Prendre un enfant par la main – François-Xavier Dillard

« Il me semble que je n’arrive plus à aspirer la moindre parcelle d’oxygène, que je me noie à l’air libre. »

Note : 3.5 sur 5.
En librairie depuis le 23 septembre 2021 chez les éditions Pocket

Résumé éditeur :

Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?
Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

Mon avis :

La perte ou la disparition d’un enfant. Voilà un sujet aussi dramatique que souvent abordé dans les thrillers. Les approches sont différentes fort heureusement et nous réserve presque à chaque fois leur lot de surprises. C’est le tout premier François-Xavier Dillard que je lis. Comme tout le monde, j’en avais entendu parlé et je l’avais vu passé un nombre incalculable de fois sur les différentes plateformes. C’est quand j’ai vu et lu l’engouement autour de sa nouvelle parution que j’ai eu envie d’essayer. En flânant en librairie, j’ai aperçu Prendre un enfant par la main et c’est sur cette histoire là que j’ai décidé de m’arrêter pour tenter l’expérience. Comme souvent lorsque j’achète le livre d’un auteur que je ne connais pas, la curiosité me pousse à le lire très vite. C’est donc évidemment ce que j’ai fait cette fois-ci aussi.

Comme je vous le disais, le sujet à beau être l’un des plus répandu dans ce genre littéraire, je suis rentrée dans l’intrigue sans aucun a priori ni crainte de redondance, de « déjà-lu ». On rentre dans le vif du sujet dès les premiers chapitres avec cette terrible tempête en pleine mer qui changera à tout jamais la vie de Marc, Sarah et Gaspard. Puis, petit à petit, nous rencontrons l’ensemble des personnages qui seront acteurs du déroulement avec pour eux aussi, leurs secrets et leurs craintes. Les chapitres alternent en donnant les points de vu de chacun. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est le style d’écriture et le langage qui changent selon celui ou celle qui est concerné. Lorsque Gabrielle, la nouvelle petite voisine communique avec le lecteur, on a l’impression qu’elle écrit dans un journal intime, avec des mots et des expressions de jeune adolescente, la narration passe à la première personne. Lorsque c’est Jeanne, la commissaire au caractère revêche, toute sa personnalité transpire à travers les phrases et les mots choisis. On arrive donc à cerner les traits de chacun avec aisance. L’alternance des personnages en fait une sorte de roman choral, j’adore ça.

Quand il s’agit de la perte ou de la disparition d’un enfant, il est assez difficile d’imaginer les réactions, d’autant plus pour moi qui ne suis pas concernée par la maternité. D’autant plus que le contexte y est pour beaucoup. François-Xavier Dillard a fait le choix d’offrir une tentative de résilience à ses personnages sans toute fois y arriver complétement, vous vous doutez bien. Le thème de la famille, de la relation parents/enfants, frères/sœurs est décortiqué. Les émotions et les états-d’âmes, la culpabilité, la peur y sont omniprésents. L’adolescence, ses premiers chagrins d’amour, ses premières désillusions, les tentations, les erreurs…A travers son histoire, l’auteur enferme des boîtes dans des boîtes, un peu comme les poupées gigognes : un drame peut en cacher un autre et on va vite le découvrir.

« Qu’aurais-je pu faire pour protéger mon fils?Et si j’avais fait ci au lieu de ça,est-ce que ma fille serait vivante? Pourquoi est-ce que je n’ai pas été là? Qu’avais-je donc de plus urgent que de protéger mon enfant? » p238

La psychologie des personnages est bien travaillée, notamment celle de Sarah, de Marc. J’aurai aimé avoir plus de détails sur la descente aux enfers de la petite Gabrielle que j’ai trouvé peut-être un peu rapide. L’essentiel y est bien sûr mais nous le savons, difficile de nous rassasier lorsqu’on est des accrocs du thriller. Notre (mon?) exigence s’accroit au fil des années, on en attend plus, toujours plus. J’ai quand même avalé les 360 pages sur ma journée de repos, Prendre un enfant par la main n’aura même pas eu le temps de partir en vadrouille avec moi, c’est pour dire à quel point il est addictif. J’ai lu que certains lecteurs avaient trouvé que c’était peut-être un peu gros cette histoire de poupées russes et de quête de résilience. Ce n’est pas ce que j’ai ressenti. La littérature est là, au même titre que le cinéma pour nous offrir du sensationnel tout en y accordant une bonne dose de crédibilité. C’est tout ce que j’ai retrouvé ici.

J’ai eu des doutes parfois, j’ai cru comprendre un peu rapidement mais finalement, j’ai été balloté d’un bout à l’autre.

En quelques mots

J’ai laissé les chapitres courts rythmer ma lecture pour finalement l’avaler en une journée. Je me suis laissée séduite et porter par la plume fluide et intelligente de l’auteur. J’ai apprécié les personnages, du moins la plupart et si vous avez l’habitude de me lire, vous savez à quel point c’est important pour moi. La fin est à la hauteur de l’ensemble de l’histoire. Aucune redescente d’émotions, une conclusion parfaite. La tension est palpable du début à la fin: qui craquera le premier? On est dans l’expectative, on attend, assez fébrile de voir ce qui va se passer, aucune lassitude, c’est un thriller efficace… Laissez vous tenter, ce fut une très bonne lecture.

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