Sous la porte qui chuchote – T.J. Klune

« A force de s’en faire tout le temps pour les petites choses, on court le risque de passer à côté de ce qui est vraiment important. »

Note : 4.5 sur 5.
En librairie depuis le 8 décembre chez De Saxus – 467 pages, 24.90€

4ème de couverture :

Bienvenue dans notre salon de thé La traversée de Charon.
Le thé y est chaud, les scones bien frais et les morts, juste de passage.
Wallace Price n’est pas ce que l’on peut appeler « un personnage sympathique » … loin de là même. Vous ne pleurerez sûrement pas en apprenant qu’il vient de mourir.
Mais lorsqu’une femme se présentant comme une faucheuse vient le chercher à ses propres funérailles, Wallace a du mal à accepter son funeste destin.
Au lieu de le conduire vers l’au-delà, la faucheuse l’emmène dans un petit village où se trouve un salon de thé pas comme les autres. Hugo, le patron de l’établissement, y aide les âmes à passer de l’autre côté. Wallace n’est absolument pas prêt à abandonner la vie qu’il a à peine vécue et avec l’aide de Hugo, il découvre enfin ce qui lui a manqué dans le passé.
Mais un jour, le Directeur – un être mystérieux et puissant – annonce à Wallace qu’il devra effectuer dans une semaine la traversée vers le monde des morts. Ce dernier entreprend alors de vivre toute une vie en sept jours. Y parviendra-t-il ?

Ce que j’en ai pensé :

J’avais tellement (mais tellement) aimé La maison au milieu de la mer Céruléenne que lorsque j’ai vu que T.J. Klune sortait un nouveau roman traduit en français, je trépignais d’impatience. Forcément, la barre était placée vraiment très haut, ayant eu un coup de cœur monumentale pour le précédent. Il a aussitôt rejoins ma liste pour le Père-Noël et il m’attendait sous le sapin. Je n’ai eu absolument aucune difficulté à me plonger dans Sous la porte qui chuchote, j’ai retrouvé dès les 1ères pages cette ambiance un peu grise qui me promettait, j’en étais certaine, des moments de lecture éclatants de lumière. Ça n’a pas manqué, je vous le dis tout de suite. Le sujet abordé peut pourtant faire penser à un roman triste ou glauque. Il est question de la mort, de l’après, celui dont on ne sait rien. Du deuil, pas seulement d’un être proche mais aussi de son propre deuil, avec toutes les phases nécessaires pour arriver à l’acceptation. Wallace était une personne que l’on peut aisément qualifier d’infecte de son vivant. Une fois mort, terrassé par une crise cardiaque, c’est un long chemin vers la résilience qui l’attend. Accompagné de Mei, Hugo, Nelson, il prendra conscience de l’important, des priorités et des valeurs.

En plus de la mort en elle-même, il est question de dépression, de suicide. De quoi vous donner l’impression que ce livre est d’une tristesse sans nom alors qu’en réalité, il est rempli d’espoir. Il sert le cœur mais surtout par sa beauté, sa façon de mettre des mots sur des maux. J’ai adoré cette approche, j’ai adoré les personnages, les dialogues, les personnalités, le décor. J’ai eu de nombreux pincements au cœur, j’ai eu des petits sanglots étouffés, j’ai eu un peu de mal à le refermer, ce livre est incroyablement poétique. Quitter ces personnages m’a été difficile.

Alors même si quelques coquilles se sont glissées dans le récit (problème de traduction? De mise en page?), la version reliée, accompagnée de sa superbe jaquette est un véritable bijou pour la lectrice passionnée que je suis. D’une beauté incroyable, elle ajoute un charme indéniable à l’histoire. T.J. Klune a une plume singulière, propre à lui, qu’on reconnait aisément parmi d’autres. Que ce soit grâce à ses dialogues, à sa façon de décrire les émotions, toujours entières, sans demi mesure. J’ai été particulièrement touchée par les réactions des divers personnages face aux événements qui vient les bousculer.

Certains qualifient ce genre de roman comme de la littérature jeunesse mais pour ma part, même si l’humour appuie un peu, je le trouve avant tout tourner à tout type de public. Chacun y percevra le message qu’il souhaite, de la manière qu’il veut car il est universel. La sensibilité étant propre à chacun, le ressenti peut, d’après ce que j’ai lu, largement varier d’un lecteur à l’autre. C’est la beauté et la force de cette histoire.

« Il est facile de se laisser happer et de succomber à l’abattement, chuchota Wallace.
– C’est vrai, reconnut Nelson. Mais c’est ce que vous faites pour vous en sortir qui compte le plus. »

Pour conclure :

Il est clair que cet auteur devient pour moi une valeur sûre pour tout ce qui est lecture doudou et pleine de sens. Je n’ai pas été déçue par ce nouveau roman même si j’ai préféré le précédent. J’espère qu’il continuera à être traduit en français avec cette fois, peut-être un peu moins de coquilles dans le récit. T.J. Klune a ce petit quelque chose qui rend ses histoires universelles, capables de toucher n’importe qui grâce à la projection qu’on en fait. Remplie d’espoir, de jolies moralités, de résiliences, ses personnages apportent une vraie dose de bonheur. Des personnages qu’on n’oublie pas, qu’il est compliqué de quitter. Le chemin de Charon, ce petit salon de thé biscornu ouvre la porte des possibilités, du moins le temps de notre lecture. Sous la porte qui chuchote est à offrir ou à s’offrir, croyez-moi.

CHRONIQUE D’UN COUP DE FOUDRE :

La maison au milieu de la mer Céruléenne – T.J. Klune

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