American Rust – Philipp Meyer

« Le fait d’être mort ne dispense pas de toute responsabilité envers les vivants. S’il avait une certitude, c’était bien celle-là. » »

Note : 2.5 sur 5.
En librairie depuis le 03 novembre 2021

Résumé éditeur :

Une petite ville de Pennsylvanie, jadis haut lieu de la sidérurgie, désormais à l’agonie. Isaac, vingt ans, est désormais seul pour s’occuper de son père invalide, sans pour autant renoncer à son rêve d’étudier à Berkeley. Avec l’aide de son meilleur ami Billy, ancienne star de l’équipe de football locale, il se décide à prendre la route, direction la Californie. Mais un mauvais hasard, et le drame qui s’ensuit, va faire voler en éclats leur fragile avenir.

Mon avis :

Quand les usines qui, autrefois prospéraient, ferment, alors c’est toute une ville qui s’éteint et qui sombre peu à peu dans une misère sociale profonde et irrémédiable. La jeunesse a deux solutions : fuir et tenter de se construire un avenir ailleurs ou rester et… s’enfoncer.

Voilà l’ambiance générale de ce roman noir, qui dresse le portrait du rêve américain brisé. Aucun moment de douceur ou d’espoir, on y lit que détresse et dégringolade. Un petit temps d’adaptation est nécessaire pour s’habituer à la plume de l’auteur, violente, familière, brute. Un roman choral qui ne nous laisse apercevoir que peu de lumière. Les personnages sont bien construits et chaque chapitre a un style différent selon qui est concerné. Malheureusement pour moi, le personnage d’Isaac n’a pas réussi à me convaincre. J’ai essayé de toutes mes forces de ressentir un temps soit peu d’empathie pour lui mais je n’y suis pas arrivée. Sa façon de penser, de réagir ne m’ont pas convaincue. J’ai davantage apprécié Billy Poe, grâce à sa loyauté, son côté rustre et solide alors qu’il n’est finalement qu’un cœur solitaire. La vie de chacun, que ce soit les deux amis, Grace, Lee, Harris ou Henry est le miroir de la triste société dans laquelle ils vivent. C’est pesant, on ne peut même pas parler de désillusions puisque dès le départ, le ton est donné : ça ne va pas être la joie.

J’ai mis du temps à lire ce livre, beaucoup trop de temps je trouve. Difficile pour moi de m’y plonger avec envie, préférant parfois le laisser dans mon sac lors de ma pause déjeuner plutôt que de profiter de ce temps habituellement consacré à la lecture. J’y suis retournée certaine fois à reculons. Non pas que je n’ai pas été sensible à cette histoire, je pense simplement que ce n’était finalement pas le bon moment pour moi. J’ai eu le sentiment de m’enliser dans ce récit qui ne promet aucun avenir aux personnages.

Ce qui est cependant remarquable, c’est cette capacité à peindre une ambiance dénuée de tout bonheur dans cette petite bourgade d’Amérique brisée par une crise économique épouvantable. American Rust n’est absolument pas un ouvrage de distraction, il est avant tout une plongée dans les méandres d’une réalité bien trop peu exposée.

« Tu peux bien aller où tu veux, c’est toujours la même gueule que tu verras au réveil dans le miroir. »

J’ai lu énormément d’avis positifs au sujet de ce roman de Philipp Meyer, je les comprends tous et pourtant, j’ai ce sentiment persistant d’être passée à côté. Pourtant les nombreuses réflexions concernant des sujets aussi intéressants que dramatiques sont vraiment bien travaillées et parfaitement décrites. C’est un livre fort, poignant et difficile, je le reconnais mais malheureusement pour moi, il me manque quelque chose que je suis bien incapable d’identifier aujourd’hui. Comme je vous le disais, peut-être était-ce le mauvais timing? Ou bien est-ce les personnages? Je ne saurai répondre avec certitude.

Je reste cependant satisfaite d’avoir découvert ce livre édité il y a environ une dizaine d’années sous le nom de Un arrière-goût de rouille qu’Albin Michel a décidé de rééditer sous un nouveau nom avec une toute nouvelle traduction et qui va être d’ici quelques jours diffusé en adaptation série sur la chaîne au grand C. Je suis d’ailleurs assez curieuse et tentée par cette nouvelle série qui pourrait, qui sait, mettre en lumière les zones d’ombres que j’ai ressenti. Me montrer ce que je n’ai pas su voir, et peut-être me permettre de prendre conscience que je suis passée à côté de quelque chose d’énorme (ou pas…).

En bref

Une lecture assez longue, pesante et peu réjouissante dû à l’ambiance et aux nombreux sujets abordés. Une plume atypique, originale, qui colle parfaitement à l’intrigue. Des personnages brisés, les fantômes d’un passé pourtant prospère, un décors de désolation où la rivière est une sorte de fil rouge. Tout semble être lié à elle, le passé, les destins et toute cette histoire. A vous de voir si vous souhaitez la suivre ?

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