genre d’héroïne qui pourrait facilement tomber dans la caricature. Elle est gentille, optimiste, maladroite et semble voir le meilleur chez tout le monde. Sur le papier, cela pouvait vite devenir agaçant. Étrangement, cela n’a jamais été le cas pour moi. Parce que sa gentillesse n’est pas présentée comme une faiblesse. Dans un monde où chacun agit par intérêt, peur ou ambition, Evie continue de croire que les gens sont plus complexes que leur réputation. C’est même ce qui fait toute sa force.
Là où tout le royaume voit un monstre, elle prend le temps de regarder l’homme qui se cache derrière le titre. Et c’est probablement l’un des aspects que j’ai préférés dans cette histoire. Car au fond, Assistant to the Villain ne parle pas seulement d’une assistante qui tombe sous le charme de son patron.
Le roman s’amuse surtout à questionner nos certitudes. Le Villain est censé être le méchant. C’est même écrit sur sa carte de visite. Pourtant, plus Evie apprend à le connaître, plus les frontières entre les gentils et les méchants deviennent floues.
Certaines personnes respectables se révèlent profondément détestables. Certains personnages inquiétants cachent davantage d’humanité qu’on ne l’imaginait. Et même si tout cela reste traité avec beaucoup d’humour, le message fonctionne plutôt bien.
Concernant le Villain lui-même, je comprends parfaitement pourquoi il fait autant craquer les lecteurs. Il est froid. Il est grognon. Il est puissant. Il inspire la peur à tout le monde.
Et puis Evie arrive.
Et soudain, l’homme capable de terroriser un royaume entier semble parfois complètement démuni face à une jeune femme qui refuse simplement d’avoir peur de lui. Le contraste est délicieux. Je me suis souvent surprise à sourire devant leurs échanges. Pas parce qu’il se passe énormément de choses entre eux. Mais justement parce qu’il ne se passe pas grand-chose. Ils apprennent à se connaître. Ils s’observent. Ils anticipent les réactions de l’autre.Ils développent une confiance qui grandit lentement.
Et finalement, cette romance ressemble presque davantage à une romance de bureau qu’à une fantasy traditionnelle. Une romance de bureau avec quelques meurtres et créatures magiques en supplément. L’autre grande force du roman, c’est son humour.
J’ai plusieurs fois levé les yeux au ciel avant de sourire malgré moi. Certaines situations sont complètement absurdes. Certains personnages secondaires semblent avoir été créés dans le seul but de provoquer le chaos autour d’eux. Et pourtant, cela fonctionne. On sent que l’autrice assume pleinement ce ton léger et décalé.
En revanche, je comprends également certaines critiques. Si vous recherchez une fantasy riche en worldbuilding, des systèmes de magie complexes ou une intrigue politique particulièrement développée, vous risquez d’être déçus. L’univers existe avant tout pour servir les personnages. Personnellement, cela ne m’a pas dérangée parce que ce n’était pas ce que je venais chercher. Je voulais passer un bon moment. M’attacher aux personnages. Sourire devant leurs échanges. Tourner les pages sans voir le temps passer.
Mission accomplie.
Bonnes raisons de lire ce livre :
- Pour une fantasy romantique légère et très divertissante.
- Pour les échanges savoureux entre Evie et le Villain.
- Pour un héros grognon absolument fidèle à sa réputation.
- Pour une héroïne optimiste sans être insupportable.
- Pour une romance qui prend son temps.
- Pour l’humour omniprésent.
- Pour les personnages secondaires hauts en couleur.
- Pour l’ambiance « bureau du méchant » particulièrement originale.
- Pour une lecture fluide qui se dévore rapidement.
- Pour une histoire qui rappelle que les apparences sont parfois trompeuses.

En bref :
Assistant to the Villain est exactement ce qu’il prétend être : une fantasy romantique légère, drôle et particulièrement addictive. Hannah Nicole Maehrer joue avec les codes du méchant séduisant, de la romance lente et du grumpy x sunshine sans chercher à révolutionner le genre. Ce n’est peut-être pas le roman le plus ambitieux du rayon fantasy, mais il possède quelque chose de terriblement efficace : des personnages attachants, beaucoup d’humour et cette capacité à donner envie de lire un chapitre de plus.
Et puis, soyons honnêtes, il est difficile de résister à un méchant grognon qui perd progressivement ses moyens face à son assistante.
4ème de couverture :
Avec une famille à charge, avoir un job pour Evie Sage n’est pas seulement important, c’est vital. Aussi, lorsqu’une mésaventure avec le plus célèbre Vilain de Rennedawn se solde par une offre d’emploi, elle accepte. Aucun travail n’est parfait, bien sûr, et Evie commence à s’habituer aux têtes coupées et autres globes oculaires jonchant le sol…
Après tout, une bonne situation est difficile à trouver. Mais bientôt, elle soupçonne un sabotage. Quelqu’un veut éliminer son Vilain. Et ça, il n’en est pas question !