Le gibier – Nicolas Lebel

« Les fourrières sont des lieux où l’humanité meurt chaque jour . »

Note : 4.5 sur 5.
En librairie depuis le 10 mars 2021 chez Le Masque – 396 pages, 21,90€

Quatrième de couverture :

Trente ans après la chute de l’apartheid, les Furies, déesses du châtiment, viennent à Paris initier leur danse macabre. Qui sont-elles venues venger ?
La journée du commissaire Paul Starski commence assez mal : son épouse demande le divorce, son chien adoré est mourant et une prise d’otages l’attend dans un appartement parisien. L’âme morose, il se rend sur place avec sa coéquipière, la glaciale et pragmatique Yvonne Chen, et découvre les corps d’un flic à la dérive et d’un homme d’affaires sud-africain. Tous les indices accusent Chloé de Talense, une brillante biologiste. Starski n’ose y croire : Chloé était son grand amour de jeunesse. Afin de prouver son innocence, le commissaire prend l’enquête à bras le corps – et certainement trop à cœur –, tandis que les meurtres se multiplient. Car l’étau se resserre autour de la biologiste qui semble être le gibier d’une chasse à courre sanglante lancée à travers la capitale. Starski prend peu à peu conscience que rien n’arrêtera les tueurs. Pire, qu’à fureter au-delà des évidences, il vient peut-être lui-même d’entrer dans la Danse des Furies…

Mon avis :

Je découvre la plume de Nicolas Lebel, pourtant connu et reconnu dans le monde du thriller français avec Le gibier. Je ne peux pas dire qu’il me faisait plus envie que ça lors de sa sortie mais ma rencontre avec l’auteur au festival Quais du Polar de Lyon a été l’occasion pour tenter. J’ai donc acheté les deux livres de la duologie (avec La capture) sans forcément me dire que je les lirai rapidement. Finalement, sur un coup de tête j’ai sorti Le gibier de ma pile à lire et qu’elle fût ma surprise quand je l’ai commencé ! Lu en une journée, il a été difficile pour moi de le lâcher. Cette enquête retord et diabolique a su me ferrer de la toute première page jusqu’à la tout dernière. J’ai d’ailleurs hâte de lire la suite !

Pour être franche, je ne m’étais pas vraiment penchée sur l’histoire et de savoir que le thème principal était la chasse, je pense que c’est ça qui avait freiné mes ardeurs. En fait, fort heureusement pour moi, bien que la chasse soit en effet le cœur du thriller, il s’agit d’une chasse humaine et pas animale. Mon petit cœur ne l’aurait pas supporté autrement (je sais ça peut choquer certains d’entre vous). En prenant les 20 étapes de la chasse à court, l’auteur nous livre une traque hors norme, impressionnante et vraiment maitrisée. Quand je vous dis que ce livre est diabolique, c’est que je le pense vraiment. Pistes et fausses-pistes vous feront tourner en bourrique, sans jamais vraiment savoir où vous allez. C’est parfaitement maitrisé et le suspense est entretenu continuellement, ne vous offrant aucun temps mort.

Les personnages quant à eux ont été pour moi une belle découverte. Un flic du 36 qui s’appelle Starski mais avec un i pas y, peut paraitre caricatural mais ça amène au contraire une légère dose d’humour. On peut dire que l’auteur ne l’épargne pas, tant côté personnel que professionnel et il va vite partir à la dérive, ayant des réactions souvent désespérées et incohérentes par rapport à d’habitude, il pourrait vite perdre en crédibilité. Pas pour moi, le rendre aussi humain m’a plu et même si son attitude envers Chloé m’a parfois semblé un peu exagérée (petit cœur d’artichaut que j’ai eu parfois, envie de secouer), je suis passée outre et j’ai apprécié le suivre avec la lieutenante Chen dans cette enquête de dingue.

Ce thriller est aussi addictif pour plusieurs raisons : la plume de l’auteur, fluide et cadencée, des chapitres relativement courts, une intrigue inédite, en tout cas pour moi. Je n’avais aucune idée de là où j’allais jusqu’au dénouement. J’ai également appris pas mal de choses assez effroyables sur l’apartheid, m’en donnant même des frissons. Cette histoire tortueuse est brillante de part son schéma, utilisant celui de la chasse, on pourrait vraiment croire à un crime parfait. Une organisation rodée à la secondes près, de quoi nous embobiner en beauté.

Manipulations, secrets, manigances, soyez prêts à vous faire balader. J’ai abandonné l’idée d’y voir clair au tiers du livre, me laissant glisser dans les méandres de cette enquête sinueuse qui m’a fait dire plusieurs fois « ah ouais quand même ! ». J’ai trouvé l’écriture très cinématographique, n’ayant eu aucune difficulté à m’imaginer ce thriller sur grand écran. Avec la patte de David Fincher, ça serait parfait (on a le droit de rêver).

Verdict :

Vous l’avez compris, j’ai adoré. Je suis dans une bonne série de lectures géniales en ce moment et j’espère que ça va durer. J’ai bien l’intention de lire La capture dans les prochaines semaines, il est hors de question que cette suite passe des mois de plus dans ma pile à lire. Il est également fort probable que je me penche très rapidement sur les autres livres de Nicolas Lebel, c’est ma banquière qui va être contente ! Tout ça pour vous dire que si vous cherchez un thriller rythmé, alambiqué, maitrisé et terriblement efficace, il vous faut lire Le gibier puisqu’il remplit toutes ces cases. C’était excellent, vraiment.

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