Eaux sombres – Susanne Jansson

« N’attends pas plus longtemps. Plonge dans l’océan, pars et laisse la mer te prendre. »

Note : 4 sur 5.

Résumé éditeur :

Un jour de janvier, un jeune enfant disparaît dans les vagues. Quel horrible secret se cache l’eau? Martin, sa femme Alexandra et leurs deux jeunes enfants viennent d’emménager dans l’ancienne résidence d’été de la famille sur une île isolée au large des côtes suédoises. Lorsque Martin perd de vue son fils Adam, âgé de trois ans, pendant quelques minutes pour répondre au téléphone, le garçon a disparu. Tout ce qu’il trouve, c’est le petit seau rouge avec lequel Adam jouait, flottant dans la mer. La police conclut qu’Adam s’est noyé et clôt l’enquête. Martin tombe dans une profonde dépression, abandonne la mytiliculture et devient de plus en plus isolé de sa famille, rongé par la culpabilité. Puis, dans le grenier de la maison, il trouve un mystérieux journal qui mentionne d’autres enfants qui vivaient dans la maison et ont été tués dans la mer. Tous le même jour en janvier, mais avec des décennies d’intervalle. L’espoir de Martin qu’Adam est toujours en vie est suscité et il fouille la petite communauté isolée…

Mon avis :

Susanne Jansson est une autrice suédoise donc on peut dire que j’ai lu un polar nordique non ? N’étant habituellement pas friande de ce genre littéraire (trop contemplatif pour moi peut-être?), j’ai été séduite par la 4ème de couverture dès que je l’ai lu pour la première fois. La raison qui fait que je n’ai pas hésité longtemps c’est que je n’ai jamais été déçue par la collection Sang d’encre de chez Les Presses de la cité mais vraiment JAMAIS (voilà c’est dit!). J’ai toujours fait de très, très bonnes découvertes grâce à cette maison d’éditions. Eaux sombres ne fait pas exception, c’est un thriller particulier où l’enquête policière est mise de côté pour favoriser les réactions et les actions des personnages principaux, c’est-à-dire Martin et Maya, sa nouvelle amie. C’est probablement ça qui a le plus joué dans le fait que j’ai vraiment aimé cette lecture. Après la disparition du petit Adam, l’histoire fait principalement le focus sur l’état dans lequel se retrouve les proches jusqu’au moment où cette fameuse boite qui regroupe l’histoire des précédents propriétaires de la maison apparaisse. Toutes les certitudes volent en éclats, l’intrigue prend un nouveau tournant.

Véritable huit-clos, que ce soit sur cette île suédoise ou même au sein de cette famille brisée, ce livre est fort de part les émotions écrites avec précision, poésie et douleur. La descente aux enfers de ce père rongé par la culpabilité est très bien décrite et donne une toute autre dimension au récit. Les mythes et les légendes autour de la mer, les chuchotements entendus, les appels nocturnes que personne n’arrive à identifier, tout ça ajoute une touche de mysticisme agréable à l’ensemble. On se pose des questions et malgré le fait que ce livre soit relativement court, je n’ai rien vu venir avant la fin. Avalé en 48 heures pendant mes trajets en transport en commun, j’ai adoré me replonger chaque fois dans cette ambiance insulaire glaciale assez prenante et parfois angoissante.

L’autrice a une plume délicate, une sensibilité à fleur de peau, c’est du moins ce que j’ai ressenti en lisant ses mots. La page 180 m’a un peu choquée, pour tout vous dire, j’ai fermé le bouquin pendant quelques minutes mais cette fois c’est ma propre sensibilité qui a parlé. Bref, vous vous doutez bien que je ne dévoilerai pas la raison de ce choc ici mais si à l’occasion vous lisez ce thriller, vous comprendrez.

Les thèmes abordés en fond un thriller assez sombre, le deuil, la dépression, la difficulté à s’attacher, tout ça représentent parfaitement le titre de ce livre. J’ai particulièrement aimé l’ambiance, les personnages (et vous savez maintenant à quel point ça compte pour moi de pouvoir m’attacher à eux), une centaine de pages en plus ne m’aurait nullement dérangé, bien au contraire. Malgré le drame que peuvent vivre les personnages, je me sentais bien dans cette lecture, j’ai pris plaisir à voyager dans ce coin du monde que je ne connaissais pas et découvrir un peu plus en détails la vie sur une île, ses légendes et ses croyances, ses habitants et ses activités.

En conclusion

En ce moment, je suis très fatiguée donc c’est plus ou moins difficile d’accrocher à une lecture ou pour être plus précise : de ne pas décrocher d’une lecture. Grâce à ce thriller, j’ai enfin mis de côté ma frustration de ne pas réussir à me concentrer pour finalement savourer le moment, me laisser porter. J’ai tellement apprécié que je songe fortement à lire le premier ouvrage de cette autrice Les âmes englouties, déjà sorti en format poche. Malheureusement, Eaux sombres restera le deuxième et le dernier livre de Susanne Jansson qui est décédée en 2019 des suites d’une maladie. Je suis heureuse d’avoir eu la possibilité de découvrir sa plume, son style et son talent grâce à cette histoire qui, comme je vous l’ai dit un peu plus haut, est passée comme une lettre à la poste dans mon planning. Distraction, émotions, suspense, une très bonne recette pour passer un très bon moment.

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